Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Xi'an le 15 octobre après un vol China Eastern de 2h30 depuis Shanghai. À la sortie de l'aéroport Xianyang, le choc thermique : 28°C à 14h, humidité collante. Nous avons pris le bus 807 jusqu'à la gare centrale (2 yuans par personne, soit 0,25 €), entassés avec des locaux et leurs paquets de nouilles sèches dont l'odeur de bouillon déshydraté m'a suivi pendant les 45 minutes de trajet. L'hôtel Home Inn Xi'an Bell Tower (128 yuans la nuit, environ 17 €) était à deux pas du marché nocturne de Huimin Street. Premier jour, erreur de débutant : j'ai tenté de négocier le prix d'une soupe de nouilles avec le restaurateur. L'homme m'a littéralement ignoré et m'a servi 2,5 yuans (0,33 €) de nouilles au bouillon épais sans un mot. J'ai compris la leçon : pas de négo ici. Les guerriers de terracotta et ses files d'attente Le mausolée Qin Shi Huang, c'est le incontournable auquel personne n'échappe. Nous nous sommes levés à 5h30 pour prendre le bus 307 à 6h15 depuis la gare (8 yuans). Arrivés à 7h45, il y avait déjà 300 personnes. Les trois fosses – surtout la fosse 1 avec ses milliers de statues – imposent malgré le flot. Sous le hangar climatisé, l'air sentait le béton neuf et la poussière de calcaire. Température intérieure : 18°C, j'ai eu froid en t-shirt. Galère du jour : à la fosse 2, une fille nous a accroché pour nous « expliquer » les statues. 15 minutes plus tard, elle réclame 50 yuans de pourboire. Arnaque classique. Nous avons refusé, mais ça a gâché le moment. Les guerriers en terre cuite restent extraordinaires – de près, les détails des armures et des visages différents sont dingues –, mais l'expérience touristique est vampirisée par les files et les commerciaux. Les remparts et l'œuvre majeure Le mur de Xi'an (14 km de périmètre) est mieux conservé qu'à Pékin. Nous avons loué deux vélos électriques à 30 yuans l'heure chez un petit magasin rue Nanguan. Pédaler sur les remparts épais de 12 mètres à 7h du matin, c'était surréaliste : personne d'autre, la ville en contrebas qui s'éveille, petits temples cachés entre les maçonneries. Une heure de circuit complet nous a suffi. À midi, nous avons mangé des jianbing (crêpes fourrées) chez un vendeur ambulant route Changle : 5 yuans la crêpe, beurrée à la pâte de cacahuète et œuf. Saveurs et restaurants vrais Xi'an, c'est la capitale des nouilles. Au restaurant Tang Yunji (rue Damingjie), nous avons commandé des Biangbiang mian (nouilles plates larges) avec sauce pimentée : 12 yuans (1,60 €), portions généreuses, la sauce brûlait légèrement le palais. Le gôut acidulé de la sauce soja mélangé à l'ail écrasé m'a marqué. Le lendemain, nous avons testé le roujiamo (sandwich aux viandes braisées) chez un petit débit rue Huimin : 6 yuans, viande fondante dedans du pain pita croustillant. Restaurant gastronomique : l'Ameno (rue Jincheng, 120 yuans par personne) proposait une fusion sino-française bizarre mais honnête. Canard aux cerises chinoises, riz jasmin. Pas une révélation, mais l'accueil était chaleureux. Temples et quartier musulman La Grande Mosquée de Xi'an (gratuit, mais donation appréciée) m'a surpris. Pas de minaret voyant – on est en Chine, faut rester discret. Les cours intérieures, les caractères arabes gravés sur le bois, la salle de prière ornée : une oasis de calme loin du chaos urbain. Nous y avons croisé une dizaine de fidèles seulement. Le quartier musulman (Hui District) autour était un enchevêtrement de ruelles, échoppes de séchage de fruits, petits restaurants d'une table chacun. J'y ai mangé des ravioli cuits à la vapeur (zhengjiaoqin) chez une grand-mère qui parlait zéro anglais : 8 yuans quatre ravioli, saveur délicate du bouillon dans la pâte. Transport et administratif : le point faible Pour sortir de Xi'an, nous avions booking de train pour Pékin. À la gare Xi'an North, système de check-in complexe, files par numéro de siège, personnels peu enclins à l'anglais. Perte de 45 minutes juste à trouver le bon quai. Le train D66 était confortable (seat class, 208 yuans) mais surpeuplé – des vendeurs de cacahuètes grillées circulaient tout le long du trajet, l'odeur rance restait 2h après leur passage. Bilan sensible et décalages Xi'an m'a marqué par ses contrasts : la grandeur des monuments frôlée par du tourisme de masse oppressant, des restaurateurs souriant et généreux côtoyant des petits arnaqueurs, une ville réelle sous la poussière urbaine. Les 12 jours nous ont permis de souffler, contrairement à Pékin.
Les bons plans repérés sur place.
Fosse 1 du mausolée Qin Shi Huang : arriver avant 7h pour éviter les hordes, observer les armures détaillées des guerriers
Vélo électrique sur les remparts au lever du soleil (30 yuans/h), première heure quasi-vide
Biangbiang mian chez Tang Yunji (12 yuans), nouilles larges sauce pimentée, goût acidulé authentique
Mosquée de Xi'an, cours calmes, loin du bruit urbain, donation 5 yuans
Roujiamo rue Huimin (6 yuans), pain croustillant fourrée viande braisée fondante
Photos — Xi'an (陕西省)
Et au final.
Xi'an vaut le détour, bien plus qu'un circuit touristique bâclé. Les terracotta restent émouvantes en personne, les nouilles valent chaque yuans, les remparts offrent un vrai repos. En revanche, l'aspect bureaucratique (transports, accès, arnaqueurs) casse un peu la magie. C'est une vraie ville, pas un musée.
