Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à Cayenne un mardi matin par le vol Air Caraïbes en provenance de Fort-de-France. L'aéroport de Rochambeau, à 15 km du centre, nous a d'abord surpris par son absence totale de climatisation : 28 °C et 85 % d'humidité dès 7 heures du matin. Le trajet en taxi collectif (un minibus Hyundai blanc cabossé) a coûté 15 euros par personne jusqu'à la Place des Palmistes. L'odeur de gaz d'échappement mélangée à celle de fleurs de bougainvillée m'a frappé tout de suite—très différent de la Martinique. Nous avons dormi à l'hôtel Le Chamois, rue Schoelcher, une bâtisse coloniale repeinte en jaune pâle. La chambre 204 était petite mais ventilée. Le petit-déjeuner (café très amer, pain au beurre local, goyave) était inclus. Le Wi-Fi ne fonctionnait qu'au rez-de-chaussée. Le mercredi, nous avons exploré le centre-ville à pied. La rue Molière grouillait de monde vers 10 heures : petits commerces, voitures mal garées, une atmosphère bruyante et un peu chaotique. Nous avons mangé au restaurant Tamarin Bleu (avenue de la Liberté) : un curry de crabe à 18 euros qui était très épicé, accompagné de rhum blanc local (Rhum Clement). Le serveur parlait vite et en créole ; nous n'avons compris que la moitié. Moment galère : il y avait une grève de taxis ce jour-là, annoncée sur aucun panneau. Nous ne l'avons su que en arrivant à la place. Nous avons marché une heure pour revenir à l'hôtel sous 32 °C. Jeudi, excursion organisée vers l'Île du Diable avec la compagnie Galibi Tours. Départ à 5 h 45 depuis la Place des Cocotiers. Le bruit du moteur du bateau (un Yamaha 40 chevaux) pendant 45 minutes nous a donné des bourdonnements dans les oreilles. Trois autres touristes étaient avec nous : un couple britannique et un Allemand en solo. L'île elle-même frappait par son silence absolu, contrasté. Les ruines du pénitencier (ouvert de 9 h à 17 h) sont restées debout, grises et rongées de mousse. Le guide, Carlos, nous a montré les chaînes encore accrochées aux murs de la cellule 47. Pas de sensationnalisme, juste des faits. La température en fin de matinée approchait 36 °C. Nous nous sommes baignés à 13 heures—l'eau était tiède et salée, très différente d'une piscine. Le vendredi, passage au Marché aux Épices de Cayenne, ouvert chaque matin de 6 h à 13 h. Odeurs intenses : curcuma, gingembre, clous de girofle. Les vendeurs criaient les prix. J'ai acheté un sachet de piment d'Espelette local pour 4 euros. Le marché n'était pas « exotique » au sens touristique du terme—c'était simplement un lieu de vie quotidienne où les gens se bousculaient. Samedi, nous avons pris le bus ligne 1 (Transguyanais) vers Remire-Montjoly, une banlieue balnéaire à 20 minutes. Le bus était climatisé mais bondé : 2,50 euros le ticket. La plage de Rorota était grise, peu profonde, et déjà encombrée vers 11 heures. Le restaurant Chez Papillon (en retrait de la plage) a servi une excellent fricassée de poisson à 16 euros, mais l'attente a duré 1 h 20. Le serveur semblait débordé et agacé. Moment moins agréable : un touriste français à la table d'à côté s'est énervé sur le prix du Prestige (bière locale), et cela a créé une tension étrange avec les propriétaires. Dimanche, repos à l'hôtel, puis visite du Musée Départemental (rue Dieulafoy). Entrée 6 euros, musée fermé entre 12 h et 14 h. Les collections sur l'esclavage et la Guyane hollandaise étaient sobres, bien documentées. Aucune mise en spectacle. Le lundi (départ), nous avons eu du mal à trouver un taxi pour l'aéroport. Le deuxième que nous avons appelé a mis 40 minutes à arriver. Coût final : 35 euros au lieu des 15 initiaux.
Les bons plans repérés sur place.
Île du Diable : les ruines du pénitencier, visite guidée avec Carlos (Galibi Tours), départ 5 h 45, 45 min de bateau
Restaurant Tamarin Bleu (avenue de la Liberté) : curry de crabe à 18 euros, rhum blanc local à 5 euros
Marché aux Épices de Cayenne : ouvert 6 h-13 h, odeurs intenses, curcuma et piment d'Espelette à 4 euros
Plage de Rorota (Remire-Montjoly) : accès par bus ligne 1 (2,50 euros), restaurant Chez Papillon, fricassée de poisson
Hôtel Le Chamois (rue Schoelcher) : petit-déjeuner inclus, climatisation moyenne, 65 euros/nuit
Photos — Cayenne
Et au final.
Cayenne nous a plutôt déçus au premier abord : bruyante, désorganisée par endroits, l'accès touristique n'est pas aisé. Mais ce manque de lissage touristique était aussi son charme. Les gens sont chaleureux une fois qu'on arrête de se plaindre du climat. À refaire, nous aurions passé plus de temps à l'Île du Salut et moins en ville.








