Comment ça s'est passé.
On a atterri à Bratislava un dimanche matin, 7h30, avec ce genre de froid sec qui vous pique les poumons. L'aéroport est petit, bien organisé. On a pris le bus 61 direction le centre pour 1,50 euro — les habitants regardaient leur téléphone, personne ne parlait. La ville capitale ressemble à ce qu'on imaginerait d'une ex-ville soviétique qui aurait fait un effort : des façades jaunes pâle, des toits de tuiles rouges, le Danube qui coule gris-bleu. On s'est logés à l'hôtel Marrol's Boutique Hotel rue Tobrucká, chambre avec radiateur qui ronflait la nuit. Le petit-déj était correct : pain de seigle, fromage local blanc, confiture. 18 euros la nuit. On a marché jusqu'à la Vieille Ville (Stare Mesto), c'est vraiment exigu — des ruelles où deux personnes se croisent à peine, des restaurants avec des chaises métalliques qui grinçaient. On a mangé au Prešporok : suppé — c'est la soupe à la betterave, aigre, avec des croûtons. 6 euros le bol. Ça sent fort, les oignons rôtis, la viande fumée qui sort des cuisines. C'était bon mais lourd. Le château de Bratislava (Bratislavský hrad), on l'a visité le lundi. C'est un truc qui surplombe tout, blanc cassé, un peu vieillot. 12 euros l'entrée. Les salles étaient quasi vides — des vitres poussiéreuses, des objets datant d'on ne sait quand. La vue sur la Vieille Ville depuis la terrasse valait le coup : tu vois les toits, la cathédrale Sainte-Martin avec sa tour dorée, et puis le fleuve derrière. On a croisé un groupe de touristes allemands qui prenaient 300 photos du même angle. Mercredi, on a loué une voiture (Avis, 35 euros/jour) pour remonter vers les Hautes Tatras. La route du nord est sinueuse, passe par Žilina (endroit gris). On a dormi à Poprad, à 20 minutes des montagnes. L'hôtel était basique, radiateur froid malgré la température extérieure qui frôlait -5°C. On a regretté de ne pas avoir mieux préparé. Jeudi, levé à 5h30 — on voulait être sur le sentier avant la pluie. On a pris le funiculaire du Lomnický štít (12 euros). L'air là-haut était glacial, il y avait du givre sur les pierres, ça craquait sous les chaussures. On a croisé une femme slovaque avec son fils, elle nous a dit qu'en janvier c'est encore plus fou comme froid. La vue sur les pics enneigés était clairement spectaculaire, mais on était trop grelottants pour rester longtemps. Redescendre m'a soulagé. La galère du voyage : jeudi soir, on a eu une crevaison au retour vers Poprad. On attendu 2h le dépannage (entreprise Autocasco, ils ont été corrects mais lents). Coût : 45 euros. C'est un truc qui change l'humeur — tu te dis que tu aurais pu prendre le train, qu'on est bête de louer une voiture en hiver en montagne. On a goûté la bryndzové halušky le vendredi chez Sedlák — c'est des gnocchis de pommes de terre avec un fromage blanc fermenté qui sent très fort. 5 euros. Franchement, c'est une expérience culinaire : le fromage a un goût presque de yaourt aigre, c'est salé, ça surprend. Pas mauvais. Pas inoubliable non plus. Samedi, on a pris le train regional depuis Poprad vers Liptovský Mikuláš (ligne 570, 8 euros). C'est un petit train qui serpente, passe par des villages aux maisons blanches avec des jardins vides. À Liptovský Mikuláš on a visité l'église gothique, juste histoire de voir. Rien d'extraordinaire. On a mangé du goulash au Slovenský čin (7 euros) — la viande était molle, un peu trop cuite. Retour à Bratislava dimanche matin (bus FlixBus, 15 euros, 3h45 de trajet). On avait les jambes molles. Last-minute shopping au marché Farmer's Market près du château (samedi matin) : fromages locaux, miel, petites choses. Les vendeurs parlaient peu anglais, on a dû montrer du doigt.
Les bons plans repérés sur place.
Château de Bratislava (Bratislavský hrad) — terrasse avec vue 360° sur la Vieille Ville et le Danube
Sentier du Lomnický štít aux Hautes Tatras — levé à 5h30, givre sur les pierres, froid sec à -5°C
Prešporok restaurant rue Sedlárska — suppé (soupe à la betterave) et viande fumée locale
Bus 61 de l'aéroport vers le centre (1,50 euro, 20 minutes) — plus pratique qu'un taxi
Bryndzové halušky chez Sedlák à Poprad — gnocchis avec fromage blanc fermenté à 5 euros
Photos — Bratislava / Hautes Tatras
Et au final.
La Slovaquie, c'est un pays qu'on oublie facilement. Bratislava est charmante mais touristique, les Tatras sont impressionnantes mais glaciales en hiver. On n'a pas eu le « moment de grâce » qu'on espérait — juste une balade solide, avec de bons repas et des paysages corrects. On reviendrait peut-être en été.
