Comment ça s'est passé.
On a atterri à Abidjan un mardi matin, 6h15, à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny. L'air était déjà chaud et humide, collant aux vêtements avant même de passer la douane. Première galère : notre valise n'a pas suivi le même avion. Le type au comptoir Air Côte d'Ivoire a juste haussé les épaules en disant « demain peut-être ». Spoiler : elle est arrivée trois jours après. On s'est installés au Novotel Abidjan, rue de la Corniche, face à la baie. La chambre coûtait 89 euros la nuit. Pas luxe, mais climatisé et avec vue. Le premier choc : le bruit. La circulation d'Abidjan ne s'arrête jamais. Klaxons, musique des petits bus blanc et bleu surchargés, vendeurs qui crient à 5h du matin. On s'y habitue après deux jours. Les marchés et les premiers contactsMercredi, on a traîné vers le Marché de Cocody. C'est à 15 minutes à pied du centre. Là, les odeurs : mélange de manioc frit, de poisson séché et de sueur. Les femmes vendaient des fruits de la passion à 500 francs CFA le kilo (moins d'un euro). On a acheté des attiéké accompagnés de sauce graine chez une dame qui tenait un petit étal près des escaliers du marché. Le plat coûtait 2000 CFA (3 euros). L'attiéké, c'est de la semoule de manioc granuleuse avec du poisson fumé : c'était bon, mais j'ai eu une crampe d'estomac le lendemain. Peut-être l'eau, peut-être la chaleur qui ne nous lâchait pas. On a pris un taxi-brousse pour Yamoussoukro le jeudi matin, 5h30, gare d'Adjamé. Neuf euros par personne. Le trajet : trois heures et demie dans un minibus Mercedes surpeuplé avec 14 personnes. L'air conditionné brisé. J'ai assis à côté d'une femme qui vendait des tissus à Abidjan, elle m'a expliqué en français qu'elle allez voir sa mère. Pas de vraie « connexion humaine magique », juste une conversation normale, mais ça passe le temps. Yamoussoukro : la basilique et le troubleLa Basilique Notre-Dame de la Paix nous a frappés dès qu'on a vu les proportions. On y est arrivés à 9h. L'édifice est blanc, colossal, construit en 1989. C'était samedi, il y avait une messe en français. On est restés 45 minutes. Le silence à l'intérieur contrastait violemment avec le chaos dehors. L'air était frais, glacial même après la chaleur qu'on venait de vivre. C'est devenu mon moment marquant du voyage : le passage du bruit à ce calme presque troublant. L'entrée coûte 5000 CFA (7,60 euros). On a mangé au restaurant La Nouvelle Auberge, à côté, une omelette au fromage et des bananes plantain frites pour 3500 CFA (5,30 euros). Le serveur a dû relancer deux fois le cuisinier, attente d'une heure pour un plat simple. Pas de catastrophe, mais la lenteur vous agace quand il fait 34 degrés. Dimanche, visite du Musée de Yamoussoukro. Fermé. Panneau écrit à la main : « Réouverture samedi prochain ». On n'a pas traîné, c'était décourageant. On s'est baladés plutôt vers le Lac Retenu de Yamoussoukro, un truc sans grand intérêt touristique, juste une étendue d'eau grise avec quelques pirogues. Pas photogénique. Retour et impressions finalesOn a pris un taxi-brousse retour lundi à 7h depuis la station centrale. Sept euros. Trois heures à respirer l'essence d'un moteur diesel vieux de vingt ans. Arrivés à Abidjan vers 10h30, on est allés faire un dernier repas au restaurant Le Plateau, une chaîne ivoirienne qui fait du poulet braisé. Assiette à 4500 CFA (6,80 euros). Pas mauvais, un peu gras. Abidjan est sale, bruyante, imprévisible. Yamoussoukro est quasiment une ville fantôme en dehors du sanctuaire. Mais il y a quelque chose d'honnête dans ce désordre. Pas de belles façades artificielles. Les gens bossent, vendent, crient, rient. On n'est pas venu chercher la tranquillité, on a trouvé juste ça : du réel.
Les bons plans repérés sur place.
Basilique Notre-Dame de la Paix à Yamoussoukro : entrez dès l'ouverture (8h) avant la foule des pèlerins
Marché de Cocody (Abidjan, rue du Commerce) : attiéké-sauce graine à 2000 CFA, vrai goût du quartier
Taxi-brousse gare d'Adjamé : compagnie Sotra, départ 5h30 quotidiens pour Yamoussoukro, 9 euros
Restaurant Le Plateau (centre Abidjan) : poulet braisé 4500 CFA, point de repère fiable et pas cher
Novotel Abidjan Corniche : chambre vue baie 89 euros, climatisation qui fonctionne, WiFi stable
Photos — Abidjan
Et au final.
Douze jours trop courts et une valise qui n'a pas suivi : bilan mitigé sur le plan pratique. Mais on reviendrait. Yamoussoukro m'a déçu comparé à ses proportions colossales, la basilique reste le seul point fort. Abidjan fatigue, mais elle te grandit.








