Cayenne et l'Île du Diable : entre jungle dense et histoire carcérale
CarnetGuyane20269 jours

Cayenne et l'Île du Diable : entre jungle dense et histoire carcérale

Nous avons débarqué à Cayenne un mardi matin par le vol Air Caraïbes en provenance de Fort-de-France. L'aéroport de Rochambeau, à 15 km du centre, nous a d'abord surpris par son absence totale de climatisation : 28 °C…

MA
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9 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons débarqué à Cayenne un mardi matin par le vol Air Caraïbes en provenance de Fort-de-France. L'aéroport de Rochambeau, à 15 km du centre, nous a d'abord surpris par son absence totale de climatisation : 28 °C et 85 % d'humidité dès 7 heures du matin. Le trajet en taxi collectif (un minibus Hyundai blanc cabossé) a coûté 15 euros par personne jusqu'à la Place des Palmistes. L'odeur de gaz d'échappement mélangée à celle de fleurs de bougainvillée m'a frappé tout de suite—très différent de la Martinique. Nous avons dormi à l'hôtel Le Chamois, rue Schoelcher, une bâtisse coloniale repeinte en jaune pâle. La chambre 204 était petite mais ventilée. Le petit-déjeuner (café très amer, pain au beurre local, goyave) était inclus. Le Wi-Fi ne fonctionnait qu'au rez-de-chaussée. Le mercredi, nous avons exploré le centre-ville à pied. La rue Molière grouillait de monde vers 10 heures : petits commerces, voitures mal garées, une atmosphère bruyante et un peu chaotique. Nous avons mangé au restaurant Tamarin Bleu (avenue de la Liberté) : un curry de crabe à 18 euros qui était très épicé, accompagné de rhum blanc local (Rhum Clement). Le serveur parlait vite et en créole ; nous n'avons compris que la moitié. Moment galère : il y avait une grève de taxis ce jour-là, annoncée sur aucun panneau. Nous ne l'avons su que en arrivant à la place. Nous avons marché une heure pour revenir à l'hôtel sous 32 °C. Jeudi, excursion organisée vers l'Île du Diable avec la compagnie Galibi Tours. Départ à 5 h 45 depuis la Place des Cocotiers. Le bruit du moteur du bateau (un Yamaha 40 chevaux) pendant 45 minutes nous a donné des bourdonnements dans les oreilles. Trois autres touristes étaient avec nous : un couple britannique et un Allemand en solo. L'île elle-même frappait par son silence absolu, contrasté. Les ruines du pénitencier (ouvert de 9 h à 17 h) sont restées debout, grises et rongées de mousse. Le guide, Carlos, nous a montré les chaînes encore accrochées aux murs de la cellule 47. Pas de sensationnalisme, juste des faits. La température en fin de matinée approchait 36 °C. Nous nous sommes baignés à 13 heures—l'eau était tiède et salée, très différente d'une piscine. Le vendredi, passage au Marché aux Épices de Cayenne, ouvert chaque matin de 6 h à 13 h. Odeurs intenses : curcuma, gingembre, clous de girofle. Les vendeurs criaient les prix. J'ai acheté un sachet de piment d'Espelette local pour 4 euros. Le marché n'était pas « exotique » au sens touristique du terme—c'était simplement un lieu de vie quotidienne où les gens se bousculaient. Samedi, nous avons pris le bus ligne 1 (Transguyanais) vers Remire-Montjoly, une banlieue balnéaire à 20 minutes. Le bus était climatisé mais bondé : 2,50 euros le ticket. La plage de Rorota était grise, peu profonde, et déjà encombrée vers 11 heures. Le restaurant Chez Papillon (en retrait de la plage) a servi une excellent fricassée de poisson à 16 euros, mais l'attente a duré 1 h 20. Le serveur semblait débordé et agacé. Moment moins agréable : un touriste français à la table d'à côté s'est énervé sur le prix du Prestige (bière locale), et cela a créé une tension étrange avec les propriétaires. Dimanche, repos à l'hôtel, puis visite du Musée Départemental (rue Dieulafoy). Entrée 6 euros, musée fermé entre 12 h et 14 h. Les collections sur l'esclavage et la Guyane hollandaise étaient sobres, bien documentées. Aucune mise en spectacle. Le lundi (départ), nous avons eu du mal à trouver un taxi pour l'aéroport. Le deuxième que nous avons appelé a mis 40 minutes à arriver. Coût final : 35 euros au lieu des 15 initiaux.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Île du Diable : les ruines du pénitencier, visite guidée avec Carlos (Galibi Tours), départ 5 h 45, 45 min de bateau

2

Restaurant Tamarin Bleu (avenue de la Liberté) : curry de crabe à 18 euros, rhum blanc local à 5 euros

3

Marché aux Épices de Cayenne : ouvert 6 h-13 h, odeurs intenses, curcuma et piment d'Espelette à 4 euros

4

Plage de Rorota (Remire-Montjoly) : accès par bus ligne 1 (2,50 euros), restaurant Chez Papillon, fricassée de poisson

5

Hôtel Le Chamois (rue Schoelcher) : petit-déjeuner inclus, climatisation moyenne, 65 euros/nuit

Album · 8 photos

Photos — Cayenne

Cayenne et l'Île du Diable : entre jungle dense et histoire carcérale
Cayenne — 2
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Cayenne — 8
Conclusion

Et au final.

Cayenne nous a plutôt déçus au premier abord : bruyante, désorganisée par endroits, l'accès touristique n'est pas aisé. Mais ce manque de lissage touristique était aussi son charme. Les gens sont chaleureux une fois qu'on arrête de se plaindre du climat. À refaire, nous aurions passé plus de temps à l'Île du Salut et moins en ville.

En résumé

Avis Cayenne : carnet de voyage de 9 jours par marcrousseau82

Destination
Cayenne →
Pays
Guyane →
Durée
9 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcrousseau82 →
L'essentiel

Cayenne en bref

Pourquoi choisir Cayenne

  • Île du Diable authentique avec ruines historiques du pénitencier non touristifiées
  • Immersion en vie locale réelle loin du tourisme standardisé et lissé
  • Marché aux épices vivant et traditions culinaires créoles et guyanaises
  • Coût modéré : repas 16-20€, transport 2,50-15€, musées 6€
  • Diversité culturelle et histoire coloniale complexe mal connue en Europe

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'authenticité et prêts à l'improvisation
  • Passionnés d'histoire carcérale et coloniale
  • Explorateurs tolérant à l'absence de confort touristique standard
  • Couples cherchant sortie des sentiers battus caribéens
  • Photographes attirés par atmosphère urbaine chaotique et brute

À éviter si…

  • Vous cherchez plages paradisiaques : plages grises, peu profondes, encombrées
  • Vous avez besoin d'une infrastructure touristique fluide et signalée
  • Vous fuyez l'humidité extrême et les températures au-delà de 35°C
  • Vous voulez WiFi fiable ou climatisation omniprésente
À découvrir aussi
Île du DiableÎle de SalutAéroport de RochambeauPlace des PalmistesRue MolièreAvenue de la LibertéRemire-MontjolyPlage de RorotaMarché aux Épices de CayenneMusée DépartementalPlace des CocotiersÎles du Salut

Photos communautaires : Cayenne

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Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
© Bagolina
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
© Bagolina
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Plage de Montabo
Plage de Montabo
© Bernard DUPONT
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Questions fréquentes

FAQ — Cayenne

Quel est le meilleur moment pour visiter Cayenne ?

Le récit souligne une humidité extrême (85% dès 7h du matin) et des températures approchant 36°C. La saison sèche de septembre à novembre ou février à avril offre des conditions plus supportables. Évitez la saison des pluies.

Comment accéder à l'Île du Diable depuis Cayenne ?

Des excursions organisées partent quotidiennement via des compagnies comme Galibi Tours. Le trajet en bateau motorisé dure environ 45 minutes depuis la Place des Cocotiers. Prévoyez protection solaire (36°C en fin de matinée) et comprenez que vous découvrirez les ruines du pénitencier historique plutôt qu'une destination balnéaire.

Faut-il réserver un taxi ou utiliser les transports en commun ?

Les taxis collectifs (minibus) coûtent 15 euros pour l'aéroport-centre-ville et les bus Transguyanais 2,50 euros. Attention : des grèves peuvent survenir sans annonce préalable. Pour l'aéroport au départ, comptez 35-40 minutes et prévoyez 35 euros si vous appelez un taxi en dernier moment.

Où manger à Cayenne et quel budget prévoir ?

Tamarin Bleu (avenue de la Liberté) propose des currys de crabe à 18 euros. Chez Papillon à Remire-Montjoly sert une fricassée de poisson à 16 euros mais avec 1h20 d'attente. Prévoyez 16-20 euros par repas dans les restaurants locals.

L'Île du Diable est-elle le seul site historique à visiter ?

Non. Le Musée Départemental (rue Dieulafoy, 6 euros, fermé 12h-14h) propose des collections sobres sur l'esclavage et la Guyane hollandaise. L'Île de Salut est également mentionnée comme digne d'intérêt. Le marché aux épices (6h-13h) offre une expérience de vie quotidienne authentique.

Quel est le climat et comment s'y préparer ?

Humidité oppressante (85%), températures entre 28-36°C. L'aéroport Rochambeau n'a pas de climatisation. Préférez des vêtements légers, respirants, et hydratez-vous régulièrement. Les différences de confort climatisé-extérieur sont choc thermique.

Cayenne est-elle adaptée aux touristes ? Est-elle facile d'accès ?

L'accès touristique n'est pas aisé : absence de panneaux informatifs, grèves imprévisibles, organisation chaotique. La ville est bruyante, avec une circulation désordonnée. Cependant, cette authenticité constitue aussi le charme de la destination pour qui accepte l'improvisation.

Peut-on trouver du Wi-Fi et quels services sont disponibles ?

Les hôtels comme Le Chamois offrent Wi-Fi limité (uniquement rez-de-chaussée). L'absence totale de climatisation à l'aéroport et l'accessibilité Internet variable signalent une infrastructure touristique en développement plutôt qu'établie.