Comment ça s'est passé.
Levé à 5h30 pour le vol RB101 de Royal Brunei Airlines depuis Kuala Lumpur. Arrivée à l'aéroport international de Brunei vers 7h45 — c'est petit, très petit, presque étrange après trois semaines en Malaisie. Taxi jusqu'à l'Hôtel Centrepoint (blocs jaunes posés au cœur de la ville), chambres correctes, 80 BND la nuit avec petit-déj. Première impression en sortant de la climatisation : l'air est lourd, chaud collant, ça sent l'essence et la végétation mouillée. Le Brunei c'est 80 % d'eau et de forêt — vous le sentez avant de le voir. Jour 2, marché flottant de Gadong. Je pensais trouver un souk bondé façon Bangkok, mais non. C'est plutôt calme, organisé, avec des vendeurs assis sous des tentes bleues qui vendent des fruits du dragon et du poisson sec fumé à 3-4 BND le kilo. J'ai acheté des brioches à la vanille chez Tamu Kianggeh — le nom m'a plu, c'est sur l'eau, littéralement sur des pontons en bois. Odeur de sucre caramélisé et de poisson grillé mélangées. Un vieux monsieur en sarong m'a vendu un nasi lemak emballé dans une feuille de banane pour 2,50 BND. Le riz sentait vraiment la noix de coco grillée, c'était bon mais gras, j'ai senti la transpiration sur mon front aussitôt. La Mosquée Jame'asr Hassanil Bolkiah m'a déçu en premier abord — trop touristique, trop propre, trop doré. J'ai dû enlever mes chaussures, puis on m'a donné une robe bleue synthétique (moite, je transpirais dedans). Mais en fin d'après-midi vers 17h, lors de l'appel du Maghreb, quelque chose s'est changé. Les murs intérieurs sont couverts de mosaïques vert pâle et or, la voix du muezzin rebondissait sur le dôme. J'ai senti une sorte de poids tomber. C'est bête à dire mais c'est le moment où j'ai vraiment compris être ailleurs. Un moment marquant, pas par la beauté postcard mais par l'acoustique et le silence des fidèles autour. Grosse galère jour 4 : bus local inexistant ou presque. Les gens de mon hôtel m'ont dit « il y a des bus publics ». Ouais, bien sûr. J'ai attendu 45 minutes à l'arrêt Gadong en plein soleil, un bus gris (numéro 4) est arrivé avec 15 personnes dedans, il s'est arrêté 2 secondes et a redémarré. J'ai finalement pris un Uber jusqu'à Kampong Ayer (le vieux village lacustre) pour 8 BND. Les maisons sur pilotis sont bien réelles, pas du cinéma. Elles penchent pas mal. J'aurais du mal à dormir dessus. Échange rapide avec un pêcheur qui vendait des crevettes fraîches au bateau — il parlait que le malay, sourires à la place des mots, ça a marché. Jour 5-6, forêt de Ulu Temburong en bateau rapide depuis Bandar (30 BND l'aller). Deux heures de route, puis on sort du bateau et il faut marcher 40 minutes en jungle. L'air devient tellement dense et humide que respirer c'était comme boire. Sons constants d'oiseaux invisibles et d'insectes. On arrive à Canopy Walkway, des passerelles en hauteur au-dessus des arbres. J'ai eu le vertige en vrai (pas jeu de mots). Vue sur une mer de végétation à perte de vue, grenouilles bruyantes partout. Déjeuner au lodge : curry brunéien avec du riz et des légumes, 15 BND, très bon. Goût sucré-salé, épicé mais pas trop. Restaurant Aminah Arif pour du poulet rôti traditionnel le jour 7. Small alley derrière la mosque, local vraiment local. Le poulet à la broche tourne depuis le matin, ça sent la peau croustillante et le miel. Servi avec du riz gluant et une sauce piquante verte. 12 BND pour deux personnes, c'était généreux. Pas d'anglais, pas de menu écrit. Vous pointez le doigt sur la poule que vous voulez. Jeudi avant de partir, beach de Muara (30 km nord). Sable gris pas très attrayant, eau tiède, pollution un peu visible à l'horizon (plateformes pétrolières). Mais j'ai compris que le Brunei n'est pas une destination de plage. C'est plutôt un spot pour observer comment fonctionne un petit pays ultra-riche où l'alcool est quasi interdit (les happy hours c'est zéro), où tout le monde a l'air d'aller bien — pas de mendicants, pas de vendeurs harcelants. Ça fait bizarre après trois semaines en Asie du Sud-Est classique.
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée Jame'asr Hassanil Bolkiah à 17h (appel du Maghreb, dôme or massif)
Marché Tamu Kianggeh (ponton en bois, brioches à la vanille, ambiance locale)
Canopy Walkway à Ulu Temburong (passerelles dans la jungle, 40 min de marche)
Restaurant Aminah Arif (poulet rôti traditionnel, 12 BND, pas de menu écrit)
Kampong Ayer (village lacustre, bateau Uber à 8 BND, pêcheurs à bord)
Et au final.
Le Brunei, c'est un pays discret qui ne cherche pas à te plaire. J'ai moins aimé l'absence totale de transports en commun efficaces et le sentiment qu'on paie très cher pour une expérience très « safe » mais un peu plate. Par contre, les gens sont courtois, l'eau est propre, et la jungle existe vraiment — pas que des photos Instagram.







