Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Santiago le 3 août en fin d'après-midi. L'air était sec, presque aride, même à 600 m d'altitude. Après deux heures de métro (ligne 1, direction Pajaritos), nous avons pris un taxi jusqu'à l'hôtel Singular Santiago dans le quartier Lastarria. La chambre sentait le pin fraîchement ciré. Prix : 85 euros la nuit, incluant un petit-déjeuner avec du café très serré et du pain aux raisins chiliens. Nous n'avons passé qu'une journée à Santiago avant de prendre le vol LATAM LA 517 en direction de Calama (6h du matin, vol de 2h30). L'aéroport de Calama est minuscule. De là, minibus collectif jusqu'à San Pedro de Atacama, 100 km vers l'est. Le trajet : 15 000 pesos (18 euros), trois heures de route poussiéreuse à travers un désert où aucun arbre ne pousse. San Pedro de Atacama nous a frappés d'emblée. C'est un village oublié du Chili, perdu à 2 400 m d'altitude, avec une rue principale pavée de cailloux blancs et des maisons en adobe. Nous avons loué une chambre au Machupicchu Hostel (50 euros, petit-déj inclus). Le soir, en marchant vers la Plaza de Armas, nous avons entendu les chiens errants hurler dans la nuit froide. Il faisait 8 °C. L'air était tellement pur qu'on voyait la Voie lactée comme une tache de peinture blanche sur le ciel noir. Première galère : nous avons réservé une excursion à la Laguna Tebinquinche via une agence locale (Atacama Connection). Le guide n'est pas venu le matin. Appel à 8h30 : moteur en panne. Nous avons attendu deux heures sur le trottoir, puis trois autres touristes français nous ont proposé de partager une jeep (3 500 pesos par personne, 42 euros). Le conducteur, Carlos, conduisait avec une seule main en fumant. À la lagune, l'eau était d'un rose étrange, réfléchissant le ciel blanc. Carlos a expliqué : des algues rouges, et une population énorme de flamants roses. Nous en avons vu environ 200, immobiles, les pattes dans l'eau gelée. Le jour suivant, trek au Pukara de Qutor. Levés à 5h. Depuis le sommet de la forteresse (3 300 m), vue sur des vallées ocre bordées de falaises rouges. On sentait l'air très fin, les poumons qui travaillent. Nous avons bu du thé à la coca au refuge du sommet (2 000 pesos, soit 2,4 euros). Un moment fort : une femme indigène quechua nous a vendu des bracelets. Elle a dit, en espagnol très lent : « El Chili cambia, pero la montaña no ». Le Chili change, mais pas la montagne. Trois jours plus tard, vol jusqu'à Punta Arenas (LATAM LA 1545, 4h30). Puis route vers Puerto Natales, 250 km au nord. Nous avons loué une voiture (Ford Fiesta, 380 euros pour 5 jours) chez Hertz. Première mauvaise surprise : essence à 1,20 euros le litre. En Patagonie, la route Pan-americana (route 9) traverse des steppe désertiques avec des rafales de vent à 80 km/h qui ballottent la voiture. Puerto Natales est un petit port de pêche de 20 000 habitants. Nous avons dormi au Remota Lodge (120 euros, vue sur le fjord). À 19h, nous avons dîné au restaurant Asador Patagónico : steak de guanaco (viande locale, un peu gamée), riz, salade. 28 euros à deux. Le vin chilrien était bon marché (Carménère de Santa Rita, 6 euros la bouteille). La nuit, par la fenêtre de notre chambre, nous entendions les otaries dans le port. Un son guttural, presque effrayant. Trek de trois jours au parc national Torres del Paine avec un guide nommé Roberto. Levés à 4h30 pour rejoindre le point de départ. Nous avons marché 15 km par jour, en empruntant le sentier de la Laguna Grey. À midi, le vent coupait l'herbe fine à 2 cm du sol. La température : 6 °C à l'ombre, zéro vent. Roberto nous a expliqué que le parc avait connu un incendie catastrophique en 2011. On voyait encore des troncs d'arbres noirs qui sortaient de l'herbe neuve. Sur la Laguna Grey, des icebergs flottaient, détachés du glacier gris. Un pied de glacier s'est effondré pendant que nous regardions. Le bruit : sourd, grave, comme un tonnerre souterrain. Notre moment marquant négatif : le troisième jour, une tempête a forcé Roberto à raccourcir le parcours. Nous avons couru sous une pluie horizontale, trempés jusqu'à la peau. Retour à Puerto Natales, puis route côtière jusqu'au Parque Marino de Aysén. Petite ville de Punta Arenas à nouveau (4h de route avec des girouettes tout le long). Nous avons mangé de la centolla (crabe royal de Patagonie) au marché municipal : 8 euros 50 la portion, une chair blanche et sucrée qui dégageait une odeur iodée puissante. Les pêcheurs venaient de décharger leurs bateaux à 7h du matin. Dernier jour à Santiago avant le vol retour. Nous avons visité le Musée Précolombino, puis marché dans le quartier Bellavista. Un café au Furor Café : 4 euros le cortado. Nous avons observé les murales de street art, dont une signé Inti, très colorée, avec des femmes qui criaient.
Les bons plans repérés sur place.
Lever de soleil sur la Laguna Tebinquinche avec les flamants roses (partir à 5h30 depuis San Pedro)
Trek Torres del Paine, jour 2, la Laguna Grey avec icebergs flottants (Remota Lodge organise des départs quotidiens)
Marché aux poissons de Puerto Natales, le matin vers 7h, pour la centolla fraîche (Mercado Municipal, gratuit)
Dîner au Asador Patagónico avec vin Carménère local (réservation conseillée, près du port)
Route Pan-americana route 9, section entre Punta Arenas et Puerto Natales pour la steppe désertique (240 km)
Photos — San Pedro de Atacama, Puerto Natales
Et au final.
Le Chili nous a marqués par ses contrastes : désert stérile et fjords vivants, solitude immense et moments d'humanité simple. Cependant, les prix ont augmenté rapidement (hébergement très cher), et beaucoup de sites touristiques sont sur-commercialisés. L'aventure était réelle, les galères aussi.
