Damas et la vallée de l'Oronte : entre souks étouffants et silence des ruines
CarnetSyrie202612 jours

Damas et la vallée de l'Oronte : entre souks étouffants et silence des ruines

On a atterri à Damas un mardi soir vers 20h30, aéroport international de Bassel Al-Assad. La douane a pris deux heures – pas de malveillance, juste du bureaucratique. Notre hôtel, le Cham Palace (chambre 412),…

ML
Publié le · mis à jour le
12 jours3/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à Damas un mardi soir vers 20h30, aéroport international de Bassel Al-Assad. La douane a pris deux heures – pas de malveillance, juste du bureaucratique. Notre hôtel, le Cham Palace (chambre 412), surplombait la Rue Droite depuis un balcon étroit. Premier impact : l'odeur du jasmin mêlée aux gaz d'échappement des vieilles Lada jaunes qui encombrent les rues. Étouffant dès le départ. Le mercredi matin, levés à 6h pour le souk al-Hamidiyya. C'était fermé. Les commerçants n'ouvraient qu'à 10h. On a traîné dans les cafés autour de la mosquée des Omeyyades, bu du café turc serré (50 livres syriennes) en regardant les groupes de touristes russes. La mosquée elle-même était à moitié fermée pour restaurations – on n'a vu que la cour intérieure, avec ses arcades en marbre rose pâle et des pigeons qui picoraient partout. Déception mineure, mais c'était prévu dans les brochures d'avant 2015. Les souks : claustrophobie et négociationsLe souk al-Hamidiyya, quand il a enfin ouvert, c'était l'inverse de ce qu'on attendait. Au lieu de boutiques de souvenirs touristiques, on s'est retrouvé dans un dédale de vendeurs de tissu, de pièces électriques, de fruits secs. L'air était chaud, humide, lourd. On suait à travers nos vêtements après 15 minutes. Un marchand nous a alpagué pour du cuivre martelé – galère classique. Il voulait 2500 livres (5 euros) pour un petit plateau de rien du tout. On a marché jusqu'à 800 livres. Il n'a pas aimé. Tant pis. Déjeuner au restaurant al-Zahra, coin de la Rue Madhat Pasha : kibbeh cru et hummus – 600 livres pour deux. Le goût était correct, pas transcendant. La viande était froide, probablement préparée le matin. On a eu un moment bizarre quand le serveur a versé du raki (alcool anis) sans qu'on demande. Nous, on n'en voulait pas – gêne de part et d'autre. Il a dit que c'était offert par le patron. On a bu poliment, ce qui n'était pas le plan. Palmyre : une déception minéraleExcursion à Palmyre le jeudi, via un minibus de l'hôtel (4 places, 8000 livres par personne). Trajet de deux heures et demie à travers le désert beige, monotone, brûlant – thermomètre du minibus affichait 38°C à midi. Pas de climatisation en marche. Arrivée à Palmyre vers 14h. On s'y attendait à moitié : les ruines sont endommagées. Les colonnes du Grand Colonnade sont toujours là, mais le Temple de Bel n'est qu'un squelette en pierre. Les photos d'avant les bombardements montraient autre chose. C'était poignant et vide. Un groupe de militaires en uniformes nous a observé de loin, sans intervenir. On a marché deux heures sous le soleil, les pieds qui brûlaient même avec les chaussures, le sable qui s'infiltrait partout. Pas une âme à part un vendeur de Pepsi à l'ombre d'un rocher. Une litre à 500 livres. On a payé. Malula et le silence des villagesSamedi direction Malula, le village où on parle l'araméen. C'est à 45 minutes au nord de Damas. Bus 22 depuis la gare routière du Haramein (c'est là qu'on a failli se perdre – personne n'indique bien les départs). Le bus était blindé, fenêtres empoussérées, musique arabe à fond. Assis à côté d'un homme qui mangeait des graines de courge pendant deux heures. Malula était plus petit qu'on imaginait. Les églises maronites sont impressionnantes, nichées dans le roc. Le Couvent de Sainte-Thècle, suspendu à flanc de montagne. À l'intérieur, des icônes, des chandelles, l'odeur incense-humidité. Silence total. C'était le genre de moment qui justifie le voyage – pas de pose, pas d'extase artificielle, juste de la solitude dans un endroit habité depuis 2000 ans. On a cherché un restaurant local. Il y en avait un avec deux tables. La propriétaire nous a servi des brochettes de poulet (820 livres), du pain pita chaud et une salade tomate-concombre. C'était bon, honnêtement. Elle nous a versé du thé à la menthe frais sans demander – celui-ci, on a apprécié. Elle ne parlait pas français ni anglais, juste l'arabe. Gestuels. Ça a marché. Bilan contrastéLes derniers jours, on a flâné dans les quartiers Christians et Straight Street. Acheté du miel de pins (700 livres pour un petit pot) chez un vieux monsieur qui tenait un tout petit magasin depuis 40 ans. Mangé des ma'amoul (biscuits fourrés) chez Bakery Al-Nabil (300 livres la boîte de trois). Dimanche matin avant le vol, café allongé à la terrasse du café al-Nofara – le même endroit où Hafez al-Assad venait jouer au backgammon, selon le serveur. Vue sur la ville qui se réveillait, brume de pollution au loin.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Souk al-Hamidiyya : arriver tôt à 10h, négocier sans précipitation, essayer les petites boutiques de fruits secs plutôt que le cuivre

2

Malula et le Couvent de Sainte-Thècle : prendre le bus 22, y aller avant 15h pour éviter les groupes, manger chez l'habitante près de l'église principale

3

Mosquée des Omeyyades : cour intérieure accessible même durant les restaurations, murs en marbre rose, meilleur moment en fin d'après-midi

4

Palmyre depuis Damas : minibus direct depuis l'hôtel, apporter de l'eau et une protection solaire sérieuse, rester 3 heures max vu la chaleur

5

Rue Droite (Via Recta) : se perdre volontairement, boire du café turc chez les petits marchands, pas besoin de guide

Conclusion

Et au final.

Damas n'est pas un coup de cœur, mais ce n'était pas la catastrophe qu'on redoutait non plus. C'est une ville grise, chaude, en reconstruction lente. Les gens sont courtois, distants, fatigués. On repart avec des sensations plutôt qu'avec des photos de rêve. À refaire ? Oui, mais pas en priorité. La Syrie n'est pas un pays facile pour le tourisme en ce moment – logistique compliquée, infractions, chaleur écrasante. Ce qu'on a vu valait le détour, juste pas la peine d'en rajouter.

En résumé

Avis Damas : carnet de voyage de 12 jours par marcusv-lyon

Destination
Damas →
Pays
Syrie →
Durée
12 jours
Période
octobre · Automne
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@marcusv-lyon →

Photos communautaires : Damas

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Souk
Souk
© Bagolina
Porte dans la vieille ville de Damas
Porte dans la vieille ville de Damas
© Bagolina
Il a osé !
Il a osé !
© jfgornet
Damas
Damas
© jfgornet
Mode et voiles (2)
Mode et voiles (2)
© jfgornet
5 years ago, Syrian rally : stop bombing Idlib
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© Jeanne Menjoulet
Ruelle de Damas
Ruelle de Damas
© mickou
Haute couture à Damas
Haute couture à Damas
© jfgornet
Questions fréquentes

FAQ — Damas

Quand partir à Damas ?

Ce voyageur est parti en octobre (automne). Consultez la fiche climat de Damas (Syrie) et les autres carnets de la communauté pour comparer selon la saison souhaitée.

Quel budget prévoir pour 12 jours à Damas ?

Le budget dépend du standing (camping / hôtel / location), de la saison et du voyagiste. Lisez le récit complet ci-dessus pour les détails dépensés par ce voyageur, puis comparez avec les autres carnets de Damas.

Que faire à Damas ?

Découvrez les visites, activités et bonnes adresses partagées dans ce carnet. La page « Damas » regroupe l'ensemble des carnets, hôtels et avis de la communauté Vacanceo sur cette destination.

Combien de jours pour visiter Damas ?

Ce voyageur a passé 12 jours sur place. Selon votre rythme et vos centres d'intérêt, comptez plus ou moins. Comparez avec d'autres carnets de Damas pour ajuster.

Comment se rendre à Damas ?

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