Comment ça s'est passé.
Levé à 6 h 15 pour attraper le vol Ryanair FR4521 à Paris-Beauvais, arrivée à Vilnius à 9 h 45. L'aéroport sent le café moisi et le carrelage humide. Transfert en bus numéro 1 jusqu'à la gare centrale : 5 euros, trajet de 20 minutes à travers des immeubles soviétiques gris qu'on oublie aussitôt. Installation à l'hôtel Old Town Residence, rue Pilies 24. La proprio nous parle lituanien, anglais cassé, refuse d'utiliser Google Translate. Chambre minuscule mais propre, 45 euros la nuit. Douche d'eau froide le premier matin — galère typique des petits hôtels baltes. Premiers jours : la cathédrale et ses alentours La cathédrale de Vilnius, place Katedros, nous stoppe net. Pas par « l'atmosphère sacrée » ou des conneries, mais parce qu'en rentrant on sent le froid humide du marbre depuis des siècles, et qu'une vieille femme prie à genoux devant un autel latéral. Moment étrange, intime, on se sent voyeur. Dîner au restaurant Forto Dvaras, rue Pilies 16. Potage de betteraves (šaltibarščiai) à 4,50 euros — soupe rose froid, œuf dur au milieu, goût terreux et légèrement sucré. Bizarre la première cuillerée. Un local nous explique que c'est un classique d'été, qu'on mange ça en mai-juin. En novembre c'est décalé, un peu triste. Marche vers la Tour de Gediminas. Escalier raide, vue sur les toits rouges de la vieille ville. Boutique de souvenirs avec une vendeuse qui nous fait un « deal » sur des poupées russes — 30 euros pour trois au lieu de 45. On refuse. Elle insiste. On sent qu'elle a besoin de vendre. Déambulation et petites découvertes Café Vicious Espresso, rue Savičiaus, espresso à 1,80 euro, wifi gratuit. Deux jours consécutifs on vient y travailler. Le barista reconnaît nos visages le deuxième jour, sourire discret. Ces moments comptent plus que les « monuments ». Samedi, marché fermier Halė, rue Vokiečių 1. Odeur dominante : poisson fumé et chou aigre. Femmes qui vendent des courges orange géantes, du miel en bocal, du pain noir lourd comme une pierre. Une nourriture sans fioritures. Bus numéro 8 jusqu'à Trakai, 30 minutes. Château rouge au bord d'un lac. Il pleut. Le château ferme à 17 h, on arrive à 16 h 45, on force l'entrée. L'agent nous laisse entrer mais sans guide — 5 euros. Corridors froids, humidité ambiante. Une petite fille touche les pierres des murs, son père la gronde, elle pleure. Cliché de touristes, sauf que c'est vrai. Galère transport et nuit ratée Retour à Vilnius en bus : trajet annoncé à 17 h 10, départ à 17 h 45. Chauffeur stoppe pour prendre des passagers au hasard sur la route. On perd 30 minutes. Le gars à côté de nous crache presque une noix dans un sachet plastique. Odeur de tabac froid qui rentre dans les vêtements. Nuit du jeudi au vendredi catastrophique : techno à plein volume jusqu'à 3 h du matin dans l'hôtel d'à côté. On appelle la réception. Ils haussent les épaules. « C'est vendredi. » On dort 3 heures. Derniers jours : église de l'Assomption, ennui, et Uzupis Église des Bernardines, rue Subačiaus 2. Baroque étouffant. Dorures, saints qui nous fixent du plafond. On reste 5 minutes, pas plus. C'est beau mais c'est aussi répétitif après la cathédrale. Quartier d'Uzupis, soi-disant « bohème ». Rues pavées, street-art, cafés indie. En réalité : touristes Instagram, un restaurant par mètre carré, prix gonflés (18 euros un plat principal). Une galerie d'art où on expose des vidéos de 10 minutes sans son. On sort déçus. Dernier repas : Café de Paris, rue Pilies 22. Steak-frites français classique, 16 euros. Bonne viande, beurre généreux. Peut-être le meilleur repas du séjour, peut-être parce qu'on laisse tomber l'idée de découvrir la « vraie Lituanie ». Vol retour lundi 18 h, stress de la gare. La caissière du petit supermarché où on achète de l'eau sourit en nous disant « bye bye ». On n'a pas compris d'où venait ce sourire.
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale de Vilnius (place Katedros) — le marbre froid et l'odeur de siècles, c'est là qu'on ressent quelque chose
Café Vicious Espresso (rue Savičiaus) — espresso à 1,80 euro, endroit sans artifice pour décompresser
Potage de betteraves au Forto Dvaras — première fois qu'on mange une soupe rose, goût déstabilisant mais mémorable
Château de Trakai (bus numéro 8, 30 min) — humide, presque vide hors saison, bien mieux qu'une photo
Marché Halė (rue Vokiečių 1) — odeur crue, pains lourds, femmes sans sourire forcé
Et au final.
Vilnius ne nous a pas transformés. La vieille ville est soignée mais pas spectaculaire, l'hiver ternit tout. On a mangé des choses bizarres, discuté avec personne vraiment, senti le froid humide balte qui s'incruste. À refaire ? Peut-être en mai, pour le šaltibarščiai en saison.







