Comment ça s'est passé.
On est arrivés à l'aéroport de Copenhague-Kastrup un mardi matin à 7h30, valises en main et thermos de café que nous regretterions vite. Le froid nous a frappés d'entrée : 3°C, vent du nord, et le soleil ne se lèverait pas avant 8h. Pas de quoi nous arrêter pour autant. On a pris le train de l'aéroport (Øresundtog) jusqu'à la gare centrale (København H) en 13 minutes, environ 36 DKK par personne. Notre premier jour s'est résumé à une balade le long de Nyhavn, le port coloré où les façades jaunes, rouges et vertes reflètent leur image dans l'eau. On aurait pu y rester des heures, mais le thermomètre nous rappelait l'ordre du jour : trouver un logement chaud et manger. On a choisi un petit hôtel trois étoiles, le Absalon, rue Helgolandsgade, à 95€ la nuit. Pas luxueux, mais les radiateurs marchaient, c'était l'essentiel. Les vélos, l'amour et la frustrationLe mercredi, nous avons loué des vélos chez Baisikeli (une coopérative locale) pour 100 DKK par jour. Grosse erreur : je n'avais pas fait de vélo depuis quinze ans. Copenhague, c'est environ 50% de la population qui se déplace à deux roues sur des pistes cyclables quasi parfaites. Et nous, on était maladroits, gelés, incapables de freiner correctement sur les pavés mouillés. Un moment particulièrement humiliant : se faire dépasser par une grand-mère de 75 ans qui portait ses courses dans le panier avant et nous regardait avec une pitié bienveillante. Après trois heures, les pieds engourdis et les fesses dolentes, on a rendu les vélos. Mais ce même jour, on a découvert le vrai Copenhague en marchant. On s'est perdus dans le quartier de Nørrebro, carrefour culturel avec des boutiques indépendantes, des street-artistes qui peignaient des façades, et des cafés où les Danois travaillaient en silence sur leurs laptops. L'odeur du pain frais sortait des boulangeries à chaque pas. On a mangé un smørrebrød (sandwich ouvert) chez Madklubben (Vesterbrogade 12) : pain de seigle noir, œuf de poule, anchois, capers, oignons rouges. 68 DKK. Simple, humain, et le goût du seigle noir s'accrochait encore à nos dents trois heures après. Le château de Rosenborg et la galère du jeudiJeudi, nous avons pris le bus S1 (ligne rouge, environ 24 DKK) pour visiter le château de Rosenborg, au cœur du Kongens Have (le jardin du roi). Le parc était vide, gris, avec juste quelques joggeurs suédois apparemment imperméables au froid. On a attendu 45 minutes dehors avant l'ouverture à 10h, les doigts rouges, incapables de sentir la vie dans nos orteils. À l'intérieur, c'était une révélation : trois étages remplis de meubles royaux, de peintures, d'objets étranges datant du 17e siècle. Entrée : 115 DKK. Ça valait chaque krone, même si on a dû admettre que l'audio-guide en anglais était lent et soporifique. Le vrai moment positif du voyage est arrivé vendredi soir. On s'est assis dans une petite brasserie de quartier, Café Nilen (près de Strøget), une tasse de gløgg (vin chaud danois avec raisins secs et amandes) à 55 DKK en main. Dehors, il neigeait légèrement. À l'intérieur, c'était chaud, doux, et soudain on a compris pourquoi les Danois ne se plaignaient pas du climat. C'était simplement un autre mode de vie. Les gens autour de nous n'avaient pas l'air pressés ni anxieux. Ils lisaient, discutaient, buvaient lentement. Tivoli et les petits détails qui restentSamedi, on a visité Tivoli Gardens, le parc d'attractions historique au cœur de Copenhague. C'était fermé pour l'hiver, mais ouvert partiellement pour les fêtes de fin d'année. Entrée gratuite en ce moment, avec juste les attractions payantes. On a mangé un hot-dog danois (pylsner) avec rémoulade et oignons croustillants chez un vendeur de rue : 40 DKK. La sensation de marcher entre les anciennes petites maisons décorées du parc, avec les lumières de Noël et l'odeur de cardamome qui sortait d'une boulangerie voisine, c'était le Danemark qu'on avait imaginé. Dimanche, dernière journée. On a pris le train jusqu'à Helsingør (30 minutes, 114 DKK aller-retour), la ville côtière où trône le château de Kronborg, celui du Hamlet de Shakespeare. Le château était fermé (encore novembre), mais marcher le long des fortifications avec la mer Baltique qui clapotait dessous, le vent qui gelait nos joues, ça valait amplement le détour. On a vu des enfants danois jouer au bord de l'eau en short de laine. Ces gens ne connaissent pas le froid, vraiment. Retour à Copenhague le soir. Dernier repas : un frikadeller (boulette danoise) avec sauce brune chez Restaurant Noma... non, plaisantons, Noma coûte 300€ par personne. On a mangé dans une petite cantine populaire près de Rådhuspladsen : 79 DKK, généreux, délicieux, honnête.
Les bons plans repérés sur place.
Nyhavn au coucher du soleil (entre 16h et 16h30) : les façades colorées sans les touristes d'été
Madklubben (Vesterbrogade) : le meilleur smørrebrød noir et blanc du quartier
Café Nilen par une journée de neige : gløgg et chaleur authentique
Château de Rosenborg (entrée 115 DKK) : meubles royaux et histoire dense sans foule
Helsingør et sa mer Baltique : 30 minutes en train pour sortir de la capitale
Photos — Copenhague (København)
Et au final.
Copenhague en novembre, c'était dur physiquement (le froid qu'on n'avait pas anticipé) et humiliant à vélo, mais ça nous a forcés à ralentir et à vraiment observer les gens et les lieux. On regrette une chose : n'avoir eu que neuf jours. Deux semaines auraient permis de vraiment dégeler et de prendre les vélos moins au sérieux.








