Comment ça s'est passé.
Arrivée à Cotonou le 14 février à 14 h 30 sur le vol Air France AF960. L'aéroport Cadjèhoun est petit, un peu délabré, mais les formalités passent vite. Le taxi officiel (demander à la sortie, pas aux démarcheurs) coûte 5000 CFA pour Habibi Hotel où je dormirai quatre nuits. La route depuis l'aéroport empeste l'essence brûlée et les gaz d'échappement. On voit immédiatement le chaos : motos partout, pas de règles, des vendeurs qui frappent à la vitre aux feux rouges. C'est déstabilisant. Habibi Hotel (rue Paul Hazoumé, près du Palais des Congrès) coûte 35 000 CFA la nuit en chambre simple. Propre, wifi moyen, petit-déjeuner compris : bread, eggs, café instant. La patronne, Mme Justine, parle français facilement. Elle m'explique que Cotonou est la capitale économique, mais que Porto-Novo, à 45 km, est la capitale politique. Elle recommande d'y aller en taxi avec un ami plutôt qu'en bus Sablé rouge. Les marchés et la vie de rue Marché Dantokpa, au cœur de Cotonou : j'y suis allé le 15 février vers 7 h du matin pour éviter la chaleur de 13 h (j'ai lu que c'est 32-35°C à cette heure). L'odeur est très forte : poisson sec, épices, urine. Les vendeurs crient, les klaxons des motos, les enfants qui demandent de l'argent. J'ai commandé un café au petit lait dans une échoppe locale (1500 CFA) et des acarajés, les beignets de haricots mungo avec piments forts. C'était bon mais très épicé, j'avais le palais qui brûlait pendant deux heures. Premier moment difficile : on m'a vendu du faux tissu wax au marché. Le vendeur m'a juré que c'était du « vrai », mais après, Mme Justine a ri en disant qu'il y a beaucoup d'arnaque touristique ici. Leçon : négocier mais pas trop longtemps, ça attire l'attention. Porto-Novo et les musées J'ai pris un taxi individuel le 17 février avec Cyrille, un guide trouvé via Habibi Hotel. Trajet une heure, avec deux arrêts de police qui demandaient des papiers (Cyrille savait comment faire, il y a une sorte de système). Prix : 40 000 CFA aller-retour avec trois heures d'attente. Porto-Novo est plus calme, plus colonial. Les maisons sont colorées, roses et jaunes surtout. Musée Historique du Palais de Gouverneur : entrée 3000 CFA. On y voit des canons, des chaînes d'esclaves, des documents. C'est très dense émotionnellement. Le gardien, Monsieur Amédé, explique en français le contexte de la traite. J'ai senti un poids réel en regardant une chaîne d'esclave de trois mètres, en pensant aux conditions du voyage Middle Passage. C'est un de ces moments où la visite devient quelque chose qu'on n'oublie pas, pas parce que c'est « beau », mais parce que c'est vrai et dur. Le Musée Ethnographique de Porto-Novo (rue Guignol) : collections de fétiches, masques, objets rituels. 2500 CFA. Moins impressionnant que le Palais, mais les explications sur les pratiques vodou sont claires. Nourriture et vie quotidienne Restaurant « Chez Sènan » rue Guezo à Cotonou : poulet grillé avec riz et sauce pimentée (8500 CFA). Vraiment savoureux, portions généreuses. Les sodas (Coca, Fanta) sont partout, à bas prix (1500 CFA). Bière locale : Castel ou Flag, 2500 CFA au bar. Deuxième galère : j'ai eu une gastro le 19 février matin. Peut-être l'eau du robinet à l'hôtel, peut-être les acarajés. J'ai dû rester au lit, j'ai perdu une demi-journée. L'hôtel avait de l'Imodium en pharmacie locale, 4000 CFA. Lagon Cotonou et vie nocturne Le lagon au coucher du soleil (17 h 45) : on y voit les pêcheurs, les pirogues, l'eau est brune mais le ciel devient orange-rouge. Bar « Le Cosy » juste à côté, bière et brochettes de crevettes (12 000 CFA les brochettes), musique live médiocre mais ambiance locale réelle, pas pour touristes. Les nuits à Cotonou, on entend les amphibiens du lagon, c'est très bruyant entre 22 h et minuit. La clim de l'hôtel était nécessaire, pas de compromis. Jour 10 : départ Taxi à l'aéroport le 24 février, même trajet mais sens inverse. J'avais gardé adresse du chauffeur (Innocent, +229 9... je n'appelle pas, mais c'est bon à avoir). Vol retour AF961 à 18 h 15.
Les bons plans repérés sur place.
Musée Historique du Palais de Gouverneur à Porto-Novo : les chaînes d'esclaves et les documents originaux font comprendre l'histoire
Marché Dantokpa le matin avant 8 h : acarajés chauds et café au lait pour moins de 3 euros, ambiance locale brute
Taxi de Porto-Novo à Cotonou en passant par Abomey (à ajouter dans le circuit) : route sinueuse mais villages traditionnels visibles
Restaurant Chez Sènan : poulet grillé béninois à 13 euros, les meilleures portions de la région
Lagon Cotonou au coucher de soleil : pirogues traditionnelles, pas de touristes, biere glacée et brochettes
Photos — Cotonou / Porto-Novo
Et au final.
Le Bénin n'est pas une destination facile : pas de monuments « wow », la propreté n'est pas garantie, il faut s'adapter au chaos urbain. Mais il y a quelque chose de réel ici, une histoire très présente (l'esclavage, le colonialisme) qu'on ne peut pas ignorer. J'ai aimé les gens, la bouffe, et cette ville qui ne fait pas semblant. Je reviendrais, mais en étant mieux préparé aux arnaqueurs et à l'hygiène.
