Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Hato le 3 décembre en fin d'après-midi. Le bus KLM direkt vers le centre-ville n'a pas passé, alors nous avons pris le taxi jaune officiel pour 25 USD par personne jusqu'à notre hôtel, le Hilton Curaçao situé à Piscadera Bay. La première nuit, j'ai dormi les fenêtres ouvertes : l'air salin mélangé au bruit des vagues m'a tenu éveillé, mais pas désagréablement. Le lendemain, réveil à 5 h 30 pour explorer Willemstad à pied. Les façades de Punda nous ont frappés immédiatement : jaunes criards, bleus électriques, roses bonbon, peintes à la chaux. Chaque maison coloniale des XVIIe et XVIIIe siècles avait sa couleur propre. Nous avons grimpé jusqu'au pont flottant Queen Emma : construit en 1888, il se relève toutes les heures pour laisser passer les bateaux. À 9 h 30, nous avons vu le mécanisme en action, les conducteurs attendant que le passage se libère. C'était presque théâtral. La première galère : le restaurant Café Thalassa, recommandé partout sur les blogs, nous a proposé un ceviche à 32 euros (sans boisson). Le plat était minuscule, la texture du poisson bizarre. Nous avons quitté la table frustrés et sommes allés manger ailleurs : au marché d'Otrobanda, nous avons trouvé des « pan bati » faits maison (sorte de crêpe aux légumes et viande) pour 3 euros pièce. C'était savoureux, assaisonné d'épices piquantes qui m'ont fait transpirer sous le soleil de midi. Les plongées sous-marinesLe 5 décembre, nous nous sommes inscrits à une sortie avec Sunscape Curaçao. Départ à 8 h du port depuis le complexe du même nom. Notre guide, Roel, parlait néerlandais avec un accent terrestre. Nous avons fait deux plongées. La première, près de la barrière de corail de Bapor, à 12 mètres : j'ai vu un mérou géant, des anémones jaunes fluorescentes et un tortue verte qui m'a frôlé l'épaule. La deuxième plongée, plus profonde (18 mètres), s'est déroulée près de Barcadera. Là, le froid surprenant de l'eau profonde, et l'odeur salée qui revient dès qu'on enlève le détendeur en surface. C'était magnifique mais j'aurais aimé plus de temps en bas. Le forfait : 140 euros pour deux plongées, équipement inclus. Les plages et les embûchesNous avons testé Cas Abao et Boka Sami, deux plages publiques dans le nord-ouest de l'île. À Cas Abao, le sable blanc et chaud, l'eau cristalline à 28 °C. Mais un vendeur ambulant nous a proposé des bracelets « fait main » pour 5 euros : nous en avons acheté trois. Le lendemain, la teinture s'est étalée sur mon poignet. Arnaque classique, j'aurais dû refuser dès le départ. Boka Sami était plus tranquille, presque déserte un mercredi après-midi. Nous y avons pris un lunch : du poisson grillé acheté à une petite guérite de restaurant de plage (« Sabine's Shack », rien qu'une cabane en bois). 15 euros pour une assiette généreuse avec riz et plantain. Le serveur, Alvin, nous a parlé du changement climatique : moins de pluie depuis cinq ans, plus de sécheresse. Curaçao ne compte que deux saisons principales et peu de précipitations. Visite du centre historique et muséesLe musée de la pharmacie de Willemstad (Apoteka di Curaçao) nous a étonnés. Petit mais dense, il raconte l'histoire des remèdes et des esclaves qui devaient connaître les plantes médicinales. Entrée : 6 euros. Nous y avons passé deux heures, bien plus que prévu. Juste à côté, la cathédrale de Santa Anna (XVIIe siècle, rénovée récemment) sentait le bois ciré et l'encens. Les vitraux colorés donnaient l'impression de nager dans l'eau de mer tant les reflets jouaient. Notre plus grand coup de cœur : monter à Scharloo, le quartier résidentiel riche, et découvrir les maisons victorienne peintes avec soin. Pas de touristes, juste des habitants qui nous saluaient. Une femme agée nous a invités à boire de l'eau fraîche sur sa véranda en bois. Dix minutes de silence, regardant les toits rouges d'Otrobanda s'étendre jusqu'au port. Aucun paiement proposé, juste une conversation gentille. Déception gastronomique et découvertes localesLa cuisine de Curaçao nous a partagés. Au restaurant Bistro Murato (excellent service, nappe blanche), nous avons mangé du keshi yena (fromage farci à la viande) : 28 euros, bon mais pas transcendant. Par contre, les empanadas de Mamá's Kitchen, vendues à l'unité pour 2,50 euros, étaient nos meilleures bouchées. Nous en avons acheté quatre différentes types. Nous avons loué une voiture (budget de 45 euros par jour) pour explorer les cactus et les plages du nord. Route côtière étroite, très peu d'essence de secours si panne. Nous avons eu peur une fois quand le moteur a cafouillé, mais c'était juste un carburant dilué à la station Shell de Soto.
Les bons plans repérés sur place.
Plongée à Bapor avec Sunscape Curaçao (mérous géants et tortues marines à 12 mètres)
Regarder le pont flottant Queen Emma se relever à 9 h 30 pour laisser passer les bateaux
Manger les pan bati du marché d'Otrobanda (3 euros, assaisonnement piquant parfait)
Prendre du café à la véranda de Scharloo en fin d'après-midi, sans touristes
Boka Sami pour le poisson grillé de Sabine's Shack en fin de journée (plage presque vide)
Photos — Willemstad, Curaçao
Et au final.
Dix jours à Curaçao nous ont laissés partagés. Les plongées, les couleurs de Willemstad et les rencontres humaines valaient le voyage. Mais la nourriture touristique était surfacturée et parfois décevante, et l'île souffre d'enjeux environnementaux réels qu'on ne peut ignorer. À revenir, oui, mais en prenant plus de temps en dehors des circuits classiques.
