Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Bandar Seri Begawan un mardi matin à 6h30, après une nuit en avion avec Royal Brunei Airlines. Le terminal était presque vide. En sortant du bâtiment, j'ai senti d'emblée cette humidité collante et chaude du Brunei, mélangée à l'odeur caractéristique des palétuviers proches. La capitale nous a d'abord semblé étrangement calme pour une ville de 30 000 habitants. Nous avons pris un taxi officiel (une vieille Honda bleue, sans compteur, tarif convenu 25 BND soit environ 15 euros) jusqu'à notre hôtel, le Brunei Hotel au centre-ville. Le chauffeur nous a expliqué en anglais que le Brunei était fermé le dimanche — presque tout ferme pour le shopping et la vie religieuse. Le bâtiment datait des années 1980 mais restait propre, chambre 312, vue sur la rivière Brunei. Les mosquées, cœur pulsantLe premier jour, levé à 5h30 pour atteindre la Mosquée Jame'Asr Hassanil Bolkiah avant 7 heures. C'est un édifice blanc et or massif, dominant la rive sud de Bandar Seri Begawan. L'entrée est gratuite. À l'intérieur, le silence était presque suffocant, brisé seulement par l'écho des pas sur le marbre et les murmures des premiers fidèles. J'ai ôté mes chaussures, mis des chaussettes blanches louées (2 BND). La lumière du matin traversait les vitraux teintés, créant des ombres bleues et ambrées sur le sol. C'était imposant mais pas touristique — nous étions les seuls visiteurs non musulmans. Ensuite, nous avons marché jusqu'à la Mosquée Nurul Iman, résidence officielle du Sultan, visible depuis les berges. On ne peut pas y entrer sans invitation, mais le bâtiment bleu et doré était magnifique depuis la promenade. Le marché, les petits repas et les galères quotidiennesLe marché central (Pasar Gadong) nous a accueillis mercredi en fin d'après-midi. L'odeur de poisson grillé et de citronnelle frappait immédiatement. Nous avons mangé au comptoir du fond : nasi kuning et poulet satay (5 BND la portion). Le goût était riche, épicé sans agressivité. Une femme vendeuse m'a proposé des tempeh frit, nous avons dit oui machinalement — elle m'en a donné une pleine assiette (1 BND). C'était croquant, salé. Mais en sortant du marché, nous avons réalisé que notre bus (le numéro 1, censé nous ramener à l'hôtel) avait changé d'itinéraire — un malentendu classique. Nous avons marché 2 km sous une chaleur moite avant de le trouver. Nous avons aussi essayé le Jerudong Park Playground, un parc d'attractions en perte de vitesse avec des manèges rouillés des années 1990. Entrée gratuite. C'était vide, un peu mélancolique. Nous n'avons pas resté longtemps. La jungle de TemburongJeudi, nous avons pris un speedboat vers le district de Temburong (30 minutes depuis le Bandar Seri Begawan waterfront, 10 BND par personne). La traversée était secouée, détrempante. Arrivés au Ulu Temburong National Park, un guide local nous a accompagnés sur le sentier de la canopée. Nous avons grimpé une structure en bois de 50 mètres au-dessus de la forêt. De là-haut, la vue était étouffante de vert dense. Le bruit : des crickets, des oiseaux lointains, l'eau qui s'écoule quelque part en bas. La température semblait chuter de 5 degrés à cette altitude. Un moment où j'ai vraiment senti que nous étions loin, très loin de tout. Le guide nous a montré des traces de berang (loutre) et des empreintes de sanglier. Pas d'animaux en vue mais l'expérience était crue, directe. Retour en speedboat le soir, trempés et exténués. Restaurants et vie nocturne (modeste)Pour dîner, nous avons testé le Nasi Lemak Brunei House (petit restaurant sans prétention près de Gadong, plats 6-8 BND). Le nasi lemak était bon : riz à la noix de coco, œuf frit, anchois croquants. Mais il faut comprendre que Bandar Seri Begawan n'est pas une ville de sorties. Pas de bars. Pas de vie nocturne. Les Brunéiens boivent peu (l'alcool est interdit en public). Nous avons regardé des films à l'hôtel. Samedi, nous avons visité le Brunei Museum (3 BND l'entrée, fermé les lundis). Collection respectueuse mais restreinte, peu d'explications en anglais. Nous avons vu des textiles traditionnels et des objets royaux. C'était gris, tranquille. Les plages et le resteMuara Beach, l'une des rares plages accessibles, était bondée le dimanche — jour de congé. Eau gris-marron à cause des alluvions de la rivière. Pas très invitant. Nous n'y sommes restés qu'une heure. Les boutiques duty-free de l'aéroport ont offert une distraction finale avant de partir.
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée Jame'Asr Hassanil Bolkiah : arriver à l'aube, entrer par l'aile ouest, observer l'intérieur depuis la galerie des visiteurs
Ulu Temburong National Park : speedboat depuis Waterfront Bandar (ligne verte), canopy walk de 50m, raisonnablement exigeant physiquement
Pasar Gadong : manger au comptoir du fond à la fermeture (16h30), nasi kuning et satay pour moins de 7 euros
Jambatan Pemancar (pont piétonnier) : traverser au coucher du soleil, vue sur les maisons flottantes traditionnelles
Brunei Museum : gratuit le mercredi, collections de textile songket et objets royaux anciens (ferme de 12h à 14h30)
Photos — Bandar Seri Begawan
Et au final.
Le Brunei n'était pas ce que nous attendions. Pas de fête, pas de chaos urbain, une société très encadrée et silencieuse. Mais c'était justement ça qui fonctionnait : une pause forcée, une immersion dans un rythme différent. La Mosquée Jame'Asr et Ulu Temburong valaient le détour. En revanche, la vie nocturne inexistante et certains restaurants touristiques surcotés nous ont déçus. À recommander pour qui cherche la contemplation, pas pour qui veut du mouvement.








