Cayenne et l'Île Royale : entre forêt vierge et passé colonial
CarnetGuyane202610 jours

Cayenne et l'Île Royale : entre forêt vierge et passé colonial

Nous avons atterri à l'aéroport Félix Eboué de Cayenne un mardi en fin d'après-midi. Immédiatement, l'humidité nous a frappés – pas une chaleur sèche, mais quelque chose de poisseux qui colle à la peau et aux vêtements.…

MA
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à l'aéroport Félix Eboué de Cayenne un mardi en fin d'après-midi. Immédiatement, l'humidité nous a frappés – pas une chaleur sèche, mais quelque chose de poisseux qui colle à la peau et aux vêtements. La température affichait 28°C, mais on aurait dit 35. Le taxi qui nous a menés à l'hôtel Amazonia, rue de Remire, puait le cigare stale et la climatisation cassée. Le centre-ville de Cayenne nous a déçus au premier abord. Nous nous attendions à une capitale exotique flamboyante ; nous avons trouvé des bâtiments coloniaux fatigués, des rues parsemées de nids-de-poule, des façades jaunes et roses qui pelaient. L'hôtel Amazonia lui-même avait du charme – balcons en bois travaillé, escalier en spirale – mais la chambre sentait l'humidité moisie malgré la fenêtre ouverte. Le vrai choc s'est produit lors de notre première balade au marché de Cayenne, place de Grenoble. Les étals explosaient de couleurs : fruits de la passion pourpres, mangues orange vif, christophines vertes. Un vendeur nous a vendu un jus de calamansi frais pressé pour 3 euros – acide, sucré, parfait. Nous avons goûté du pain au beurre guyanais, riche et lourd, vendu 2,50 euros le morceau chez Boulangerie Lory. Une femme créole, Sylvette, nous a expliqué comment manger le calaou (une sorte de crustacé local) en le pointant du doigt. Ce moment-là, même ridicule, nous a fait sentir vraiment là. Jeudi, nous avons pris le bateau pour l'Île Royale – une journée entière organisée via l'agence Îles du Salut (35 euros par personne, départ du quai à 7h30 du matin). Le trajet dure une heure. L'odeur de diesel du moteur s'est mélangée à celle de l'océan tropical : iodé, avec une touche de pourriture végétale. Sur l'île, les ruines du bagne français se dressaient sous une chaleur écrasante. Nous sommes montés aux cellules – souterrain, humide, température chutée d'un coup – et j'ai enfin compris pourquoi le lieu est resté intact dans les murs. Le gardien du site, âgé, nous a raconté des anecdotes en patois que nous n'avons pas comprises. Un moment marquant : en visitant la cellule de Dreyfus, l'absence de lumière nous a soudain rendus claustrophobes. Pas dramatique, mais réel. Un dimanche, nous nous sommes lancés dans une excursion en forêt via l'agence guyanaise Amazonie Tour (65 euros, minibus Renault Master cramé qui a calé deux fois sur la piste). Le guide, Jean-Michel, sentait fort la sueur et l'insecticide. La forêt primaire elle-même était oppressante : bruits continus de cris d'oiseaux, d'insectes, végétation si dense qu'on voyait à peine le ciel. Jean-Michel nous a montré des fourmis parasol, un anaconda mort sur le chemin, des arbres dont l'écorce ressemble à du cuir. Nous avons marché quatre heures. Nos jambes collaient à nos shorts humides. Seul bémol : Jean-Michel nous a proposé d'acheter des « souvenirs » (pierres de cristal, peaux de reptile) à des prix gonflés. On a refusé et il s'est vexé. Pour manger, nous avons préféré les petits restaurants créoles au centre. Le restaurant Case Créole, rue Lallouette, sert un court-bouillon de poisson pour 12 euros – chair tendre, sauce tomate et crevettes décentes. Nous y sommes retournés deux fois. Une fois, le repas a tardé 45 minutes car le chef avait changé de fournisseur pour le poisson du jour. Le serveur n'a rien expliqué. Frustrant, mais typique. Le jeudi soir, nous avons exploré les petits bars du quartier du Remire. L'atmosphère était effectivement plus relax – musique zouk qui vibrait dans les os, rhum local (Rhum Agricole Rhum Clement, 6 euros le verre) à la saveur poivrée, quelques couples qui dansaient sans prétention. Pas de débauche, juste de la vie ordinaire. Ce que nous n'avons pas pu faire : visiter le Centre Spatial Guyanais à Kourou (100 km plus loin, nécessitant un taxi coûteux ou une journée entière de bus). Nous avons regretté après coup.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Île Royale : le bagne français, cellules souterraines, départ à 7h30 du quai – prévoir sunscreen et eau

2

Marché de Cayenne, place de Grenoble : jus de calamansi frais, pain au beurre de Boulangerie Lory, fruits tropicaux

3

Restaurant Case Créole, rue Lallouette : court-bouillon de poisson (12 euros), meilleur rapport qualité-prix

4

Excursion forêt primaire avec Amazonie Tour : anacondas, fourmis parasol, guide chaleureux malgré tarifs gonflés

5

Bars du Remire le soir : rhum agricole Clement (6 euros), zouk live, ambiance créole sans tourisme de masse

Album · 9 photos

Photos — Cayenne

Cayenne et l'Île Royale : entre forêt vierge et passé colonial
Cayenne — 2
Cayenne — 3
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Cayenne — 9
Conclusion

Et au final.

La Guyane nous a laissés partagés. Cayenne n'est pas un centre touristique léché – elle est fatiguée, humide, administrative. Mais ses habitants, ses petits restaurants, l'Île Royale et la forêt en elles-mêmes valaient le détour. À conseiller aux voyageurs qui acceptent l'inconfort et qui cherchent plus que des photos de cartes postales.

En résumé

Avis Cayenne : carnet de voyage de 10 jours par marclv75

Destination
Cayenne →
Pays
Guyane →
Durée
10 jours
Période
octobre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marclv75 →
L'essentiel

Cayenne en bref

Pourquoi choisir Cayenne

  • Découvrir l'Île Royale et les ruines du bagne français intact
  • Explorer la forêt primaire dans son état vierge et immersif
  • Vivre l'authenticité créole loin des circuits touristiques léchés
  • Déguster fruits tropicaux et gastronomie locale au marché vivant
  • S'immerger dans l'histoire coloniale française et la vie réelle guyanaise

Pour qui ?

  • Voyageurs acceptant l'inconfort et l'humidité pour l'authenticité
  • Passionnés d'histoire coloniale et de patrimoine archéologique
  • Amateurs de forêt primaire et d'aventure en milieu naturel
  • Explorateurs culinaires cherchant cuisine créole authentique
  • Couples et voyageurs solo en quête d'expérience non commercialisée

À éviter si…

  • Vous recherchez un confort hôtelier moderne et fiable
  • Vous ne tolérez pas l'humidité tropicale intense et persistante
  • Vous préférez les destinations touristiques bien aménagées et balisées
  • Vous attendez une cuisine rapide et des services sans délai
À découvrir aussi
Île RoyaleAéroport Félix EbouéMarché de place de GrenobleQuartier du RemireCentre Spatial Guyanais KourouÎles du SalutForêt primaire guyanaiseFleuve MaroniÎle de CayenneRéserve Naturelle de l'AmanaMont Favard

Photos communautaires : Cayenne

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Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
© Bagolina
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
© Bagolina
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Plage de Montabo
Plage de Montabo
© Bernard DUPONT
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Questions fréquentes

FAQ — Cayenne

Quel est le meilleur moment pour visiter Cayenne ?

La Guyane connaît une humidité intense toute l'année. Les températures avoisinent 28-30°C régulièrement. Les saisons des pluies (mai-juin et novembre-janvier) rendent les routes et sentiers plus difficiles d'accès. Privilégiez février-avril ou août-octobre pour les excursions en forêt.

L'Île Royale vaut-elle vraiment le détour ?

Absolument. Les ruines du bagne français offrent une plongée intense dans l'histoire coloniale française. Les cellules souterraines, notamment celle de Dreyfus, créent une expérience claustrophobe mais mémorable. Le trajet en bateau dure une heure depuis Cayenne (35 euros avec l'agence Îles du Salut).

Que manger à Cayenne ? Les restaurants sont-ils fiables ?

Privilégiez les petits restaurants créoles comme Case Créole (court-bouillon 12 euros) plutôt que les établissements touristiques. Les délais de service peuvent dépasser 45 minutes. Le marché de place de Grenoble propose fruits tropicaux frais, jus de calamansi et pain au beurre guyanais (2,50 euros).

Est-il dangereux de faire une excursion en forêt primaire ?

La forêt est dense, humide et oppressante avec bruits constants d'insectes et oiseaux. Compter 4-5 heures de marche exigeante. Choisissez un guide expérimenté via une agence établie (env. 65 euros). Apportez insecticide et vêtements appropriés. Évitez de vous laisser pressurer pour acheter des souvenirs.

Quel est l'état des infrastructures hôtelières à Cayenne ?

Les hôtels coloniaux comme Amazonia ont du charme architectural (balcons en bois, escaliers travaillés) mais souffrent d'humidité moisie. La climatisation n'est pas toujours fiable. Attendez-vous à une ambiance fatiguée plutôt qu'un confort moderne.

Y a-t-il une vie nocturne à Cayenne ?

Le quartier du Remire offre une atmosphère relax avec bars jouant du zouk. Le rhum agricole local (Rhum Clement, 6 euros le verre) domine. L'ambiance est authentique et peu touristique, idéale pour danser sans prétention.

Devrait-on visiter le Centre Spatial Guyanais de Kourou ?

Oui si vous en avez le temps. Situé à 100 km, il nécessite taxi coûteux ou journée entière en bus. C'est un attrait majeur manqué de ce voyage mais qui enrichirait une visite de 10 jours.