Cayenne et le Maroni : entre jungle étouffante et bienveillance créole
CarnetGuyane202612 jours

Cayenne et le Maroni : entre jungle étouffante et bienveillance créole

Arrivé à l'aéroport de Cayenne-Rochambeau un lundi en fin d'après-midi, j'ai tout de suite senti l'humidité épaisse me coller à la peau. Il devait faire 32 degrés mais l'air était tellement saturé qu'on suffoquait même…

MA
Publié le · mis à jour le
12 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Arrivé à l'aéroport de Cayenne-Rochambeau un lundi en fin d'après-midi, j'ai tout de suite senti l'humidité épaisse me coller à la peau. Il devait faire 32 degrés mais l'air était tellement saturé qu'on suffoquait même en restant immobile. J'ai pris un taxi depuis l'aéroport (40 euros environ, tarif sans compteur) jusqu'à mon hôtel, le Kamara Lodge en centre-ville, à deux pas de la place des Palmistes. Le chauffeur m'a avertis : « Les routes sont pas garanties après 22 heures, surtout vers Saint-Laurent-du-Maroni. » C'était mon premier avertissement. Les trois premiers jours ont été consacrés à Cayenne. J'ai logé au Kamara Lodge (65 euros la nuit, petit-déj compris), petite structure coloniale rénovée avec un patio central. Le matin, j'ai marché jusqu'au marché central rue Molé : l'odeur des mangues, des néem et du poisson fumé montait en vagues épaisses. Les vendeurs criaient les prix en créole, ce qui m'a d'abord déstabilisé. Les provisions étaient bon marché (une grappe de banane à 2 euros, du mahi-mahi à 8 euros le kilo). J'ai mangé une soupe z'habitants au restaurant Chez Laverne (13 euros) : un mélange de légumes racines et de viande salée qui réchauffait malgré la chaleur. J'ai visité le Musée des Cultures Guyanaises (6 euros l'entrée, fermé le dimanche) où un conservateur passionné m'a expliqué la différence entre les créoles et les Bushinengés pendant une heure. Le moment marquant a été la rencontre avec une femme nommée Francine qui vendait des objets artisanaux sur la place des Palmistes : elle m'a raconté sa vie en trois langues (français, créole, ndjuka) et m'a donné un gâteau maïs qu'elle venait de cuire. C'était simple mais ça m'a rappelé pourquoi on voyage. Le quatrième jour, j'ai pris une minibus collectif pour Saint-Laurent-du-Maroni (35 euros, 3h30 de trajet blanc déjà bien usé). Les dénivellations de la route ont secoué nos reins pendant presque quatre heures. Le conducteur s'arrêtait tous les 20 km pour discuter avec d'autres chauffeurs, ce qui nous a retardés d'une heure. C'était agaçant mais on ne pouvait rien faire. Saint-Laurent sentait le bois brut et la rivière : une odeur minérale, froide, qui changeait des effluves de Cayenne. J'ai séjourné trois nuits à l'Auberge des Îles (45 euros, chambre avec moustiquaire) où le propriétaire, un Français expatrié depuis 20 ans, m'a conseillé une excursion en bateau vers les îles du Salut. J'ai payé 75 euros pour une demi-journée (départ 7 h 30 du quai). L'îlet royale est restée fermée pour restauration : grosse déception. On a fait le tour en bateau et mangé un carry de thon sur la plage de l'îlet du Diable (non, pas de prisonniers vivants depuis longtemps). La malaria était censée sévir ici ; j'ai enfilé les chemises longues malgré les 29 degrés d'eau. Le retour à Cayenne en minibus a été cauchemardesque : panne du moteur à 15 km du centre-ville. On est restés bloqués 45 minutes sur le bas-côté. Un passager grommelait contre le chauffeur qui tentait des réparations sommaires avec une clé anglaise. Ils ont fini par l'appeler par radio et un mécanicien est venu nous dépanner. Arrivé à 17 h au lieu de 14 h 30. Mes derniers jours ont été moins chargés. J'ai exploré les plages aux alentours : Remire-Montjoly est un peu décevante (plage étroite, eau marron), mais la baignade restait acceptable. Le restaurant L'Escalade au bord de l'eau (menu fruits de mer 28 euros) offrait une vraie vue sur l'océan Atlantique. J'ai goûté le colombo de cabri : viande tendre, sauce épicée sans abus. Un bar routier proche du port m'a permis de goûter les rhums agricoles locaux à 4 euros le verre (clairin bien lourd).

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Marché central de Cayenne, rue Molé : fruits frais et viande fumée, ouvert 6 h-14 h tous les jours

2

Restaurant Chez Laverne : soupe z'habitants et spécialités créoles (13-18 euros le plat)

3

Îles du Salut en bateau depuis Saint-Laurent-du-Maroni (75 euros, départ 7 h 30)

4

Musée des Cultures Guyanaises : histoire des peuples de la région sans matraquage touristique

5

Route vers Saint-Laurent : privilégier le minibus collectif le matin pour éviter chaleur de l'après-midi

Album · 10 photos

Photos — Cayenne

Cayenne et le Maroni : entre jungle étouffante et bienveillance créole
Cayenne — 2
Cayenne — 3
Cayenne — 4
Cayenne — 5
Cayenne — 6
Cayenne — 7
Cayenne — 8
Cayenne — 9
Cayenne — 10
Conclusion

Et au final.

La Guyane m'a dérangé autant qu'elle m'a plu. Le climat étouffant, les retards chroniques et les routes précaires usent vite. Mais les gens qu'on rencontre, surtout en dehors de Cayenne, réservent un accueil désarmant. Je reviendrais, mais moins longtemps, et j'éviterais décembre-janvier (saison des pluies).

En résumé

Avis Cayenne : carnet de voyage de 12 jours par marcguyanexplore

Destination
Cayenne →
Pays
Guyane →
Durée
12 jours
Période
novembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcguyanexplore →
L'essentiel

Cayenne en bref

Pourquoi choisir Cayenne

  • Rencontres authentiques avec population créole multilingue et bienveillante
  • Excursions uniques vers les îles du Salut et patrimoine pénal colonial
  • Marché central vibrant avec fruits exotiques et provisions bon marché
  • Immersion dans jungle équatoriale et écosystème fluvial intact
  • Accueil français avec infrastructure touristique basique mais fonctionnelle

Pour qui ?

  • Voyageurs aventureux acceptant infrastructures sommaires
  • Amateurs de patrimoine historique et colonial
  • Chercheurs d'authenticité et rencontres humaines
  • Explorateurs de nature tropicale brute
  • Budget routards tolérants aux imprévus

À éviter si…

  • Vous cherchez plages caribéennes paradisiaques et eau turquoise
  • Vous avez besoin de transports fiables et ponctuels
  • Vous craignez l'humidité extrême et le climat étouffant
  • Vous préférez confort hôtelier et infrastructure touristique développée
À découvrir aussi
Aéroport de Cayenne-RochambeauPlace des PalmistesMarché central rue MoléMusée des Cultures GuyanaisesSaint-Laurent-du-MaroniÎles du SalutÎlet RoyaleÎlet du DiableRemire-MontjolyOcéan AtlantiqueFleuve MaroniÎle de Cayenne

Photos communautaires : Cayenne

?
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
© Bagolina
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
© Bagolina
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Plage de Montabo
Plage de Montabo
© Bernard DUPONT
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Questions fréquentes

FAQ — Cayenne

Quel est le meilleur moment pour visiter Cayenne ?

Évitez décembre-janvier, saison des pluies intenses selon l'auteur. Les mois de septembre à novembre offrent un climat plus supportable, bien que l'humidité reste constante toute l'année (32 degrés en fin d'après-midi sont la norme).

Combien coûte un séjour à Cayenne pour un budget moyen ?

Comptez 65-75 euros par nuit pour un hôtel colonial décent, 13-28 euros par repas au restaurant. Les taxis coûtent 40 euros depuis l'aéroport, un minibus collectif 35 euros pour Saint-Laurent-du-Maroni (3h30). Les achats au marché central sont bon marché (banane 2 euros, poisson 8 euros/kg).

Les routes sont-elles sûres après 22 heures en Guyane ?

Non, selon l'avertissement du chauffeur de taxi. Les trajets nocturnes, particulièrement vers Saint-Laurent-du-Maroni, sont à éviter. Les minibus collectifs peuvent connaître des pannes graves causant des retards importants (45 minutes d'immobilisation observée).

Que voir absolument : Cayenne ou Saint-Laurent-du-Maroni ?

Cayenne offre le marché central rue Molé, la place des Palmistes et le Musée des Cultures Guyanaises (6 euros). Saint-Laurent permet une excursion vers les îles du Salut (75 euros/demi-journée). L'îlet royale était en restauration lors du passage, mais l'îlet du Diable reste accessible avec pique-nique.

Est-ce que la malaria est un risque réel en Guyane ?

Oui, le risque est présent notamment aux îles du Salut. L'auteur a porté des chemises longues malgré 29 degrés pour se protéger. Une prévention antipaludéenne est recommandée selon les zones.

Quelles spécialités culinaires locales faut-il goûter ?

La soupe z'habitants (13 euros chez Chez Laverne), le colombo de cabri avec sauce épicée, le carry de thon, et le clairin agricole local (4 euros le verre). Les mangues et fruits frais du marché central sont excellents et bon marché.

Comment se déplacer entre Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni ?

Le minibus collectif blanc est l'option (35 euros, 3h30 environ). Les arrêts fréquents du conducteur pour discuter allongent le trajet. Préférez les départs matinaux pour éviter les retours en fin de journée.

Les plages guyanaises valent-elles le détour ?

Remire-Montjoly est décevante : plage étroite, eau marron. Préférez les restaurants en bord de mer comme L'Escalade (menu fruits de mer 28 euros) pour la vue sur l'Atlantique plutôt que pour la baignade.