Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan vers 14h30, après un vol Air Côte d'Ivoire depuis Dakar. Chaleur moite immédiate, 32°C à l'ombre, l'air sent la fumée de diesel et l'océan lointain. Les formalités ont pris deux heures — pas de réelle galère, juste la vitesse ivoirienne. J'ai pris un taxi blanc avec le chauffeur Kouadio qui m'a menacé de tripler le prix en route : négociation classique, on s'est mis d'accord sur 8 000 FCFA (12 euros) pour rejoindre le Plateau, le centre-ville. L'hôtel, le Novotel Abidjan, situé au bord de la lagune, offrait une vue correcte mais les chambres sentaient l'humidité. La climatisation faisait un bruit d'enfer. En contrepartie, le restaurant de l'établissement servait un aloco-poisson bien exécuté (aloco frit avec du poisson grillé) pour 6 500 FCFA (10 euros). J'ai évité le bar à touristes sur le rooftop — trop cher, trop vide à 18h. Le marché de Treichville : chaos organiséLe lendemain, départ à 5h45 pour le marché de Treichville avant la chaleur maximale. Takro n° 40 (minibus local) depuis la gare routière d'Adjamé — 500 FCFA (moins d'un euro), trajet 45 minutes avec arrêts fréquents. Le marché explose d'odeurs : poisson séché, épices, fruits fermentés. Bruit continu, marchandages en dioula et français mélangés, femmes qui crient les prix, enfants qui touchent tes vêtements. J'ai acheté des mangues à une vendeuse, Mme Aïssa, qui m'a vendu deux kilos pour 2 000 FCFA au lieu des 3 500 affichés. Elle m'a aussi préparé un gâteau à l'huile de palme encore chaud (700 FCFA) — sucré, gras, délicieux. Le moment où j'ai marché dans une flaque d'eau stagnante en plein marché restera mémorable. Une lésion à la cheville, rien de grave, mais humiliant. Le port des tongs en Afrique de l'Ouest devient une responsabilité morale. Yamoussoukro et sa basilique démesuréeTrois heures de route depuis Abidjan via la gare routière Sotra au Plateau. Minibus Sotra (compagnie nationale) à 5 500 FCFA (8,50 euros). Route correcte mais lente, arrêts fréquents pour des contrôles routiers. Arrivée à midi. Yamoussoukro surprend : ville vide, avenues trop larges, architecture de prestige sans énergie. La Basilique Notre-Dame de la Paix domine tout — dôme blanc de 158 mètres, visible à 20 km. Entrée 3 000 FCFA (4,50 euros), visite guidée obligatoire par un prêtre âgé. L'intérieur gèle sous la climatisation, c'est presque inconfortable. Les vitraux racontent la vie du Christ en style très années 1980. Le contraste entre cette structure colossale et la ville endormie autour reste étrange — on sent moins de foi que de prestige politique. J'ai dormi à l'Hôtel President, chambre basique, 18 000 FCFA (27 euros), avec une vue sur la basilique depuis le balcon. Le restaurant a servi un riz-sauce à l'arachide correct mais sans saveur particulière. Retour à Abidjan et cocotier blancDerniers jours au bord de la lagune. Plage de Vridi, au sud d'Abidjan, accessible en bateau-taxi depuis le Plateau (500 FCFA). Sable gris, eau trouble, moins beau qu'attendu. Il y a un petit resto, « Chez Fatou », où j'ai mangé un plateau de crevettes grillées avec riz et sauce tomate pour 7 000 FCFA (10,50 euros). Sensation thermique agréable en fin d'après-midi, vers 17h, quand le soleil tape moins fort et que la brise océanique refroidit enfin l'atmosphère. Les derniers soirs, j'ai exploré le quartier de Cocody, plus huppé. Restaurant français-ivoirien « Le Phoenicia » : steak frites 12 000 FCFA (18 euros) — on ne venait pas en Côte d'Ivoire pour ça. Bar « Maquis du Coin » (bar traditionnel très local) beaucoup plus vivant, avec de la musique zouglou en direct, bières Flag à 1 000 FCFA (1,50 euro), ambiance décontractée de vrais gens.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Treichville : y aller tôt, repérer les vendeuses de manger-manger frais, porter des tongs
Basilique Notre-Dame de la Paix à Yamoussoukro : visite guidée obligatoire, durée 2h, entrée 3 000 FCFA
Maquis du Coin à Cocody : musique zouglou chaque soir, 1 000 FCFA la bière, arrive après 20h
Plage de Vridi : bateau-taxi depuis le Plateau coûte 500 FCFA, mieux en fin d'après-midi
Restaurant Le Phoenicia ou petits devantures de rue : tester l'attiéké-poisson ou le riz-sauce à l'arachide, budget 4-7 000 FCFA
Photos — Abidjan, Yamoussoukro
Et au final.
Douze jours qui oscillent entre fascination et frustration. Abidjan manque de charme comparée à Dakar ou Accra — trop chaotique, pas assez organisée. Yamoussoukro ennuie presque. Mais les gens, la gastronomie simple et généreuse, les retrouvailles avec une Afrique de l'Ouest pulsante valaient le coup. À éviter : la saison des pluies (juin-septembre), les taxis sans compteur et les restaurants d'hôtel de chaîne.
