Comment ça s'est passé.
Arrivée à Belgrad le 3 novembre par le vol Air Serbia 215 en début d'après-midi. Température 8°C, ciel gris. L'aéroport Nikola Tesla est à 20 km du centre ; j'ai pris le bus 72 direct pour 300 dinars (2,50 euros) jusqu'à Slavija, où j'ai descendu mes bagages à l'hôtel Balkan, rue Prizrenska 2, chambre avec vue partielle sur le Danube. La réceptionniste parlait un français approximatif, très sympa, tarif 45 euros la nuit. Premier jour consacré à Stari Grad, la vieille ville. J'ai marché le long de la Obilicev Venac, ce marché ouvert où traînent des stands de fruits secs et d'épices — le parfum du laurier et de la coriandre collait partout sur mes vêtements, même après avoir quitté les lieux. Au détour de la rue Dusan Popovic, j'ai trouvé une petite taverna appelée Madera, où j'ai mangé un plat de pljeskavica (version serbe du hamburger, garnit de fromage local et d'oignon) pour 450 dinars. La viande grillée dégageait une odeur de fumée dense, presque oppressante dans le petit restaurant bondé à 19h. La forteresse et l'imprévu Deuxième jour : visite de la Forteresse de Kalemegdan. J'ai décidé d'y aller à pied depuis l'hôtel, ce qui a pris 35 minutes. Les murs en pierre jaune de la forteresse datent du 15e siècle ; de là on voit l'île de la Grande Guerre sur le Danube, qui était complètement gelée en surface ce jour-là — les eaux vertes et froides dégageaient une sorte de vapeur froide qui piquait au visage. L'entrée coûte 300 dinars, les toilettes publiques à côté sentaient mauvais, détail dégoûtant mais vrai. Moment marquant : en descendant, j'ai croisé un musicien qui jouait du gusle (instrument à cordes) juste à la porte d'entrée. Il avait environ 70 ans, complètement détaché des touristes, jouant une mélodie qui durait au moins cinq minutes sans interruption. Personne ne lui donnait un dinar. Je me suis arrêtée, j'ai écouté, et j'ai compris ce jour-là qu'on pouvait croiser l'histoire simplement en prenant son temps. Galère transport et découverte culinaire Troisième jour, j'ai pris le tram 7 pour aller à Zemun, quartier historique sur la rive opposée du Danube. Problème : je ne savais pas trop où descendre. Une femme m'a arrêtée et m'a dit « Kalemegdan » ; elle parlait de la forteresse, pas de Zemun. J'ai raté mon arrêt et je me suis retrouvée à la gare ferroviaire de Beograd, rue Mihaila Mihaila — 20 minutes de marche inutile. Frustrant. J'ai finalement atteint Zemun par un autre tram. Là, dans un petit café appelé Mala Privreda, rue Nikolajevska, j'ai découvert les ćevapi, petites brochettes de viande hachée servies avec du pain plat et des oignons crus. 400 dinars. Goût salé, texture poreuse, combinaison inattendue avec le pain chaud qui renait sous la dent. C'est devenu mon repas de base pour les trois jours suivants. Vers Zemun et le marché Zemun offre une vue complètement différente : tour jaune dominant, rues pavées en pente. J'ai passé cinq heures à flâner. Au marché de Nikolajevska, j'ai vu des vendeurs de fromage de brebis faire fondre le produit sous les yeux des clients ; l'odeur était acre, presque salée, très déroutante. J'en ai acheté 200 grammes (environ 2 euros) et c'était effectivement très bon, croûte dure, cœur fondant. Le soir du cinquième jour, j'ai été à une kafana (auberge traditionnelle) appelée Kafana Tri Bela Platana, près de la place Terazije. Atmosphère épaisse : hommes âgés jouant aux cartes, televisions allumées partout, odeur de rakija (eau-de-vie locale) qui dominait tout l'air. J'ai commandé un petit verre de rakija aux prunes et un burek au fromage (200 dinars). Le rakija brûlait en descendant, vraiment. J'ai parlé à un vieux monsieur à la table voisine qui m'a expliqué qu'il venait ici depuis 1987. Moment authentique, mais bruyant et sans confort. Bilan des derniers jours Sixième et septième jour : musée d'Art Contemporain, puis bain turc à Rudarski, rue Dusan Popovic (prix 600 dinars, expérience chaude et humide, peau crampe après 25 minutes). Vie normale de la ville. J'ai visité aussi le musée Nikola Tesla, rue Krunska 51, où on peut voir son appareil de transmission sans fil. Les collections sont bien présentées mais l'endroit sentait la poussière très fortement. Dernier jour, marché aux puces à Kalenić, tôt le matin vers 7h30. Fruits et légumes en grande quantité, vendeurs qui criaient leurs prix en serbe. Pas de paroles simples d'anglais, communication par gestes. J'ai reparti avec des raisins secs. Vol retour à 16h : tram 72 de nouveau, cette fois sans me perdre.
Les bons plans repérés sur place.
Forteresse de Kalemegdan : entrée 300 dinars, vue sur le Danube gelé et musicien au gusle
Marché Obilicev Venac : odeur d'épices, taverna Madera pour la pljeskavica (450 dinars)
Zemun et sa tour jaune : tram 7, marché de Nikolajevska avec fromage de brebis (2 euros)
Kafana Tri Bela Platana près de Terazije : rakija aux prunes (200 dinars), ambiance vieux Belgrad
Musée Tesla, rue Krunska 51 : appareil de transmission, intérieur poussiéreux mais instructif
Et au final.
Belgrad m'a surprise : beaucoup plus réelle que touristique. Les gens sont directs, pas toujours souriants, mais intéressants si on prend le temps. J'aurais aimé rester plus longtemps pour sortir de la ville vers les chutes de Kozjak ou les monastères du sud, mais huit jours c'était court. Le point faible : la propreté des rues et des transports laisse à désirer en novembre.







