Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Cusco un mardi matin vers 10 h 30, après un vol Latam depuis Lima. L'air était déjà différent — plus sec, plus froid qu'en bas pays. Nous avons pris un taxi (sans appli, directement à la station : 40 soles pour l'hôtel) jusqu'à notre auberge, El Sueño Inca, située dans la rue Cuesta del Almirante, à deux pas de la Plaza de Armas. Les premiers jours : adaptation et découverte Le mal de l'altitude nous a frappés le soir même. Nous étions à 3 400 mètres. Le propriétaire de l'hôtel, un Péruvien d'une cinquantaine d'années, nous a proposé un thé de feuilles de coca — goût herbacé, presque amer — qu'on a bu sans conviction. La nuit, la température est tombée à 8 degrés sans chauffage. J'ai enfilé tous les pulls du sac. Erreur de préparation. Le lendemain, levés à 6 h du matin pour explorer le centre historique. La cathédrale de Cusco, construite sur les fondations d'un palais inca, nous a bluffés — pas par sa beauté abstraite, mais par le contraste : les murs inca en bas, massifs, sans mortier ; l'architecture coloniale espagnole au-dessus. On a payé 30 soles l'entrée. Dedans, odeur d'encens mélangée à l'humidité des pierres anciennes. Un groupe de touristes allemands était déjà là, guide à la main. Nous avons mangé au Café Morena, un petit restau de la rue Platería : lomo saltado (bœuf sauté aux oignons) pour 28 soles, jus de fruits frais (papaye et passion) pour 8 soles. Nourriture honnête, portions correctes, pas de piège touristique flagrant — contrairement à d'autres établissements du coin qu'on a vus afficher 50 soles pour le même plat. Ollantaytambo et la galère du train Le jour 4, nous avons pris un minibus depuis la gare routière de Cusco (Calle Pavitos) pour rejoindre Ollantaytambo — 2 h de route à travers la Vallée Sacrée. Le chauffeur conduisait vite, trop vite, sur routes sinueuses. Pas de ceinture. Moment difficile. Arrivés à Ollantaytambo, village où des terrasses inca surplombent la rivière Urubamba, nous avons logé à l'Hostel Ollantay Maki (chambre double : 90 soles). C'est ici que nous avons réservé notre train pour le Machu Picchu avec PeruRail. Tarif : 180 euros par personne l'aller-retour, wagon panoramique. Le départ était prévu à 8 h 15. Nous avons raté le train. Le bus de l'hôtel avait deux heures de retard (panne mécanique, nous a-t-on dit après). Frustration totale. Perte d'argent : l'hôtel n'a pas remboursé, PeruRail non plus. On a dû reprogrammer deux jours après. Moralité : réserver la veille en direct à la gare, pas par tiers. Machu Picchu enfin Le vrai train, deux jours plus tard. Levés à 5 h 45, petit-déj' rapide (pain de maïs sucré, café), et départ à 8 h 15. Quatre heures de rail, fenêtres ouvertes — le bruit de la rivière Urubamba qui monte de la gorge, vent froid dans le visage, paysages qui changent d'heure en heure. Arrivée à Aguas Calientes à midi. Bruit de la gare, vendeurs ambulants, odeur de fritûre (empanadas à 5 soles). Le bus pour le site ( 24 soles aller-retour) monte en 25 minutes. Nous avons atteint l'entrée vers 14 h. Malgré quatre heures de route avant, nous étions écrasés par l'émotion — pas de superlatifs, juste : c'était grand, ancien, perdu sur une montagne. Les trois heures suivantes, nous avons marché entre les pierres, déchiffré le guide (construction sans mortier, système d'irrigation inca toujours fonctionnel), croisé 300 autres touristes. Le soir à Aguas Calientes, repas au restaurant Indio Feliz : trucha à l'ail (truite locale) pour 35 soles, bière Cusqueña pour 8 soles. Fatigue immense. Dodo à 20 h. Retour vers Cusco et jours finaux Train retour le jour 9. Nous avons choisi une classe inférieure (110 euros au lieu de 180), wagons moins spacieux mais le trajet était identique. De retour à Cusco, nous avons visité le marché San Blas (fruits qu'on ne reconnaissait pas, odeur de viandes marinées) et acheté quelques souvenirs — textiles tissés à la main, prix entre 40 et 120 soles selon la qualité. Avant de partir, bière locale au bar Los Perros, rue Platería, en face de la cathédrale. Une barmaid nous a parlé du quartier, des changements depuis 10 ans, du tourisme qui défigure Cusco. Elle n'avait pas tort.
Les bons plans repérés sur place.
Plaza de Armas de Cusco : s'asseoir en fin d'après-midi, boire un jus frais, regarder le soleil frapper la cathédrale coloniale
Ollantaytambo, ruines inca avec vue sur la rivière Urubamba : monter au sommet des terrasses prend 45 minutes, il y a peu de monde après 16 h
Machu Picchu depuis Aguas Calientes : réserver le bus très tôt (6 h) pour avoir les premières lumières avant la foule
Marché San Blas de Cusco : goûter les fruits locaux inconnus (chirimoya, lucuma), négocier les souvenirs textiles
Train PeruRail Ollantaytambo-Aguas Calientes : choisir l'horaire du matin pour voir le canyon ; le wagon standard suffit
Photos — Cusco
Et au final.
Le Pérou vaut le détour, surtout la Vallée Sacrée et Cusco. Mais l'altitude, les retards, le coût vrai des choses touristiques nous ont fatigués. On conseille de réserver tout par la gare directement, pas via boîtes intermédiaires. Et de prévoir des pulls — même en journée, il fait froid à 3 400 mètres.








