Comment ça s'est passé.
Arrivée à Dakar : le choc thermique et olfactifDescendu de l'avion Air Sénégal à 14 h 30, j'ai senti immédiatement la chaleur moite écraser mon corps — 32 °C à l'aéroport Blaise Diagne, humidité à bloc. Le trajet en taxi vers le Plateau, ma zone de base, m'a plongé dans le bruit des klaxons, les cris des vendeurs de cacahuètes grillées, l'odeur âcre des gaz d'échappement mélangée à celle, étrangement agréable, du charbon de bois brûlant sur les étals du marché Tilène. J'ai pris une chambre à l'hôtel Farid, rue Calmette (environ 35 euros la nuit, salle de bain privée). Rien de luxe, mais propre, avec un ventilateur qui tourne assez bien. Le proprio, Samba, m'a recommandé le restaurant Yassa, à deux rues de là. Le plat du jour : du thiéboudienne (riz aux poissons) pour 2 500 CFA (moins de 4 euros). C'était bon, dense, riche en saveur. Le poison n'était pas frais à 100 % — je l'ai senti au goût un peu trop salé pour masquer autre chose. Galère numéro un. Marché Kermel et premières arnaqueriesLe lendemain matin, levé à 6 h 30 pour éviter la canicule, j'ai exploré le marché Kermel. Marché couvert, coloré, bruyant. Les vendeurs de souvenir m'ont repéré tout de suite : j'ai entendu « Toubab ! Toubab ! » (blanc blanc) une bonne vingtaine de fois. Un mec m'a vendu une statuette Dogon pour 8 000 CFA, en me jurant sur tous les dieux que c'était authentique du Mali. Presque sûr que c'était du toc made in China estampillé localement. Ça m'a énervé, mais c'est comme ça. J'ai pris un café au lait sucré à proximité (300 CFA), assis sur un tabouret en plastique rouge, en regardant les femmes négocier les prix du poisson du jour. Île de Gorée : murs rose et malaise historiqueLe 4e jour, ferry depuis le Dakar Port à 10 h (billet : 3 000 CFA, environ 4 euros 50). Traversée vingt minutes. Gorée, c'est petit, 45 hectares, des ruelles pavées étroites, des façades rose bonbon, jaune pâle, bleu pastel. Beau, vraiment. J'ai visité la Maison des Esclaves — bâtiment du 18e siècle, devenu musée. Les chaînes de fer, la porte de non-retour, le récit du guide : ça pèse. J'ai ressenti un malaise sincère en franchissant cette porte, en me demandant combien de gens ont été embarqués là. C'est un moment où le voyage n'est plus touristique. Lunch au restaurant La Guérison (plats de brochettes de poisson, salade de tomates fraîches, 4 500 CFA). La nourriture, oui, mais surtout le gars à côté de moi qui venait de Bamako, qui parlait de la sécheresse du Mali. Conversation simple, échange réel, pas du décorum touristique. Nuit au Sobo Badé et vie nocturneDormi à l'hôtel Sobo Badé (40 euros, petit déjeuner inclus, terrasse avec vue sur l'océan). Le coucher de soleil était bon, sans être « à couper le souffle » — juste du soleil rouge qui tombe, des silhouettes, le bruit des vagues. Ça suffit. Le soir, bar du Keur Thiossane, coin rue Saint-Germain : bière Flag (1 500 CFA, à peine 2 euros 30), musique mbalax locale très présente. Les tables d'à côté jouaient au domino, beaucoup de rire, beaucoup de cris aussi. J'étais observé, mais pas avec hostilité. Juste regardé comme un mec différent, c'est normal. Retour à Dakar : Musée Théodore-Monod et essoufflementFerry retour le 6e jour. Au Musée Théodore-Monod (entrée : 2 500 CFA), j'ai vu des masques Dogon authentiques, des sculptures Diola, des poteries. Le musée est moins bondé que prévu. En ressortant, j'étais épuisé — la chaleur constante, le décalage horaire qui rattrape, les choses à voir à faire. Une fatigue différente de celle qu'on a en Europe. Presque physique. Dernier soir au restaurant Chez Lamine Diallo (spécialité : yassa au poulet, 3 000 CFA). Bon. Simple. Pas surprenant, mais bon. J'étais honnêtement rassasié du rythme.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Tilène : négociation de prix de poisson frais à 6 h du matin, odeur de bois de chauffage partout
Île de Gorée, Maison des Esclaves : accès au-delà du tourisme, vraie densité émotionnelle
Restaurant Yassa (rue Calmette, Dakar) : thiéboudienne généreuse, moins de 4 euros, fréquenté par des locaux
Ferry Dakar–Gorée : 3 000 CFA, 20 minutes de traversée, vue sur les filets de pêche
Bière Flag en terrasse du Keur Thiossane : 1 500 CFA, musique mbalax live, ambiance de jeu de domino authentique
Photos — Dakar + Gorée
Et au final.
Dakar et Gorée m'ont donné ce que je cherchais : une vraie rencontre, pas un décor cartonné. L'île de Gorée me reste pour son histoire lourde et ses rues vivantes. En revanche, la chaleur écrasante et l'arnaquerie touristique classique (et mon estomac irrité par le thiéboudienne du jour 2) ont un peu terni l'enthousiasme. Je reviendrais, mais mieux préparé.
