Comment ça s'est passé.
Levé à 4 h 30 le premier matin pour le vol Lima-Cusco avec LATAM (6 h 45, vol LAN 521). L'avion survolait les Andes et j'ai senti la pression chuter dès l'approche. Cusco à 3 400 mètres, ça ne blague pas : mal de tête instantané, respiration courte, j'ai dû rester allongé à l'hôtel Selina la première journée avec du soroche (thé de coca offert à la réception, goût herbacé léger, presque amer). Le lendemain, acclimaté tant bien que mal, nous avons marché jusqu'à la Plaza de Armas. Les pavés sont inégaux, les pentes raides, et l'air est sec, presque brûlant le jour mais glacial dès 17 h. Nous avons mangé au restaurant El Patio (ceviche de trucha à 45 soles, soit 12 euros) : frais, citronné, avec du maïs croquant. À côté, les ruines de Qorikancha (ancienne forteresse inca) dépassent des maisons coloniales ; les murs sans mortier, parfaitement ajustés, m'ont impressionné malgré moi. Jour 3 : excursion organisée par l'hôtel vers la Vallée Sacrée. Bus local (ligne 1 direction Pisac, 3 soles par trajet) avec une trentaine de touristes, des poules, un vendeur ambulant. Arrêt au marché de Pisac vers 9 h : étals de maïs, de pommes de terre colorées (violettes, rouges, jaunes), d'épices. L'odeur du cumin et de la terre humide était intense. Nous avons acheté des bracelets tissés à une vieille femme (5 soles) ; elle nous a expliqué en quechua-espagnol mélangé que la texture révélait l'âge des llamas. Arnaque probable, mais sympa. Le site archéologique de Pisac lui-même : escaliers en pierre, terrasses suspendues, vue sur la vallée. Un guide touristique officiel nous a forcés à payer un supplément « pour accéder aux tombes » (50 soles de plus que le billet d'entrée, 130 soles au total). Probablement du bluff, mais on n'a pas envie de traîner. Moment marquant : en redescendant à 16 h, la lumière orange-rose rasante éclairait les murs incas; ce jour-là, j'ai compris pourquoi les gens reviennent. Ollantaytambo le lendemain. Train PeruRail (station Ollantaytambo) à 10 h 15, trajet 1 h 15, train bleu touristique (85 euros l'aller-retour, genre luxe) avec des musiciens qui jouaient du pan pipes dans le wagon. La vallée défilait, étroite, des cultures en terrasses, des maisons en adobe. À Ollantaytambo, ruines massives dominant le village : murailles incas qui pèsent leurs tonnes, intactes. Nous avons mangé à La Fortaleza (alpaca grillée, 60 soles) : viande tendre mais riche, un peu trop grasse. Le vin local (Tacama rouge) était correct mais lourd. Jour 6, nous avons tenté le trek de deux jours vers le Machu Picchu. Départ de Km 82 à 6 h 45, premier campement vers 14 h. Les pieds enflés, les genoux qui brûlent, l'air qui manque même au repos. La nuit, froid intense sous deux couvertures, dortoir avec six autres randonneurs ; un Allemand ronflait comme une tronçonneuse. Deuxième jour : réveil 5 h 30, marche dans l'obscurité jusqu'à Intipunku (la Porte du Soleil). Le lever de soleil sur le Machu Picchu était... exactement ce qu'on attendait visuellement, mais entourés de 200 autres touristes qui criaient « wow » à l'unisson. Moins émotif que prévu. Retour à Cusco en train touristique le soir (18 h 45 départ, arrivée 21 h 15, Perurail à nouveau, 60 euros). À la gare, un taxi nous a arnaqués de 5 soles en prétendant que le compteur était « cassé ». Bagatelle, mais agaçant après trois jours de fatigue. Les trois derniers jours : balade à Chinchero, marché textile traditionnel (mercredi important, visiblement), femmes en habits de couleur vif, alpacas attachés n'importe où. Achat de pull en laine d'alpaca véritable (80 soles, vérification des étiquettes). Café à Starbucks (oui, il en existe) au centre-ville, ristretto correct à 12 soles. Dîner au restaurant Central (menu dégustation 280 soles, 75 euros) : cuisine fusionnée péruvienne-franco-asiatique, créatif mais un peu « trop » pour un estomac d'altitude. Retour Lima le jour 12 via LATAM (vol 10 h 45), arrivée 12 h 15. Temps de vol court, transition brusque au niveau de la mer ; vertiges légers.
Les bons plans repérés sur place.
Marchés de Pisac (mercredi-jeudi) : maïs coloré, tissages, atmosphère sans baratin
Ruines de Qorikancha à Cusco : murs incas intacts, entrée 130 soles
Train PeruRail jusqu'à Ollantaytambo : vallée entre les murs, départ 10 h 15 station principale
Alpaca grillée à La Fortaleza (Ollantaytambo) : 60 soles, goût moins fort qu'on croit
Trek Km 82 vers Machu Picchu : deux jours à pied, Intipunku coucher-lever, vrai terrain pas vraiment aménagé
Photos — Cusco
Et au final.
Cusco et la Vallée Sacrée méritent le détour, surtout pour les ruines incas qui sont clairement impressionnantes une fois devant. Mais le tourisme de masse, les pièges à touristes et le mal d'altitude rendent l'expérience moins fluide qu'on ne l'imagine. Je n'ai pas eu le coup de foudre qu'on m'avait promis, plutôt une bonne aventure usante.








