Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport de Nikola Tesla le 3 septembre à 14h30, après un vol Serbian Airways depuis Paris. L'aéroport est à 12 km du centre, donc on a pris le bus 72 qui nous a déposés près de la gare centrale en 45 minutes pour 300 dinars. Les conducteurs de bus à Belgrade sont des pilotes de rallye, c'est certain. Premiers pas sur Knez MihailovaOn s'est installés à l'hôtel Balkan, rue Prizrenska 2, une vieille bâtisse austro-hongroise avec du parquet qui craque la nuit. La chambre 312 donnait sur une cour intérieure, plutôt calme. 65 euros la nuit, petit-déj inclus. C'était correct, rien d'exceptionnel. Dès le lendemain matin, on a marché jusqu'à Knez Mihailova, la rue piétonne principale. L'odeur de burek frais montait des boulangeries—ce mélange de pâte feuilletée et de fromage de brebis qu'on trouve partout. On a mangé un burek-fromage au café Pjaca (2,50 euros) assis sur la terrasse. La serveuse parlait allemand mais pas français, on a mimé et c'est passé. La forteresse de Kalemegdan et le choc du DanubeKalemegdan se dresse au-dessus de la confluence du Danube et de la Save. On y est allés le matin, vers 10h, quand il y avait moins de touristes. L'entrée coûte 400 dinars. En haut des murailles, j'ai été frappé par l'eau grise du fleuve—pas du tout la couleur « bleue » qu'on raconte. Ça faisait froid dans le dos, honnêtement, de voir ce fleuve si imposant et si peu poétique. Les vieilles canonnières rouillées qui restent sur les murs rappellent les bombardements de 1999. À midi, on s'est perdus en redescendant et on a échoué dans une taverne familliale, Kafana Tri Bela Gosa (une vraie kafana, pas une version Disney). Le propriétaire, un type d'une soixantaine d'années, ne parlait que le serbe. Il nous a servi un goulash qu'on n'avait pas commandé en montrant simplement sa casserole. 8 euros pour deux portions avec du pain. Le goulash était riche, presque lourd, un peu trop salé à mon goût. Mais c'est ça, une kafana—on mange ce qu'il y a. La galère du marché Zeleni VenacOn a voulu aller au marché Zeleni Venac un samedi matin, dimanche on s'était dit. En arrivant le jeudi, on s'est rendu compte qu'il ferme en semaine à 15h et on était là à 15h30. Raté. Le samedi, on y est retournés à 9h du matin. C'était un chaos total—des étals débordant de paprika, de tomates, de fromage de chèvre qui dégoulinait. L'odeur des oignons et de la terre mélangée était oppressante, presque écœurante après deux minutes. On a acheté des tomates et du fromage local pour le reste de la semaine. Les prix affichés et les prix réels ne correspondent jamais—faut négocier, mais en anglais, pas en français. Nuits à Beton HalaUn soir, on nous a recommandé le quartier de Beton Hala pour sortir. On a pris le tram 7 vers 22h. Le bar Drugstore, une ancienne friche reconvertie, était full de jeunes Belgrадois. Une rakia (eau-de-vie locale) coûtait 1,50 euro. C'était brûlant, ça brûle l'estomac, ça remonte dans le nez. J'en ai bu deux verres et j'ai arrêté. La musique était un mélange de techno et de musique folklorique—très bizarres mélange les premiers cinq minutes, puis on s'y fait. Un couple à la table d'à côté fumait des cigarettes sans arrêt—la Serbie n'a pas l'air d'avoir découvert l'interdiction de fumer en terrasse. Église Saborna et muséesL'église Saborna, dans le centre, est massive et sombre à l'intérieur. Les icônes dorées sur les murs sont impressionnantes par leur nombres, même si on n'est pas religieux. Entrée libre. On n'y est restés que 15 minutes. Le Musée de Tito, à Mauzolej (c'est le bâtiment où est enterré Tito), was en rénovation quand on est passés. Déception. Flotteurs sur la Save et restaurants du coinOn a essayé de manger au restaurant Karadjordjeva Terasa, qui donne sur la Save. C'était le soir du 7 septembre. On a attendu 45 minutes une table dehors—le serveur avait « oublié » notre réservation, bien qu'on l'ait confirmée. On a changé de restau du jour au lendemain et on est allés à Salon, rue Makedonska. Le risotto avec du cepe était bon (14 euros). La bière locale, Jelen, était froide et bien servie. Musée de Nikola TeslaOn a consacré un après-midi au musée de Nikola Tesla, rue Krunska 51. C'est un petit musée dans une maison bourgeoise. Honnêtement, les explications étaient surtout en serbe et quelques panneaux en anglais, donc on a déchiffré en regardant les appareils. Les bobines de Tesla sont impressionnantes à voir en vrai. L'entrée coûtait 400 dinars.
Les bons plans repérés sur place.
Kalemegdan au lever du jour (pas la cohue d'après 11h) : les anciennes murailles offrent une vue sur le Danube gris qui s'étire
Burek-fromage au café Pjaca sur Knez Mihailova : moins de 3 euros, accueil sans prétention
Kafana Tri Bela Gosa pour un goulash serbe hors des circuits : le proprio sert ce qu'il y a, pas de menu en anglais
Tram 7 jusqu'à Beton Hala pour une nuit techno-folklorique : c'est là que vous comprenez Belgrade
Musée de Nikola Tesla : petit et un peu désuet, mais les bobines d'énergie en vrai valent le détour (pas cher)
Photos — Belgrade
Et au final.
Belgrade respire une sorte de détermination un peu rude, sans fioriture. Ce n'est pas une ville belle au sens touristique—c'est une ville qui remet debout son squelette, pierre par pierre. J'aurais aimé avoir plus de temps et parler le serbe pour vraiment discuter. Ce qu'on a moins aimé, c'est l'ambiance étrangement vide de certains quartiers le soir, et le manque de mobilité sans voiture.








