Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Alejandro Velasco Astete de Cusco un mardi à 14h30, complètement sonnés par l'altitude à 3400 mètres. Les poumons criaient. La première nuit à l'Aranwa Cusco Boutique Hotel (chambre 204, au-dessus de la plaza), nous n'avons dormi que 4 heures — trop de soroche, ce mal des montagnes qu'on avait sous-estimé. Le personnel de l'hôtel nous a recommandé de boire du thé de coca au petit-déjeuner (3,50 soles). Ça a vraiment aidé. Le mardi soir, promenade dans les ruelles de Cusco. L'odeur de la terre mouillée après une averse surprise se mêlait à celle des brochettes de porc grillées qu'on vendait devant le Mercado de San Pedro. Nous avons mangé là, assis sur un tabouret en plastic, une brochette de 4 soles. Un moment où on se sent vraiment ailleurs — pas de décorum touristique, juste des locaux qui dinaient avant nous. Mercredi, visite du site archéologique de Sacsayhuamán avec un guide privé trouvé via notre hôtel (350 soles pour 4 heures). L'air était froid, peut-être 8 degrés en fin de matinée. Voir ces murs assemblés sans mortier, les pierres massives s'emboîtant parfaitement, c'était… oui, impressionnant. Pas de mots vendus pour le décrire. Les guides parlent toujours du « génie inca » — c'est vrai qu'il fallait une sacré organisation pour déplacer des blocs de 200 tonnes. Jeudi, bus de 6h45 du terminal Terrestre depuis la Avenida Infancia jusqu'à Ollantaytambo (compagnie Ollanta Express, 25 soles, 1h30 de trajet cahoteux). La vallée sacrée nous a pris de court : ces terrasses agricoles, ces villages où on sent encore la vie quotidienne péruvienne à l'œuvre. Nous avons dormi à Ollantaytambo à la Posada del Inca (simple, efficace, 80 soles la nuit). Le soir, j'ai commandé un lomo saltado au restaurant Puka Llama (40 soles) — viande, oignons, tomates, poivre. Rien d'extraordinaire, mais vrai. Vendredi, c'était le Machu Picchu. On s'était levés à 4h pour prendre le train PeruRail 5:00 AM depuis Ollantaytambo (275 dollars USD pour deux personnes, billet Vistadome). Le soleil s'est levé sur les crêtes de la montagne, éclairant progressivement les ruines. Nos yeux se sont adaptés lentement à la lumière orange. Nous avons grimpé pendant deux heures avec 300 autres touristes — une armée de gens en short fluorescent et casquettes selfie. Les guides parlaient trop fort. Malgré ça, se tenir sur la Terrasse Royale, voir l'Intihuatana (Pierre du Cadran Solaire) qui date de 1440, ça change quelque chose en vous. Pas « magique ». Juste : ça pèse. Samedi, retour à Cusco. Nous avons tenté d'aller au restaurant Cicciolina (cours au Palais Arzobispal) — complet. Galère classique du touriste. Nous avons fini à El Mercado, un établissement moins connu, où j'ai commandé un ceviche (35 soles), goût acidulé du citron frais, poisson blanc, oignons rouges croquants. Ça m'a remonté le moral. Dimanche, marché artisanal de Pisac. Nous nous sommes fait arnaquer deux fois : prix initial gonflé pour les gringos (une femme m'a demandé 80 soles pour un pull en alpaca, fini par 35 après négociation). Le bruit des vendeurs qui crient, le mélange de senteurs — textile, écorce de cannelle, cuir — c'est vivant et un peu agressant. Pisac village est charmant, mais trop construit pour « touristes authentiques ». Lundi, repos à Cusco. Plaza de Armas, bière locale (Cusqueña, 12 soles au café Qosqo), observation de la vie qui passe. Mercredi matin, vol de retour avec LATAM à 10h40 (code LIM). Fin du voyage.
Les bons plans repérés sur place.
Sacsayhuamán à l'aube (accès via minibus depuis Plaza de Armas, 10 soles) — murs incas, vue sur Cusco, silence avant 7h30
Ollantaytambo (village-forteresse inca, hôtels pas chers, base pour Machu Picchu via PeruRail)
Train Vistadome PeruRail Ollantaytambo-Machu Picchu (matin tôt, petits-déjeuners inclus, fenêtres panoramiques)
Mercado de San Pedro à Cusco (nourriture vrai prix, brochettes, jus frais, atmosphère sans fard)
Vallée sacrée — Pisac, terrasses agricoles, sentier de Trek jusqu'à Ollantaytambo (demi-journée, moins connu que le circuit principal)
Photos — Cusco
Et au final.
Douze jours intenses. Le Pérou — et surtout cette région de Cusco — reste sous la peau. Nous avons vu des choses authentiquement construites par d'autres hommes, des milliers d'années avant nous. Mais la vallée sacrée et Machu Picchu sont devenus des usines à touristes. Presque trop de visiteurs pour sentir la profondeur du lieu. Et puis deux petites arnaques nous ont laissé un goût amer sur l'hospitalité. Je reverrais ? Oui, mais en saison creuse.








