Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 à l'hôtel Ivoire (Plateau), j'ai observé la lagune Ébrié qui commence à peine à respirer. L'air chaud et humide dès l'aube, cette sensation de colle sur la peau qu'on n'oublie pas. Petit déjeuner au restaurant de l'hôtel : café très sucré, pain français correct, papaya mangée avec les doigts en regardant les pirogues de pêcheurs. Premier choc : 8 500 francs CFA pour un café et un croissant. Monnaie locale incontournable, pas facile de s'y retrouver au début. Le marché Treichville m'a happé dès le jour 2. J'ai pris un taxi blanc depuis Plateau vers 7 h du matin (3 000 CFA pour dix minutes de route). Le chaos organisé des étals : odeur de poisson fumé mélangée à celle des agrumes et du gingembre frais, une densité humaine presque étouffante. Vendeurs qui crient les prix du riz, du maïs, des tomates. J'ai acheté des makems (petits beignets épicés) à une femme assise par terre, 200 CFA les cinq. Goût salé et croquant, huile qui dégouline sur les doigts. On m'a arnaqué sur un prix d'accras au début en me donnant 2 500 CFA au lieu de 1 500 CFA. La vendeuse a feint de ne pas comprendre mon français. Galère mineure mais ça m'a rappelé qu'il faut négocier partout. Puis Yamoussoukro, capitale administrative, à deux heures au nord. J'ai pris un bus Air Côte d'Ivoire (compagnie fiable) à 9 h depuis la gare routière Anoumabo. Trajet bondé, climatisation qui marche par à-coups. Arrivée à 11 h 45, je me suis dirigé vers la basilique Notre-Dame-de-la-Paix. Construction immense, presque vide à midi, froide malgré la chaleur dehors. J'ai payé 2 500 CFA l'entrée, pris des photos stupides. Moment marquant : en redescendant, j'ai croisé des fidèles qui priaient seuls dans les bancs. Silence quasi total. Ça m'a rappelé l'isolation de ces grands monuments religieux en Afrique de l'Ouest. Retour à Abidjan le jour 5 pour explorer les plages. Marcory Beach n'a rien de paradisiaque : eau gris-beige, quelques touristes et locaux. Mais c'est là que j'ai mangé du poisson grillé chez Chez Coulibaly, petit restaurant de plage sans nom affiché. Propriétaire qui m'a servi un vivaneau entier, riz blanc, sauce à l'arachide, pour 5 000 CFA. Généreux. Goût de la sauce : poivre, ail, piment, richesse que je n'attendais pas. Le coucher de soleil a transformé l'eau en orange rouille. Moment sans artifice, juste la mer et des pêcheurs qui rentraient leur filet. Le Musée municipal d'Abidjan (Cocody) m'a déçu. Petit bâtiment poussiéreux, collections mal éclairées, personnel pas très engageant. 1 500 CFA d'entrée. J'y ai passé quarante minutes par politesse. Contenu sur l'art Ébrié et les royaumes Akan, mais mal contextualisé. Contraste brutal avec la vie du marché ou de la rue. Nuits à l'hôtel Diplomate (Cocody) : chambre correcte, eau chaude aléatoire (jour 6, panne totale de 18 h à 22 h). Personnel sympathique mais dépassé. Restaurants du quartier : Restaurant Val Azur pour des brochettes (4 000 CFA les trois) et du jus de gingembre frais pressé sur place (500 CFA). Nuit du jour 8 : panne électrique générale du quartier de minuit à 3 h du matin. Pas de climatisation, ventilateur mort, chaleur et humidité poisseux. J'ai dormi en short, fenêtre ouverte, bruit des groupes électrogènes des hôtels voisins qui démarraient en cacophonie. Derniers jours consacrés aux environs. Village de Grand-Bassam (côte, 45 minutes au sud) : maisons coloniales abimées, plage large et vide. Baignade possible mais l'eau m'a paru trouble. Bar-restaurant colonial blanc cassé, bière Flag à 1 500 CFA, serveur qui m'a rappelé les codes (tu dois commander, attendre, laisser un pourboire). Promenade dans les ruelles : chats maigres, enfants qui jouent au foot avec un ballon dégonflé, vie quotidienne loin du tourisme.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Treichville le matin à 7 h 30 : odeur de poisson fumé, vendeurs de makems à 200 CFA
Chez Coulibaly (Marcory Beach) : vivaneau entier grillé avec sauce arachide, 5 000 CFA
Basilique Notre-Dame-de-la-Paix (Yamoussoukro) : intérieur froid et vide, 2 500 CFA, visite 2 h au nord
Hôtel Ivoire (Plateau) : petit déjeuner sur la lagune Ébrié, point de repère central
Grand-Bassam colonial : maisons couleur crème abimées, baignade en eau trouble, à 45 minutes au sud
Photos — Abidjan
Et au final.
Abidjan m'a offert des moments vrais : le marché qui vit, le poisson grillé au coucher du soleil, les gens qui échangent. Mais aussi des galères petites mais frustrantes : la chaleur moite, les pannes récurrentes, cette sensation permanente de ne pas tout comprendre. Je reviendrais, mais pas pour faire du tourisme de carte postale.








