Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Tegucigalpa un matin de juillet, après un vol TUI depuis Toulouse via une escale à Madrid. L'air chaud et humide nous a frappés dès l'ouverture de la porte de l'avion — 32°C à 7 h du matin, et ça sentait l'essence et la végétation tropical mélangées. Notre première galère : le chauffeur de taxi, supposé nous attendre avec un panneau, n'était pas là. Après 20 minutes à transpirer devant le terminal 1, on a pris un taxi jaune au compteur (plutôt que de négocier le prix à l'avance, erreur classique). On s'est logé deux nuits à l'Hôtel Plaza San Martín dans le centre-ville — chambre avec clim fonctionnelle, 45 euros la nuit — avant de prendre le bus pour Copán Ruinas. La compagnie Hedman Alas, départ à 14 h précises, trajet de 5 heures par une route de montagne sinueuse. Le bus s'est arrêté tous les 50 km pour prendre des passagers debout dans l'allée centrale. Nous avons acheté des pupusas (pâtes fourrées au fromage et aux haricots) à chaque arrêt, environ 30 centimes de lempira (la devise locale) chacune. C'était bon, mais après la troisième, on regrettait nos intestins français. Copán : ruines et houblon incontournableArrivée à Copán Ruinas vers 19 h. Le village, petit, construit autour d'une place centrale avec une église blanche du XVIe siècle. On s'est arrêté au restaurant Café Welchez pour dîner — ragoût de poulet (pollo guisado), riz blanc, haricots noirs. Environ 120 lempiras (5 euros), portions énormes. Le serveur nous a conseillé de visiter les ruines le lendemain matin « avant que le soleil ne devienne fou ». Levés à 5 h 45. Petit déjeuner rapide à l'hôtel (café du Honduras, léger et fruité, avec des œufs brouillés et du fromage blanc) puis entrée au site archéologique à 8 h. Les ruines mayas de Copán, c'est vraiment des briques de pierre entassées datant du VIIe siècle, avec des glyphes sculptés. On a payé 250 lempiras (11 euros) chacun. Notre guide, Luis, parlait espagnol rapidement — on comprenait 50 % — mais il montrait les détails sculptés sur les autel et les stèles avec une sorte de fierté locale. Trois heures de marche sous le soleil à 40°C. Les arbres plantés autour n'offraient pas assez d'ombre. À midi, on avait bu 3 litres d'eau chacun. Détour vers La Mosquitia (et nos vraies galères)On a décidé d'aller à La Mosquitia, la région côtière humide, réputée pour ses jungles vierges. Trajet depuis Copán jusqu'à La Ceiba (port vers la Mosquitia) : bus local, très bondé, très lent. 10 heures pour 350 km. On a dormi 3 heures à La Ceiba, dans une chambre d'hôtel sans fenêtres vraiment fonctionnelles (ventilo qui vibrait), 35 euros, puis on s'est embarqué sur une petite lancha motorisée (bateau privé) vers Punta Gorda. Et là, vraie galère : le bateau s'est cassé le moteur à mi-route. On a flotter deux heures sur l'eau sous une pluie chaude et épaisse. Humidité à 100 %, chacun dégoulinant, le capitaine qui fouillait son moteur avec un tournevis en parlant à son Saint Joseph fixé sur le tableau de bord. Finalement, on a ramé jusqu'à un petit village de pêcheurs où un autre bateau nous a pris. Arrivée à Punta Gorda vers 18 h, alors qu'on devait y être à 14 h. Cette soirée-là, on a mangé au restaurant Ivy's Café : ceviche de crevettes (camarón), très acide, très salé, excellent mais cher (280 lempiras, 12 euros). On a passé deux jours en Mosquitia. Excursion en pirogue dans la jungle via une agence locale — 40 euros par personne pour 6 heures. Guide multilingue mais vraiment focalisé sur nous vendre des souvenirs. Odeur intense de moisissure et de décomposition végétale. Bruit constant des insectes et des oiseaux. Pas d'animaux visibles sauf un crocodile à distance et des singes hurleurs. Le guide blaguait : « Ils chantent pour vous dire au revoir ». Retour vers le nord et apaisementRetour à Tegucigalpa, vol Air Europa vers Toulouse, et on a respiré. Bilan : le Honduras, c'est une destination qui demande de la patience et une certaine flexibilité. Les infrastructures sont basiques. Les routes, même asphaltées, sont parfois en très mauvais état. Mais les gens sont honnêtes et discrets, la nourriture simple est bonne, et les paysages justifient le détour. On a eu chaud, faim, fatigue, et ce n'était pas toujours confortable. On reviendrait, mais avec un itinéraire mieux planifié et moins de transports locaux.
Les bons plans repérés sur place.
Site archéologique de Copán Ruinas : ruines mayas intactes avec 2000 ans d'histoire visibles dans la pierre.
Restaurant Café Welchez à Copán : pollo guisado local et service sans pression, bon rapport qualité-prix.
Excursion pirogue en Mosquitia depuis Punta Gorda : faune jungle dense, odeurs de terre mouillée, pirogues motorisées traditionnelles.
Hôtel Plaza San Martín à Tegucigalpa : clim fiable, chambre basique mais propre, accueil en espagnol seulement.
Bus Hedman Alas (compagnie régionale) : trajets longs mais organisés, arrêts fréquents pour manger, environ 50 lempiras/heure.
Photos — Copán Ruinas / La Mosquitia
Et au final.
On a adoré les ruines de Copán et l'authenticité du pays. Moins apprécié : l'insécurité perçue dans les villes, la chaleur humide, et les imprévus (panne de bateau, routes défoncées). À recommander aux voyageurs patient et curieux, pas aux familles en quête de confort 5 étoiles.
