Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport de Copenhague Kastrup un mardi matin en juin, après un vol SAS de deux heures depuis Paris. Dehors, 14 degrés, du vent, mais un ciel blanc qui ne s'assombrissait jamais vraiment. Premier choc : les prix. Un café au Café Wilder près de la Nyhavn coûtait 45 DKK, soit 6 euros pour un espresso. On a vite compris qu'il fallait se faire au budget danois. Nous avons loué des vélos la première matinée auprès de Donkey Republic (250 DKK pour la journée, environ 33 euros). C'était notre erreur : pas de casque fourni, et je me suis fait engueuler par une dame à un feu rouge pour avoir roulé sur la piste cyclable du mauvais côté. Le système danois est strict, on l'a appris à ses dépens. Mais franchement, parcourir Copenhague à vélo, c'est le seul moyen. Les rues de Vesterbro avec leurs façades colorées, les petits magasins d'antiquaires, les terrasses qui s'alignent sur 50 mètres : c'est dense, c'est rapide, c'est vivant. Nyhavn et les premiers repasOn s'est installés à l'hôtel Ibsens Hotel (900 DKK la nuit, chambre triple basique mais propre) dans le quartier de Nørrebro, histoire de ne pas payer le prix fou de Nyhavn. Mais on a quand même traîné là-bas. Le canal sentait bon la bière et le bois mouillé. Les façades jaunes et oranges se reflétaient dans l'eau noire, et à minuit passé, il faisait encore jour. Pas complètement jour, mais pas noir non plus. Ça rend bizarre après trois jours. Manger à Copenhague était notre priorité. On a trouvé Sliderbar à Nørrebro : des mini-burgers danois, du smørrebrød modernisé, et la sensation étrange du pain de seigle foncé qui collait un peu aux dents mais avec un goût poivré qu'on attendait plus chaque fois. Comptez 180-220 DKK par personne (24-30 euros). Au marché de Torvehallerne, on a goûté des crevettes grises fraîches dans du pain beurré : 95 DKK pour une portion. La saveur était légèrement iodée, presque métallique. On en a repris deux fois. Le trajet vers le Nord : SkagenLe quatrième jour, on a pris le train de 7h15 depuis Copenhague Hovedbanegård vers Skagen. DSB, compagnie nationale. C'était long : dix heures, avec deux correspondances (Aalborg, puis une petite ligne régionale très calme). Le train s'arrêtait dans des petits villages avec des gares en bois peint. À Aalborg, on a attendu 45 minutes et mangé des flødeboller (pâtisseries danoises à la guimauve) chez une boulangerie locale : délicieux, gras, sucré, collant. Skagen nous a frappés d'abord par le silence. Après dix heures en train, nous sommes descendus dans une gare toute petite, quasi déserte à 17h. On a pris un taxi (370 DKK, soit 50 euros) jusqu'à l'auberge Danhostel Skagen Nord, en bordure de la plage. Le lendemain matin, levé à 5h30 pour voir le lever du soleil sur les deux mers qui se rencontrent au Grenen. L'eau était glaciale, même en juin. L'air sentait l'iode et l'algue pourrie. À marée basse, on a marché entre l'océan Atlantique et la mer du Nord, techniquement dans deux mers à la fois. C'était étrange, moins magique qu'on l'imaginait, mais honnête. Les galères et le quotidienOn a raté le bus de retour vers Aalborg parce qu'on confondait les panneaux de bus locaux. Le service de bus à Skagen (numéro 79) ne venait qu'une fois par heure, et pas passé 18h en semaine. Nous avons dû appeler un taxi (450 DKK), ce qui a piqué. À Aalborg, on s'est trompés de quai pour le train de retour. Un voyageur nous l'a signalé, haussant les épaules à la danoise, pas méchant mais pas chaud non plus. À Copenhague, le dernier jour, nous avons voulu visiter le château de Rosenborg. Entrée : 115 DKK par personne. Les vitrines des bijoux royaux étaient bien éclairées, les jardins extérieurs étaient frais, agréables, pas fourrés de touristes. On a marché dans les allées gravillonnées, écouté les sons des enfants qui jouaient sur les pelouses. La sensation était calme, contenue, typiquement danoise.
Les bons plans repérés sur place.
Vélo sur les pistes de Vesterbro à Copenhague, puis café au Café Wilder face à la Nyhavn (45 DKK le café)
Marché Torvehallerne pour les crevettes grises fraîches en sandwich beurré (95 DKK)
Train DSB tôt le matin Copenhague-Skagen, 10h de trajet passant par Aalborg, paysages ruraux silencieux
Grenen à Skagen au lever du soleil : marcher entre l'Atlantique et la mer du Nord, eau glaciale
Hôtel Ibsens Hotel à Nørrebro, quartier moins cher que le centre-ville mais véritablement danois
Photos — Copenhague et Skagen
Et au final.
Dix jours au Danemark, c'est juste. Copenhague mérite qu'on s'y pose, pas qu'on la traverse. Skagen est beau mais isolé, et quand tu viens de loin, le temps de trajet frustre. Ce qui m'a moins plu : les prix horriblement hauts, et l'impression qu'on paie toujours un peu plus cher que prévu. Mais le design, la qualité de vie visible dans chaque rue, les gens qui bossent sérieusement sans dramaturgie : ça vaut le coup.
