Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport de Vilnius un mardi matin à 6 h 45, avec le décalage horaire et deux cafés avalés dans l'avion. L'air sentait l'humidité froide typique de l'automne balte — un mélange de feuilles mouillées et de diesel des bus. Premier taxi jusqu'à l'hôtel Prestige Aqua Spa (rue Konstitucijos 14), 28 euros pour 7 km. La réceptionniste parlait anglais mais s'énervait visiblement quand on tentait des mots en lituanien. Premier jour : Vilnius Old Town et la déception de Gediminas On a commencé par la vieille ville, naturellement. La cathédrale de Vilnius était fermée en restauration (panneau en lituanien, anglais, polonais — mais information en retard sur les sites web). On a grimpé jusqu'à la tour de Gediminas à pied, 57 marches, levé à 8 h 45 après le décalage. La vue sur la vieille ville était grise ce jour-là, novembre arrivait trop tôt. L'odeur de cigarettes turques flottait partout — même les touristes fumaient sans gêne sur les remparts. Déjeuner au restaurant Forto Dvaras (rue Aukstaicio 3), spécialité locale : cepelinai (gros gâteaux de pommes de terre fourrés, 6 euros) et kompot maison (jus de fruit fermenté, 2 euros). C'était lourd et parfait après 14 heures de voyage. Le goût était terreux, presque sucré, étrange la première bouchée. Marché aux fleurs Zalioji Piazza : où on a achevé d'explorer les rues latérales tranquilles, loin des groupes de touristesGalère n°1 : bus 1 pris par erreur au lieu du 2, on a fait un grand tour involontaire de 45 minutes dans les faubourgs résidentiels (tickets 1 euro pour deux trajets) Mercredi : Trakai et le château, déception relative Trakai, c'est à 28 km à l'ouest. On a pris le train 6h33 depuis la gare de Vilnius (Geležinkelio stotis, place Vokiečiu). Trajet de 45 minutes, 3 euros par personne, train presque vide sauf nous et deux retraités lituaniens qui mangeaient du pain noir en silence. La gare de Trakai était minuscule, à peine une cabine en bois. Le château lui-même ? Surpeuplé, malgré la saison creuse. Cent euros pour deux entrées adultes — le tarif a grimpé l'année précédente, selon une pancarte en lituanien à l'accueil. On a payé avant de realiser qu'il y avait une file de groupes scolaires allemands. L'intérieur avait senti le béton humide et la cire à parquet bon marché. Les salles d'expo étaient mal éclairées, du mobilier du début 2000s. Moment marquant négatif : on s'est fait interpeller poliment mais fermement par un garde parce qu'on prenait des photos en zoom trop longtemps — interdit selon le règlement, nous ont-ils expliqué en anglais cassé mais autoritaire. Déjeuner en terrasse au café Ketera (5 euros pour un sandwich local et café), vue sur le lac de Galve depuis les tables. L'eau était verte-gris, les canards indifférents aux touristes. Jeudi-vendredi : Vilnius profond et quartier de Uzupis On a laissé la vieille ville aux groupes et on s'est enfoncé vers le quartier bohème d'Uzupis. Ici, les ruelles étaient presque vides, les façades colorées parlaient d'artistes locaux. On a déjeuné chez une petite cantine sans enseigne (adresse trouvée sur un groupe Facebook local), sur la rue Boksto : soupe à l'orge et bouillon, 4 euros. C'était chaud, ça sentait l'aneth et le chou fermenté. Les propriétaires ne parlaient que le lituanien, c'est devenu un jeu de mimes pour commander. Vendredi matin, bar de café artisanal Coffee Inn (rue Pilies 20) où un mec derrière le comptoir faisait des chemex avec la précision d'un chirurgien. Double espresso : 3,50 euros. On y est allé trois fois pendant le séjour. Marché de la halle centrale (Centrinis turgus) : fruits de saison, fromages à la crème sure vendus en pots de grès par les mêmes vendeurs depuis des années, apparemmentGalère n°2 : notre chambre d'hôtel avait l'eau chaude qui dysfonctionnait mercredi et jeudi — on a dû doucher à l'eau tiède, l'hôtel a offert 10 euros de réduction, pas vraiment compensé Derniers jours : musées et fatigue touristique Musée national de Lituanie (entrée 8 euros) : salles de vitrines, du mobilier paysan du 19e siècle, du linge de lin traditionnel. C'était silencieux, tranquille, aucun touriste. On a croisé peut-être trois personnes en trois heures. Les étiquettes des expos n'avaient d'infos qu'en lituanien et en russe — l'anglais était optionnel et souvent inexact. Ça frustrait au début, on a arrêté de lire après un moment. Dimanche matin, on a manqué le vol ryanair 8 h 15 vers Paris parce qu'on a sous-estimé le temps à l'aéroport (retard d'une demi-heure sur la route). Reboking automatique sur vol mercredi, perte de 150 euros, deux nuits d'hôtel supplémentaires imprévues. On était en colère le premier jour, puis on a apprécié les deux jours bonus — marché du samedi à Kalvarijų, biere locale Svyturys au bar Alchemia (2,50 euros), tranquillité revenue.
Les bons plans repérés sur place.
Café Coffee Inn rue Pilies 20 : chemex artisanal préparé avec sérieux, 3,50 euros double espresso, endroit vrai loin de la machine
Château de Trakai en train tôt le matin (6h33 depuis Geležinkelio stotis) plutôt qu'après-midi pour moins de groupes, 3 euros aller, 45 min
Quartier Uzupis rue Boksto, petite cantine sans enseigne, soupe à l'orge 4 euros, authentique mais sans pureté touriste
Musée national, entrée 8 euros, tranquille, vitrines de linge paysan lituanien, zéro monde, exposition en lituanien/russe seulement mais paisible
Marché central Centrinis turgus, fromage à crème sure en pots de grès, vendeurs fixes depuis années, prix 5-8 euros selon le produit
Photos — Vilnius et région de Trakai
Et au final.
Vilnius se défend bien en tant que destination d'automne, moins chère qu'une semaine au même prix en Tchéquie. Mais attendez-vous à du tourisme classique souvent survendu, des expos de musées parfois mal entretenues, et une langue quasi impénétrable qui rend les interactions locals-touristes compliquées. On reviendrait pour Uzupis et Trakai moins touristique, pas pour la vieille ville saturée.




