Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Dakar le 14 novembre vers 16h, vol Air Sénégal direct de Paris. Dès qu'on a mis les pieds au terminal Blaise Diagne, l'odeur d'humidité salée mélangée aux gaz d'échappement m'a frappé — pas désagréable, juste très présente. Les formalités ont traîné (queue de 45 minutes), on a commencé à comprendre que le timing ici, c'est flexible. On a pris un taxi jaune classique depuis l'aéroport jusqu'à l'hôtel Ngor Diarama dans le quartier de Ngor, 35 km de route chaotique pour 12 000 francs CFA (18 euros). Le chauffeur roulait à la vitesse du son entre les carcasses de voitures et les vendeurs ambulants. Premier soir, on s'est échoué au restaurant La Noria près de la Corniche pour manger une thieboudienne correcte (2 500 CFA, environ 3,80 euros), le plat national à base de riz, poisson et sauce tomate. Le goût était bon mais très salé, j'ai dû boire trois Gazelles (la bière locale). Dakar : l'île de Gorée et le bruit constantLe deuxième jour, on a pris la pirogue à 8h30 depuis la gare maritime de Dakar pour Gorée. 30 minutes de traversée, l'eau était grise-verte et agitée. L'île elle-même, c'est petit, on a fait le tour en trois heures. La Maison des Esclaves existe vraiment, les cellules souterraines sont étroites et froides — on sentait une humidité presque palpable. Un moment difficile émotionnellement. Le guide parlait d'une voix monocorde, moins engageant que prévu. Prix : 10 000 CFA pour deux personnes. On a mangé au restaurant Yolette sur la place centrale de Gorée, une tiépoudienne (variante du thieboudienne) pour 3 000 CFA. C'était servi dans un cadre touristique, certes, mais la femme qui cuisinait parlait d'elle-même, critiquait les clients qui restaient dix minutes, ça m'a plu. Retour vers Dakar en fin d'après-midi, encore agité, j'ai cru que je allais vomir. On a tenté d'explorer le marché Kermel à pied — grosse erreur. Énorme foule, vendeurs qui vous agrippent la manche, odeur de poisson et d'épices si forte qu'on a dû partir au bout de 20 minutes. C'était oppressant. On a préféré descendre à Almadies, là où c'était plus calme, et on a traîné à la plage avec une bière et des arachides grillées (300 CFA). Saint-Louis : quand le fleuve ralentit le tempsOn a pris le bus Ndiaye et Fils (numéro 7, compagnie bleue et jaune) depuis la gare routière de Dakar à 6h du matin pour remonter à Saint-Louis. 4 heures de route. On s'est arrêtés deux fois, je me souviens d'une pause dans un petit village où un vendeur proposait du café servi dans des petits verres colorés. Prix: 500 CFA. Le bus était blindé, partout des gens, des poulets vivants sous les sièges, un homme dormait sur mon épaule les 30 derniers kilomètres. Saint-Louis, c'est une révélation après Dakar. L'hôtel Jamm (dans le centre-ville, rue de France) nous a accueillis vers 11h, 28 000 CFA la nuit (43 euros) pour une chambre avec lit king et terrasse. La terrasse donnait sur le fleuve Sénégal, gris-brun, avec des pirogues multicolores qui passaient régulièrement. Beaucoup plus tranquille que la capitale. Le moment vraiment marquant : un soir vers 18h, on a pris une pirogue pour voir le coucher de soleil sur le fleuve. Pas d'arnaque, pas de group tour — juste un pêcheur qu'on a croisé qui nous a proposé de monter. Le prix s'est négocié sur place (5 000 CFA pour deux, 30 minutes). Le soleil s'est posé sur l'eau orangée, silence complet sauf les coups de rame, odeur d'eau douce et de bois mouillé. Pas de musique kitsch, pas de touristes bruyants. On s'est regardés sans parler pendant cinq minutes. Ça m'a remis de bonne humeur après le stress de Dakar. On a diné au restaurant Jamm du même hôtel : yassa au poulet (plat traditionnel avec oignons et citron), 4 500 CFA. Savoureux, les portions généreuses. On a aussi testé le coffee shop La Palette le matin pour le petit-déj (omelette fromage, jus de fruit frais, café), 2 200 CFA — endroit tenu par un Français, mais le jus d'orange pressé était vraiment bon, pas de concentré. La grosse déception : la Langue de BarbarieOn voulait aller à la Langue de Barbarie (bande de sable entre fleuve et océan) on a loué une voiture un jour entier chez un loueur douteux. Le mec nous a promis une 4x4, on a reçu une Peugeot 306 pourrie des années 2000. Route pas carrossable, pneu crevé après 3 km, on a perdu trois heures à le changer sous 38 degrés. On a finalement atteint la presqu'île vers 15h, c'était juste du sable blanc et du vent, quelques nids de tortues signalés par des panneaux. Pas mal visuellement mais pas mémorable. Retour chaotique, le loueur a refusé de rembourser les dégâts (jante fissurée). On s'est disputés en français et en anglais approximatif. Une vraie galère. 35 000 CFA brûlés pour rien (53 euros). Les trois derniers jours, on a surtout traîné à Saint-Louis : balades dans la médina, marché artisanal (moins agressif que Kermel), un dernier thé à la menthe au café du port. On a raté l'occasion d'aller dans le delta du Saloum, trop loin pour la durée du séjour.
Les bons plans repérés sur place.
Pirogue au coucher de soleil sur le fleuve Sénégal avec un pêcheur local, pas d'intermédiaire touristique
Thieboudienne au restaurant La Noria (Dakar) — plat authentique, pas cher, 2 500 CFA
Île de Gorée, Maison des Esclaves : lourd émotionnellement, à voir une fois
Hôtel Jamm à Saint-Louis : vue sur le fleuve, terrasse où s'asseoir, personnel sympa
Marché artisanal de Saint-Louis : moins agressif que Dakar, bonnes affaires sur les tissus
Photos — Dakar et Saint-Louis
Et au final.
Le Sénégal, c'est partagé. Saint-Louis m'a vraiment séduit : rythme humain, gens bienveillants, paysages simples mais apaisants. Dakar, en revanche, c'est brutal — trop bruyant, trop chaotique, trop de petites arnaques. Les gens ne te font pas confiance d'emblée. On reviendrait pour Saint-Louis et le delta, mais on contournerait Dakar.
