Cayenne et l'Île du Diable : entre jungle éttouffante et histoire pénitentiaire
CarnetGuyane202610 jours

Cayenne et l'Île du Diable : entre jungle éttouffante et histoire pénitentiaire

Nous sommes arrivés à l'aéroport Félix Eboué de Cayenne un mardi matin vers 8 h 30, après un vol Air Caraïbes depuis la Martinique. La chaleur nous a frappé immédiatement en descendant de l'avion : 32 °C avec 90 %…

MA
Publié le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous sommes arrivés à l'aéroport Félix Eboué de Cayenne un mardi matin vers 8 h 30, après un vol Air Caraïbes depuis la Martinique. La chaleur nous a frappé immédiatement en descendant de l'avion : 32 °C avec 90 % d'humidité. Pas désagréable, juste étouffant. Nous avons pris un taxi blanc classique (13 euros) jusqu'à notre hôtel, l'Hôtel Mercure Cayenne, un bâtiment en béton des années 1980 face à la place des Palmistes. Premiers pas dans la capitale guyanaise Cayenne n'est pas ce qu'on attend d'une métropole des Caraïbes. C'est une ville étouffante, visqueuse, où les rues collent aux pieds et où l'odeur de moisi monte des caniveaux. Nous avons marché jusqu'au marché de Madame Payé vers 9 h, seul moment cool avant que le soleil devienne vraiment hostile. Les étals débordaient de fruits qu'on ne trouve nulle part ailleurs : caramboles rouges, fruits de la passion violets, christophines. Une femme nous a proposé un jus de melon d'eau frais pour 2,50 euros. Excellent. Les vendeurs parlent fort, les prix ne sont pas affichés, il faut négocier. Nous avons raté ça les deux premiers jours, nous payions trop cher. Le moment marquant arrive le lendemain. En fin d'après-midi, nous nous sommes perdus en cherchant la Cathédrale Saint-Sauveur. Nous avons erré quarante-cinq minutes dans des ruelles humides, passant devant des façades jaunes décaties, puis soudain, on tombe sur cette cathédrale jaune vif construite entièrement en bois (bois de supabeli résistant aux termites), érigée en 1884. L'intérieur sent l'encens mélangé à la moisissure tropicale. Silencieux, frais, on entend juste les ventilateurs qui tournent. Pour la première fois depuis notre arrivée, je n'avais pas l'impression d'étouffer. L'excursion à l'Île du Diable Le jour 4, nous avons pris la route vers Remire-Montjoly pour embarquer sur une pirogue qui nous menait aux Îles du Salut. Le bus « Citrac » numéro 5 partait de la gare routière centrale tous les demi-heures (3,50 euros par trajet). Arrivée à 7 h 30, départ du bateau à 8 h 45 depuis le port. Le moteur de la pirogue faisait un bruit d'enfer. Quinze minutes en haute mer, les vagues nous éclaboussaient, ça sentait le carburant et le sel. L'Île du Diable, c'est surtout des ruines. Nous avons grillé 2 h sur place avec un guide assez indifférent à nous expliquer que Dreyfus a été enfermé dans cette cellule de 4 mètres carrés pendant des années. Les cachots sont restés là, les chaînes aussi. C'est lugubre, mais moins immersif qu'on l'imaginait. L'après-midi sur l'Île Royale était plus supportable : plus de verdure, quelques vestiges militaires, des iguanes immobiles sur les murs. Nous avons mangé une crevette grillée au restaurant du port pour 18 euros. Bien servie, un peu trop salée. Retour au port vers 17 h 30. Catastrophe : le bus numéro 5 ne circulait plus après 19 h. Nous avons pris un taxi de retour à Cayenne pour 35 euros (au lieu des 3,50 euros en bus). Le chauffeur a pris un détour « pour l'essence », nous avons compris trop tard. C'est une arnaque classique, le guide de l'hôtel aurait pu nous le dire. Exploration et routines culinaires Les autres jours, nous avons flâné. Le restaurant « La Créole Gourmande » près de la place des Palmistes sert une rougail saucisse correcte pour 12 euros. Le café « Au 52 » (adresse : 52 rue Lafayette) fait des petits déjeuners corrects, œufs-bacon-pain grillé pour 8 euros. Nous y sommes retournés quatre matins de suite parce que les chambres de l'hôtel n'avaient pas de climatisation correcte et nous nous levions à 5 h 30 en sueur. La Promenade de la Mère-Grand au bord du fleuve Mahury est agréable en fin d'après-midi, quand le soleil baisse. Des pêcheurs lancent leurs filets, les enfants jouent, des vendeurs ambulants proposent des beignets (1,50 euro). Nous avons tenté une excursion en pirogue sur le fleuve Mahury avec une agence locale. Promesse de voir des singes et des caïmans. Nous avons vu deux singes loin, très loin, et aucun caïman. Coût : 55 euros par personne, 3 heures. Le guide parlait peu, le trajet était bruyant. Déception complète. Derniers jours et ambiance générale La Guyane, c'est une destination compliquée. Pas de plages vraiment accueillantes (le littoral est vaseux, pas touristique). Les gens sont plutôt réservés, pas d'abus mais peu d'enthousiasme. La langue locale, c'est le français, mais avec un accent et des créolismes qui nous ont échappé les premiers jours. La gastronomie est correcte mais pas exceptionnelle (beaucoup de riz, de féculents). Les prix sont élevés (c'est un département français, les marges commerciales sont hautes). L'humidité est permanente, nos vêtements collaient à la peau même après lavage. Le jour 9, nous avons trouvé un bar « Le Planteur » dans le quartier de Monthabor où l'ambiance était réelle, moins touristique. Quelques locals, du rhum agricole guyanais (qualité inférieure au rhum martiniquais, plus amer), des conversations dans un créole qu'on ne comprenait qu'à moitié. C'était bon de quitter la zone d'hôtel.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Cathédrale Saint-Sauveur de Cayenne : bâtiment en bois jaune vif (1884), intérieur frais et calme, entrée libre

2

Marché Madame Payé tôt le matin (avant 9 h) pour acheter les fruits tropicaux et jus frais sans se faire arnaquer

3

Îles du Salut en pirogue depuis Remire-Montjoly : ruines de l'Île du Diable et cellule de Dreyfus, bus numéro 5 (retour avant 19 h sinon taxi obligatoire)

4

Restaurant La Créole Gourmande pour la cuisine locale authentique et bon rapport qualité-prix

5

Promenade de la Mère-Grand en fin d'après-midi quand le soleil baisse et la chaleur devient supportable

Album · 9 photos

Photos — Cayenne

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Cayenne — 2
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Cayenne — 9
Conclusion

Et au final.

La Guyane nous a mis mal à l'aise avant de nous intéresser. C'est un endroit brut, pas aménagé pour le tourisme, où il faut chercher pour trouver. Les Îles du Salut valent le coup malgré la déception relative, Cayenne a du charme dès qu'on oublie d'y chercher des vacances faciles. À refaire ? Oui, mais plus court et avec une meilleure préparation. L'humidité constante et les prix restent les pires ennemis d'un séjour serein.

En résumé

Avis Cayenne : carnet de voyage de 10 jours par marcaventures42

Destination
Cayenne
Pays
Guyane
Durée
10 jours
Période
août · Été
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcaventures42

Photos communautaires : Cayenne

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Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
© Bagolina
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
Cote de Cayenne près de Montabo, décembre 2016
© Bagolina
Cayenne
Cayenne
© mlcastle
Cayenne
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Cayenne
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Plage de Montabo
Plage de Montabo
© Bernard DUPONT
Cayenne
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Questions fréquentes

FAQ — Cayenne

Quand partir à Cayenne ?

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Quel budget prévoir pour 10 jours à Cayenne ?

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Que faire à Cayenne ?

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Combien de jours pour visiter Cayenne ?

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Comment se rendre à Cayenne ?

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