Abidjan et la lagune Ébrié : entre chaos urbain et douceur côtière
CarnetCote d'Ivoire202610 jours

Abidjan et la lagune Ébrié : entre chaos urbain et douceur côtière

Nous avons débarqué à Abidjan un jeudi matin vers 6 h 30, après un vol Air France avec escale à Casablanca. L'aéroport Félix Houphouët-Boigny sentait déjà la moiteur tropicale mélangée aux vapeurs de carburant. Mon…

MA
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons débarqué à Abidjan un jeudi matin vers 6 h 30, après un vol Air France avec escale à Casablanca. L'aéroport Félix Houphouët-Boigny sentait déjà la moiteur tropicale mélangée aux vapeurs de carburant. Mon collègue a tout de suite commenté : « Bienvenue au cœur du chaos ». Nous avons pris un taxi blanc depuis le terminal – numérotation inexistante, juste une entente verbale sur le prix (25 000 CFA pour Plateau) – et c'est là que les choses se sont compliquées. Le trajet qui aurait dû prendre 45 minutes en a pris deux. Bouchons monstrueux sur la route de Marcory, tôle ondulée, motos-taxi surgissant de nulle part. Le chauffeur, sympathique mais pressé, ne cessait de klaxonner. J'ai appris que c'était normal. Bienvenue. Notre hôtel, le Novotel Abidjan, était situé à Cocody. Chambre standard, climatisation qui ronronnait comme un moteur diesel, vue partielle sur la lagune Ébrié. Le petit déjeuner (8 500 CFA) proposait des œufs à la coque, pain français frais, et du café Ivoirien avec un goût terreux que j'ai aimé dès la première gorgée. Les voisins de table parlaient affaires en français avec des intonations très différentes du Québec ou de Suisse. Mercredi matin, levé à 5 h pour explorer le Marché de Treichville – nous n'avions pas vraiment compris où aller, juste une adresse griffonnée. Les bus publics (impossibles à identifier, faut juste crier la destination au conducteur) étaient déjà bondés à 5 h 45. Nous avons opté pour un taxi. Le marché : c'était un déferlage de couleurs, de cris, de débris. Odeur d'épices, de poisson fumé, d'ordures. Des femmes vendaient des pyramides de tomates, d'oignons, des tas de tubercules que je ne savais pas nommer. Nous avons acheté des attiéké (semoule de manioc, 2 000 CFA le sachet) qu'une vendeuse a fourré dans un plastique noir sans nous laisser vraiment le choix. Honnêtement, c'était bon, mais pas « révélateur » comme présenté dans les guides. Jeudi, nous nous sommes aventurés dans le quartier du Plateau – le centre-ville « propre » avec ses tours de verre et ses banques. Restaurant Chez Soua : aloko (bananes frites) avec sauce arachide et poisson braisé. Plat complet pour 8 000 CFA. C'était savoureux, riche, un peu trop gras peut-être. La serveuse a dû nous expliquer trois fois que non, il n'y avait pas de réservation nécessaire. Ici, on rentre, on mange, on paie. La vraie galère : nous voulions visiter le Musée National d'Abidjan vendredi. Horaires affichés (9 h-17 h), sauf qu'en arrivant à 10 h 30, c'était fermé « pour maintenance ». Aucun panneau précisant depuis quand. Le gardien, peu bavard, a haussé les épaules. Nous avons perdu un billet d'entrée (5 000 CFA) et deux heures. C'est du Côte d'Ivoire, m'a dit une expatriée française croisée au café : « Les horaires, c'est plus une suggestion qu'une certitude ». Le moment marquant : samedi après-midi sur la Plage de Bassam, à environ 45 km d'Abidjan (minibus blanc de la gare de Yopougon, 3 000 CFA, route cahotante). Petit village balnéaire, sable gris, eau tiède. Nous nous sommes assis chez Chez Konan, un restaurant de paillotes où un vieux monsieur nous a servi du poisson grillé entier (3 500 CFA) avec des citrons frais tranchés épais. Il y a eu un moment où j'ai juste écouté les vagues, les conversations en dioula autour, senti le sel sur ma peau. C'était tranquille, réel, dépourvu de cette tension qu'on traîne à Abidjan. Dimanche, dernière journée, nous avons traversé la lagune Ébrié en « woro » (bateau collectif) depuis le débarcadère de Treichville jusqu'à l'île de Marcory. Tarif : 1 500 CFA. Moteur puissant, éclaboussures, ciel gris. Voir Abidjan depuis l'eau, c'est différent – moins écrasant, plus dispersé. Odeur de poisson pourri mélangé à l'essence. Nous avons terminé à l'Hôtel Ivoire (enfin un endroit touristique classique) pour des poutines au crabe au bar Le Lagon – 6 500 CFA pour deux avec une bière Flag locale. Ambiance internationale, touristes, expatriés. Le charme disparu.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Marché de Treichville : y aller dès 6 h du matin, prendre un taxi partagé bleu et blanc, essayer l'attiéké chaud directement du bac

2

Plage de Bassam à 45 km : minibus de Yopougon, déjeuner de poisson grillé entier chez Chez Konan pour moins de 5 euros

3

Traversée en woro (bateau collectif) depuis Treichville : 1 500 CFA pour voir Abidjan depuis la lagune Ébrié

4

Restaurant Chez Soua au Plateau : aloko-sauce arachide, atmosphère locale, pas de réservation, plats généreux

5

Musée National d'Abidjan : vérifier avant d'y aller (souvent fermé de façon imprévisible), terrasse agréable si ouvert

Album · 6 photos

Photos — Abidjan

Abidjan et la lagune Ébrié : entre chaos urbain et douceur côtière
Abidjan — 2
Abidjan — 3
Abidjan — 4
Abidjan — 5
Abidjan — 6
Conclusion

Et au final.

Abidjan, c'est une ville de friction : belle et difficile à la fois. Pas lisible, pas confortable pour le voyageur occidental habitué aux repères. Nous aurions aimé plus de temps pour vraiment nous enfoncer dans les quartiers populaires, moins brûler sur les sites touristiques. Le chaos des transports nous a rongés.

En résumé

Avis Abidjan : carnet de voyage de 10 jours par marcgravel

Destination
Abidjan
Pays
Cote d'Ivoire
Durée
10 jours
Période
juillet · Été
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcgravel
L'essentiel

Abidjan en bref

Pourquoi choisir Abidjan

  • Immersion authentique dans la vie urbaine ouest-africaine sans filtrage touristique
  • Lagune Ébrié accessible via worokos pour perspective unique sur la ville depuis l'eau
  • Plages proches comme Bassam offrant calme et poisson grillé frais à bas prix
  • Gastronomie locale riche et abordable, attiéké et aloko dans les marchés vivants
  • Dépaysement complet pour voyageurs en quête de réalité brute et non standardisée

Pour qui ?

  • Voyageurs aventuriers acceptant le chaos urbain et l'imprévisibilité
  • Amateurs de cuisine authentique et marchés populaires colorés
  • Professionnels en mission Abidjan cherchant authenticité hors des zones touristiques
  • Couples en quête de détente côtière et moments simples à la plage
  • Anthropologues urbains intéressés par la vie réelle africaine

À éviter si…

  • Vous cherchez une destination confortable, lisible et prévisible à la occidentale
  • Vous exigez ponctualité et fiabilité horaire des musées et services publics
  • Vous redoutez les bouchons monstrueux, motos-taxi chaotiques et stress routier
  • Vous souhaitez un environnement aseptisé, climatisé et sans frictions
À découvrir aussi
Lagune ÉbriéAéroport Félix Houphouët-BoignyQuartier du PlateauQuartier de CocodyMarché de TreichvillePlage de BassamÎle de MarcoryQuartier de YopougonQuartier de MarcoryMusée National d'AbidjanHôtel IvoireDébarcadère de Treichville

Photos communautaires : Abidjan

?
Unilever Côte d'Ivoire
Unilever Côte d'Ivoire
© abdallahh
Flicks from Cote d'Ivoire
Flicks from Cote d'Ivoire
© nova3web
Flicks from Cote d'Ivoire
Flicks from Cote d'Ivoire
© nova3web
Flicks from Cote d'Ivoire
Flicks from Cote d'Ivoire
© nova3web
Flicks from Cote d'Ivoire
Flicks from Cote d'Ivoire
© nova3web
Flicks from Cote d'Ivoire
Flicks from Cote d'Ivoire
© nova3web
Flicks from Cote d'Ivoire
Flicks from Cote d'Ivoire
© nova3web
Flicks from Cote d'Ivoire
Flicks from Cote d'Ivoire
© nova3web
Questions fréquentes

FAQ — Abidjan

Quel est le meilleur moyen de se déplacer à Abidjan ?

Les taxis blancs sans compteur sont courants (négociation verbale du prix). Les bus publics existent mais sont difficiles à identifier. Pour les trajets courts en lagune, les worokos (bateaux collectifs) à 1 500 CFA offrent une expérience authentique. Prévoyez du temps : le trajet de l'aéroport au Plateau peut durer 2 heures en cas de bouchon.

Où manger une cuisine locale authentique ?

Le Marché de Treichville propose attiéké et tubercules à bas prix (2 000 CFA). Chez Soua au Plateau offre aloko, sauce arachide et poisson braisé pour 8 000 CFA. Pour une expérience balnéaire, Chez Konan à Bassam sert du poisson grillé entier à 3 500 CFA avec vue sur l'océan.

Quand visiter Abidjan et la lagune Ébrié ?

La période sèche (novembre à mars) est préférable pour éviter les pluies. L'aéroport Félix Houphouët-Boigny reçoit des vols réguliers d'Air France avec escale à Casablanca. La lagune Ébrié est accessible toute l'année via les débarcadères de Treichville.

Les horaires affichés des musées et sites sont-ils fiables ?

Non. Le Musée National d'Abidjan affichait 9 h-17 h mais était fermé sans préavis le jour de la visite pour maintenance. Les horaires en Côte d'Ivoire fonctionnent davantage comme des suggestions. Consultez sur place avant de planifier.

Quel est le coût de la vie à Abidjan ?

Très abordable pour les voyageurs : taxi aéroport 25 000 CFA, petit déj hôtel 8 500 CFA, repas au restaurant 8 000 CFA, traversée lagune 1 500 CFA, billet musée 5 000 CFA. Les hébergements de moyenne gamme comme le Novotel offrent confort et vue.

Quelle est l'atmosphère générale d'Abidjan ?

Chaotique mais vivante. Le Plateau offre une face corporate avec tours et banques. Les quartiers populaires (Treichville, Yopougon) sont denses, colorés, bruyants. Les plages comme Bassam à 45 km procurent détente et authenticité loin de la tension urbaine.

Comment accéder à Bassam depuis Abidjan ?

Minibus blanc depuis la gare de Yopougon, 3 000 CFA, environ 45 km de route cahotante. Petit village balnéaire avec restaurants de paillotes. Idéal pour une journée de détente loin du chaos urbain.