Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport de Bratislava (M.R. Štefánika) un mardi matin vers 7h30, après un vol Ryanair depuis Lyon pas trop secoué. L'odeur caractéristique du café fort slovaque nous a frappés dès la cafétéria : un mélange de chicorée et de torréfaction intense qu'on n'oublie pas. Premier choc culturel mineur : le bus numéro 61 depuis l'aéroport coûte 2 euros, pas de ticket papier, il faut utiliser l'appli Bratislava Mobilita. J'ai galéré pendant 15 minutes avant de comprendre, coincé à côté d'une dame qui regardait mon téléphone avec un sourire moqueur. On a logé à la Pension Michalská, une petite auberge cachée dans la vieille ville, rue Michalská. La proprio, Mária, parlait anglais avec un accent à couper au couteau mais une gentillesse absolue. Les chambres dataient clairement des années 90, le radiateur faisait du bruit la nuit, mais les 35 euros par nuit c'était honnête pour le quartier. La chambre donnait sur la place principale (Hlavné námestie), où on voyait l'église Matthias bleue et blanche. On prenait le petit déj au café Sedemnásti na Dubovej, une micro-cafétéria avec trois tables où la barista préparait un cappuccino pur beurre pour 2,50 euros. Les trois jours à BratislavaOn a grimpé direct au château de Bratislava le premier jour, après avoir mangé à 11h30 une soupe à la goulasch (gulášová polievka) au restaurant Prešporok : 4,80 euros, copieux, avec un goût de paprika qu'on sentait encore deux heures après. Le château en pierre grise surplombait tout, on voyait la Danube s'étirer vers la Hongrie. L'audio-guide en français était bugué, on a eu droit à des explications aléatoires sur la vie de Marie-Thérèse. Retour par l'escalier en colimaçon : mes jambes criaient grâce. Deuxième jour, on a trainé à pied dans la vieille ville, on a vu le portail d'Ében (porte gothique du XIVe siècle), puis on s'est assis à la terrasse du café Modrý Koník. J'ai commandé un frappé « Slovenský ľadový čaj » (thé glacé slovaque) : goût de miel, glaçons qui tintaient doucement, 3 euros. On s'est endormis une heure au soleil, oubliant qu'on était censés aller au musée de la Révolution. Pas grave, on a compensé en allant boire une Urpiner (bière locale) au bar Bachus, un endroit vraiment enfumé où trois retraités jouaient aux dominos en ignorant superbement les touristes. L'expédition aux TatrasMercredi matin, train 6h45 depuis la Bratislavská hlavná stanica vers Poprad-Tatry, trajet de 3h45 on va dire. Wagon bleu pâle, toilettes fermées pour « maintenance », un passager qui parlait fort au téléphone dès 7h. On a payé 16 euros le billet aller-simple. Poprad c'est une ville grise, un peu déprimante, mais de là on pouvait accéder aux Tatras en cogibus ou à pied. On a loué une chambre chez l'habitant (Airbnb) à Tatranská Lomnica pour 40 euros, petit appart sombre avec une vue sur les pentes nues de la montagne. Jeudi, randonnée Skalnate Pleso : on s'est levés à 5h45 pour prendre le téléphuérique (cable-car) à 6h30. Première vraie galère : la queue serpentait déjà, on a attendu 40 minutes avant de monter. L'air frais du matin, l'odeur de sapin écrasé, les cris des marmottes au loin. Une fois en haut (2100m), le sentier vers Téryho Chata était gelé par endroits malgré qu'on soit en septembre. Une Suissesse devant nous s'est tassée trois fois. La cabane Téryho Chata (petit refuge) proposait une bryndzové halušky (gnocchis à la saumure de fromage de brebis) pour 7 euros. Le plat était... honnêtement gras et savoureux, presque trop riche après 4h de marche. On a vomi un peu trois km plus tard. Retour par le même sentier, le soir tombait sec vers 19h. Les jambes tremblaient, on s'est arrêtés deux fois pour s'asseoir sur des rochers. Une fille d'un groupe allemand s'était foulé la cheville, les secouristes (Horská záchranná služba) l'ont évacuée en 40 minutes à peine. On s'est endormis en rentrant à 21h, avant même de manger. Retour à Bratislava et départLes trois derniers jours, on a été mous. On s'est contenté de marcher sans but à Bratislava, on a visité le musée de la Pharmacie (Múzeum Uhorskej medikíny), plutôt anecdotique, 5 euros. Au Danubiana Meulensteen Art Museum, installation d'art contemporain bizarre au milieu d'une presqu'île, on s'est demandé ce qu'on foutait là. Vol retour dimanche 15h10 depuis l'aéroport. On a attendu deux heures en salle d'embarquement, l'hôtesse Ryanair nous a hurlée après parce qu'on était trois minutes trop tard pour l'enregistrement des bagages.
Les bons plans repérés sur place.
Château de Bratislava au coucher (vue sur la Danube depuis la terrasse nord, gratuit)
Goulash à Prešporok, rue Sedemnásti na Dubovej (vraiment savoureux, 4,80 euros)
Randonnée Skalnate Pleso vers Téryho Chata (départ 6h30, monter à 2100m, l'air des Tatras sent le sapin)
Café Sedemnásti na Dubovej pour le cappuccino (2,50 euros, micro terrasse sur la vieille ville)
Train vers Poprad (6h45 depuis la gare principale, paysages ruraux slovaques, 16 euros)
Photos — Bratislava / Haut Tatras
Et au final.
La Slovaquie, c'est pas un coup de foudre touristique, mais ça vaut le coup pour trois ou quatre jours si on aime les petits pays moins packagés. Bratislava c'est cool, les Tatras c'est physique et bien vrai. Ma déception principale : j'ai trouvé les prix un peu moins faibles qu'attendu (inflation aidant), et l'atmosphère de Poprad nous a vraiment gonflés.
