Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Cotonou un mercredi 14 h avec la sensation de pénétrer dans un four. 32°C affichés au thermomètre, mais l'humidité rendait l'air quasi liquide. Un taxi blanc, négocié 5000 francs CFA (7,60 euros), nous a menés au Résidence Hostellerie, rue Général de Gaulle. Patron sympathique, chambre climatisée, eau chaude intermittente. Le soir même, nous avons traîné vers le port de Cotonou. L'odeur de poisson frit et de diesel mélangée crée une atmosphère qu'on oublie pas. Nous avons mangé au restaurant Le Négus : riz gluant, sauce d'arachide épaisse avec morceau de poisson entier, bière Beninoise locale à 1500 CFA. Goût correct, portions généreuses, mais les mouches étaient omniprésentes pendant le repas. Marché Dantokpa : le choc Jeudi matin, levés tôt, nous avons pris un zémidjan (moto-taxi) jusqu'au Marché Dantokpa, le poumon économique de Cotonou. 2000 CFA le trajet. Là, c'était du chaos organisé : tissus colorés suspendus partout, vendeurs criant les prix, enfants qui nous suivaient en demandant de l'argent. Température sous les toits tôle : au moins 38°C. Nous avons acheté des fruits — mangues à 500 CFA, bananes plantain à 800 CFA — qui goûtaient franchement trop bien pour le prix. Moment marquant : un enfant d'environ 8 ans nous a proposé de le « guider » contre de l'argent. Nous avons refusé poliment, mais son regard déçu m'a vraiment touché. Nous avons malgré tout donné à deux enfants qui vendaient des cartes postales. Le trajet vers Porto-Novo Vendredi matin, nous avons pris un minibus brousse (ligne STPC, compagnie locale) à 6 h 30 depuis la gare routière de Cotonou. Départ effectif : 7 h 15. Assis sur des sièges en plastique dur, 35 passagers pour 28 places, un monsieur avec une poule en cage à côté de nous. Trajet 45 km en 2 h 20 via la nationale 1, avec arrêts pour des passagers aléatoires. Prix : 2000 CFA par personne. Pas désagréable finalement, juste serré. Porto-Novo, c'était déjà un changement d'ambiance. Moins de chaos, plus de bâtiments coloniaux écroulés. Nous avons loué une chambre à l'Hôtel Buffet de la Gare, face à la gare ferroviaire abandonnée. Patron retraité, très calme, 15000 CFA la nuit (petit-déj inclus). Le silence était presque étrange après les klaxons de Cotonou. Le Palais Royal et les églises Samedi, nous avons visité le Palais Royal de Porto-Novo, construit en 1868. Entrée libre (« donnez ce que vous pouvez »). Guide bénévole, sérieux, qui nous a parlé des guerriers Dahomey pendant 1 h. Les murs roses bonbons, l'architecture mélange colonial-africain, ça vaut le détour. Nous avons aussi visité la Cathédrale Notre-Dame de Cotonou, dégageant une odeur d'encens persistante, presque oppressante dans la chaleur. Galère du voyage : dimanche matin, notre monnaie locale s'était terminée. Nous avons cherché un distributeur. La première banque trouvée était fermée pour le week-end. Deuxième tentative dans une autre banque (BIA), carte refusée. Panique légère. Heureusement, l'hôtelier nous a avancé 50000 CFA contre 60 euros en espèces. Situation réglée, mais stressante 30 minutes. Derniers jours Nous avons goûté à des spécialités : akassa (pâte de maïs cuite), riz blanc copieux, ragoût de viande de chèvre qui avait un goût presque sauvage. Pas mauvais, juste très riche. Les jus de fruits frais (mangue, goyave, bissap) à 500 CFA restent imbattables. Un soir, au Bar du Lac, ambiance bon enfant mais eau stagnante visible en arrière-plan — détail qui nous a découragés d'y retourner. Retour à Cotonou mardi matin par la même route. Minibus moins plein, voyage plus aéré. Dernière nuit à Résidence Hostellerie. Décollage 18 h 45 sur Air Sénégal (vol SA 502). Rien de spectaculaire, mais honnête.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Dantokpa (Cotonou) : immersion totale dans l'économie locale, fruits frais explosifs de saveur
Palais Royal de Porto-Novo : architecture hybrid 1868, guide passionné, entrée libre
Minibus brousse STPC : expérience de transport typique, poules comprises, 45 km en 2 h 20
Riz sauce d'arachide au restaurant Le Négus : portion dense, bière Beninoise froide, 4000 CFA
Trajet en zémidjan au coucher : motard compétent, vue sur le port, 2000 CFA l'âme
Photos — Cotonou / Porto-Novo
Et au final.
Le Bénin, c'est loin d'être un coup de foudre touristique. Cotonou reste désorganisée, bruyante, la chaleur humide fatigue vite. Mais il y a quelque chose dans la lenteur du pays, les gens simples et sans arnaque évidente, qui crée une expérience authentiquement vivante. Nous aurions aimé plus de propreté dans les espaces publics et moins d'enfants mendiants.
