Comment ça s'est passé.
Levée à 5h30 à l'hôtel Azalaï Cotonou pour rejoindre le Marché Dantokpa avant la chaleur. Les 40 degrés de fin avril, c'est vrai que ça tape. En montant l'escalier extérieur du bâtiment principal du marché, j'ai senti l'odeur de mélange de poisson séché, de piment rouge moulu et de sueur. Pas dégueu, mais intense. Les vendeurs hurlaient les prix en français, en yoruba, en fon. J'ai acheté des tomates pour 500 francs CFA pièce et du riz pour 450 CFA le kilogramme. Une femme m'a arnaquée sur le change initial (elle a pris 2 euros pour 1200 CFA au lieu de 1500), mais bon, ça m'a appris à compter plus vite. Le bus jusqu'à Porto-Novo, c'était une aventure en soi. Pas de numéro de ligne officiel : on demande à la gare routière de Dantokpa si quelqu'un part vers Porto-Novo, et une camionnette Toyota surgit. Départ prévu à 10h, départ réel à 11h15, trajet de 45 km en 2 heures. Un monsieur m'a expliqué en français approximatif que les routes sont mauvaises, que le gouvernement ne répare rien, que c'est normal d'attendre. Assis sur des sièges de voiture découpés en deux, trois femmes avec leurs paniers de légumes, un homme avec une poule vivante attachée au pied. Je me suis demandé si j'avais vraiment besoin de découvrir la capitale historique, mais j'y suis allée quand même. Porto-Novo : le palais vide et les rues endormiesPorto-Novo, c'est un choc tranquille après Cotonou. Les rues sont larges et presque vides. Le Palais Royal (Musée Ethnographique) m'a coûté 3500 CFA pour une visite guidée avec Kouassi, un homme de 60 ans qui ne parlait presque pas anglais. Pendant une heure, il m'a montré des trônes poussiéreux, des masques accrochés n'importe comment, une vieille chambre royale où des ampoules nues pendaient du plafond. Ce qui m'a marquée : voir comment un endroit censé être symbolique pouvait être si... négligé. Le toit fuyait à plusieurs endroits. Kouassi a haussé les épaules quand je lui ai posé la question. Au restaurant Chez Marguerite (rue près du palais), j'ai mangé un alloco-gari pour 2500 CFA. L'alloco (bananes plantain frites) était encore chaude, le gari (pâte de maïs) fondait et avait ce goût légèrement aigre que je ne connaissais pas. Coup de cœur, honnêtement. Le repas était servi à midi dans une maison qui sentait la fumée de charbon. Quatre tables en bois, pas de climatisation, une femme qui cuisinait dans la pièce à côté. Retour à Cotonou : plages et filles de joieRevenue à Cotonou, j'ai passé deux jours à la plage de Fidjrossè. Pas de parasol ni lounger comme en Côte d'Ivoire : juste du sable blanc cassé, de l'eau tiède, des pêcheurs avec leurs filets et leurs pirogues à moteur. J'ai payé un pêcheur 5000 CFA pour m'emmener voir les épaves de bateaux à quelques centaines de mètres. L'Atlantique ici, c'est gris-bleu, agité, bruyant. Les vagues claquent vraiment fort contre le rivage. Vers 17h, des jeunes femmes du quartier se mettaient à côté des touristes en espérant une conversation (et un client pour la nuit). Pas de jugement, c'est juste la réalité. Dîner au bar-restaurant Kiloutch, en bord de lagon, à Cotonou. Poisson grillé entier pour 6500 CFA avec sauce tomate-oignon faite sur place. La serveuse a parlé français courant, ce qui était moins stressant que d'autres endroits. L'endroit était peuplé de quelques expatriés et de gens du coin. Une bière Flag (Bénin local) à 2500 CFA. Moments de galère et de confusionJeudi matin, j'ai voulu visiter le Temple des Pythons à Ouidah. Taxi à l'hôtel, trajet censé durer 45 min, on s'est trompé de route. Le chauffeur a téléphoné à cinq personnes pour se réorienter. On a mis 2 heures. Arrivée à 11h au temple, il n'y avait aucun avis d'horaire. Une femme m'a vendu un ticket à 2000 CFA, mais en réalité le temple n'était pas ouvert ce jour-là. Elle m'a gardé le ticket. J'ai décidé de ne pas me battre et d'aller manger une glace plutôt. Hôtel Azalaï Cotonou : confortable, eau chaude, clim qui fonctionne, petit-déj à 9000 CFABus à la gare de Dantokpa : pas cher, pas fiable sur l'horaire, vivantMarché Dantokpa : surpeuplé, bruyant, les prix ne sont pas affichés (toujours négocier)Plage de Fidjrossè : libre d'accès, pas touristifiée, eau tiède à 25-27 degrésCuisine locale : alloco-gari, poisson grillé, riz-sauce arachide, prix très accessiblesLe Bénin, c'est un pays où on doit être patient. Les transports traînent, les administrations bougent lentement, les repères touristiques sont basiques. Mais c'est justement ça qui rend l'endroit moins formaté que ses voisins. On n'y sent pas la machine touristique à plein régime.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Dantokpa à Cotonou : arriver avant 7h, les vendeurs sont moins agressifs, les fruits sont meilleurs
Alloco-gari chez Marguerite à Porto-Novo : plat simple et savoureux pour moins de 3 euros
Palais Royal de Porto-Novo : visite rapide (45 min suffit), ambiance étrange et histoire locale
Plage de Fidjrossè : moins touristifiée que les plages ivoiriennes, eau tiède, pêcheurs locaux
Gare routière de Dantokpa : organisée sous forme de zones par destination, observer avant de demander
Photos — Cotonou / Porto-Novo
Et au final.
Le Bénin m'a moins déçue que je le craignais, mais aussi moins surprise. C'est un pays de passage plutôt qu'une destination en soi, avec des moments vraiment sympa (le marché, le poisson grillé, la plage calme) et d'autres franchement décevants (palais négligé, transports pénibles, arnaquage classique). Je n'y reviendrais probablement pas, mais j'en ai tiré quelque chose : comprendre qu'un endroit ne doit pas être spectaculaire pour être digne d'intérêt.
