Comment ça s'est passé.
On a décidé de tenter la Slovaquie en novembre, ce qui s'est avéré être une bonne et une mauvaise idée à la fois. Arrivée à l'aéroport de Bratislava Ivanka à 14 h 30 via Wizz Air depuis Lyon, on a pris le bus 61 (1,20 €) jusqu'à la gare centrale de Bratislava Hlavná Stanica. Le trajet dure 35 minutes et les routes étaient déjà mouillées. On a logé à l'Hôtel Marrol's Boutique quatre nuits. Chambre correcte, petit-déj buffet avec du bryndzové halušky (les pâtes à la feta/fromage blanc slovaque) à volonté. Le goût salé et légèrement aigre du fromage blanc local m'a surpris, bien moins sucré que ce qu'on mange en France. La proprio de l'hôtel parlait un français étonnamment bon et nous a recommandé le restaurant Promenáda pour le dîner. On y a mangé une soupe à l'oignon avec du pain de seigle pour 3,50 € et un gulasch de cerf pour 9,80 €. Le gulasch était servi tellement chaud que j'ai quasiment pas pu le toucher les 10 premières minutes. Bratislava elle-même, c'est pas ce qu'on attendait. Le château (Bratislavský Hrad) domine la ville de haut, on y a grimpé à pied le matin du deuxième jour. Les escaliers en pierre etaient imbibés de pluie froide. Une fois en haut, la vue sur le Danube et les toits rouges est correcte mais pas transcendante. À l'intérieur, le musée des châteaux est un peu mou, 6 € l'entrée. On a zappé. À la place, on a traîné à la Stara Town, la vieille ville, où on a pris un café à la terrasse du café Maximilian's malgré les 12°C et l'humidité qui vous rentre dans les os. Le café était raisonnablement bon (2,80 € pour un cappuccino). Le troisième jour, on a pris le train à 7 h 15 depuis Bratislava Hlavná Stanica en direction de Poprad, dans le Haut Tatras. Trajet de 3 h 45 en ŽSR (compagnie slovaque), un peu à l'ancienne, mais on a eu une place assise. 18 € par personne. De Poprad, bus local jusqu'à Starý Smokovec (le cœur de la station). Là, on a réservé une chambre d'hôte chez une proprio qui s'appelait Zuzana. Elle parlait peu l'anglais, ce qui nous a joué des tours : on a manqué le dîner prévu parce qu'elle l'avait préparé pour 18 h et on était pas revenus de la rando. Les Tatras, c'est impressionnant visuellement. Les pics rocheux sortent comme des dents cariées du brouillard. On a fait la rando Czarny Staw le quatrième jour, départ à 6 h 30 du matin avec lampe frontale. 10 °C en bas, gelée blanc immaculée dès 1500 m. À mi-chemin, un orage s'est levé sans prévenir, le ciel est devenu gris acier en 5 minutes. Panique totale. On a croisé des randos plus aguerris qui nous ont conseillé de redescendre vite, qu'un orage dans les montagnes, c'est pas à prendre à la légère. On a abandonné le sommet à 1 h 45 de rando. C'est frustrant, mais les orages en montagne, ça pardonne pas. Au retour à Starý Smokovec, on s'est acheté une bryndzová polievka (soupe au fromage) au petit resto du village pour 4,20 €. Chaud, réconfortant, légèrement piquant. Ça a sauvé la journée mentalement. On a aussi visité le lac Strbské Pleso, glacé à moitié. C'est là qu'on s'est rendu compte que notre GPS avait merdé et qu'on avait marché 45 minutes dans le mauvais sens. Pas grave en soi, mais ça montre qu'il faut vraiment bien préparer ses rando si tu veux pas te retrouver perdu à la fraîcheur. Le paysage en contrebas, avec les nuages qui s'enroulent autour des pics, c'était quand même du spectacle, même sans vocabulaire ampoulé. Retour à Bratislava le dernier jour en train matin (7 h 50 depuis Poprad). On a dîné un dernier coup à Bratislava au restaurant Modrý Peter, spécialisé dans la cuisine régionale slovaque. Palacinky au fromage blanc sucré et confiture (les crêpes locales) pour 6 € en dessert. On a pris notre vol Wizz Air à 20 h 15 direction Lyon.
Les bons plans repérés sur place.
Château de Bratislava depuis la ruelle Panska : vue sur le Danube et la campagne slovaque au-delà
Rando Czarny Staw aux Tatras : départ pré-aube, lac gelé, pics rocheux sortant du brouillard
Bryndzové halušky à l'Hôtel Marrol's : les vraies pâtes slovaques au fromage blanc, version locale
Train ŽSR Bratislava-Poprad : 3 h 45 de trajet rural, regarder les villages défiler par la fenêtre
Lac Strbské Pleso : à mi-hauteur des Tatras, point de vue dégagé sur les pics (si pas de brouillard)
Photos — Bratislava & Haut Tatras
Et au final.
La Slovaquie, c'est moins touristique et moins cher qu'on pensait, ce qui rend le voyage honnête. Bratislava déçoit un peu (ville petite, pas assez pour un vrai séjour urbain), mais les Tatras valent vraiment le coup si la météo coopère. On aurait préféré un mois moins pluvieux et moins froid pour les randos. À refaire, mais en été.
