Comment ça s'est passé.
Nous sommes arrivés à Vilnius par le vol Ryanair FR 4527 en fin d'après-midi, le 15 janvier. Température de -4°C sur le tarmac de l'aéroport. L'air piquait les narines, sec et froid d'une manière qu'on ne connaît pas à Paris. Nous avons pris le bus numéro 1 direction la gare routière Autobusų Stotis, 3 EUR par personne, pour rejoindre notre hôtel, le Villanelle Old Town rue Didžioji g. 33, situé juste à côté de la cathédrale Vilniaus Katedra. Le premier soir, on a mangé une soupe aigre lituanienne (šaltibarščiai) au restaurant Forto Dvaras, 12 EUR le bol. Le goût du betterave fermentée avec la crème aigre m'a surpris—pas mauvais, mais surtout très acide, presque astringent. Les serveurs parlaient un anglais approximatif, il a fallu montrer du doigt sur le menu pour commander. Moment gênant de deux minutes mais finalement rigolo. Première journée complète : immersion froide Levé à 5 h 30 pour attraper le premier bus direction Trakai, à 40 km de Vilnius. Le château de Trakai Trakai Pilis, datant du XIVe siècle, était enrobé de brume givrée. Nous avons pris le bus Trakų Autobusai ligne 1, un ancien Volvo cabossé, fourgonné par un chauffeur qui parlait uniquement le lituanien. 3,50 EUR l'aller-retour. Sur place, nous avons dû nous réchauffer au café Keturi Vėliai, où j'ai bu un café noir épais et sucré (2,80 EUR) qui sentait l'amertume de tabac froid—probablement du café laissé toute la nuit. Mais ça réchaufait. La traversée du château a pris 2 heures. Les salles de pierre étaient glaciales, les fenêtres ouvertes sur un lac gelé. Un groupe d'enfants en excursion scolaire criait en lituanien pendant qu'on visitait. Moment un peu gênant d'être les seuls touristes français au milieu de familles locales. Mésaventure ferroviaire et redécouverte Le 17 janvier, nous avons voulu prendre le train de nuit pour Kaunas, la deuxième plus grande ville. Nous avions acheté les billets à la Gare centrale de Vilnius (Vilniaus Centrinė Stotis). Le guichetier nous a remis les billets pour le mauvais jour—nous l'avons découvert une heure avant le départ, en relisant le document lituanien. Pas très malin. Nous avons dû rembourser 32 EUR et prendre un bus directionLux Express à la place. Le voyage a duré 1 h 45 au lieu de 2 h 30, mais nous étions frustrés d'avoir perdu de l'argent. Galère typique en Europe de l'Est : il faut vérifier trois fois. À Kaunas, nous avons mangé des kartoffelių blynai (galettes de pommes de terre) au marché Vėlių Turgus, 4,50 EUR la portion. Elles étaient grasses, chaudes, avec un goût de terre cuite—exactement ce qu'il faut quand il fait -2°C dehors. Nous avons aussi visité la vieille ville avec ses ruelles étroites, coloniales, peu fréquentées. C'est moins touristique que Vilnius. Les façades étaient peintes en rose pâle, jaune beurre. Bizarre mais charmant sans être mièvre. Retour à Vilnius : cathédrale, vodka locale De retour à Vilnius le 18 janvier, nous avons enfin visité correctement la Cathédrale Vilniaus Katedra. À l'intérieur, le silence était total. Les cierges allumés par des familles dégageaient une odeur de cire fondue et d'encens à la teinte grise. C'était vraiment calme, presque étrange. La façade blanche classique contraste avec l'intérieur baroque en stuc doré. Les vitraux du XVIIe siècle projetaient des lumières bleues sur les dalles. Nous avons découvert un bar local authentique, Senoji Grandinė, rue Aušros Vartų g. 10. Nous y avons bu de la vodka lituanienne Vytautas, 6,50 EUR le verre, avec des cornichons marinés en accompagnement. La vodka brûlait doucement, presque minérale. L'ambiance était enfumée, les clients autour jouaient aux cartes. Une touristique femme allemande était mal à l'aise. Nous, on s'est adaptés. Derniers jours et bilan de texture Les trois derniers jours ont été consacrés à des musées (Musée du Génocide de la Lituanie, 5 EUR l'entrée, assez lourd émotionnellement), des marchés (Hales centrales Halės, avec des étals de choucroute et de viande fumée), et des cafés dispersés dans les rues cobblées de la Vieille Ville. Le restaurant Belmontas, en bord de rivière Vilnia, servait une truite locale rôtie pour 16 EUR. Honnêtement, c'était sec. Pas tous les restaurants sont bons, même en Lituanie. Température moyenne ressentie : -3 à 0°C, avec du vent qui piquait Dépenses totales : environ 1050 EUR pour deux personnes sur 9 jours (transport inter-européen non compris) Langue : l'anglais suffit en centre-ville, zéro en périphérie Impression générale : pays moins fréquenté qu'on ne pense, avec une histoire complexe à assimiler
Les bons plans repérés sur place.
Château de Trakai Trakai Pilis avec ses tourelles sur le lac gelé (entrée 12 EUR, prendre bus Trakų Autobusai ligne 1)
Cathédrale Vilniaus Katedra au coucher du soleil, intérieur de stuc doré et cire brûlée
Bar local Senoji Grandinė rue Aušros Vartų g. 10 : vodka Vytautas à 6,50 EUR et ambiance sans touristes
Marché Vėlių Turgus à Kaunas : galettes de pommes de terre kartoffelių blynai chaudes à 4,50 EUR
Musée du Génocide de la Lituanie 5 EUR : lourd mais nécessaire pour comprendre l'histoire locale
Photos — Vilnius (avec excursion à Trakai)
Et au final.
La Lituanie nous a plu, surtout par son manque de folklore touristique agressif. Vilnius est dense, froide, avec des coins magnifiques côtoyant des façades décrépites. Trakai valait le détour. En revanche, la barrière linguistique et le climat hivernal intense rendent le voyage moins confortable qu'on l'imaginait. Ce n'est pas une destination détente, c'est une destination survie—et ça, c'est intéressant.
