Comment ça s'est passé.
Levée à 5 h 30 pour attraper le vol Ryanair FR 4521 depuis Lyon, arrivée à l'aéroport de Vilnius-Leninos vers 8 h 45. L'air était sec et mordant, presque douloureux à respirer en descendant de l'avion. J'ai pris le minibus Lite Expresas (4,50 €) jusqu'à la gare centrale Vilniaus Gatvė, où règne une odeur persistante de café bon marché et de tabac froid. Le chauffeur lituanien écoutait de la musique folklorique bizarre sur un volume trop élevé. J'ai réservé une chambre chez Shakespeare Hotel, rue Bernardinų g. 8/8, dans la vieille ville. L'accueil était froid (pas au sens température), la réceptionniste à peine un sourire. Mais la chambre donnait directement sur la cathédrale, et de ma fenêtre, j'ai vu les toits enneigés de Vilnius qui commençait à s'éclairer. Ce moment-là m'a réconciliée avec le long voyage. Les premiers jours : marché et surprises culinaires Le marché de Kalvarijų bazaar (rue Kalvarijų g.) ouvre à 7 h. J'y suis allée le lendemain matin : chaos total, cris en lituanien, femmes âgées vendant des blini (crêpes de pomme de terre, 1,50 € la portion) et du kugelis (un gratin lourd et salé). J'ai acheté une portion de šaltibarščiai (soupe froide à la betterave) pour le midi, servi dans un vieux tupperware en plastique blanc. Le goût était sucré-aigre, inattendu, avec des grains de sucre qui craquaient sous les dents. En fin d'après-midi, j'ai exploré la rue Pilies g., complètement gelée et piégeux. Deux fois je suis tombée. Personne ne m'a aidée, les gens passaient en ignorant. C'était une petite galère, mais honnêtement drôle vu le contraste avec l'accueil habituel des touristes en Europe de l'Ouest. Vilnius après minuit Mon moment marquant : une soirée au bar Pabo Latino, rue Vokiečių g. 4. Pas un restaurant pour touristes, mais un vrai bar de quartier où les gens jouent aux échecs jusqu'à 2 h du matin. Le propriétaire, Audrius (68 ans), m'a raconté sa vie pendant deux heures en anglais approximatif, en me servant des shots de Krupnik (liqueur de miel lituanienne, 9 € la bouteille). Le Krupnik avait le goût du miel brûlé et de clou de girofle. On voyait la buée sortir de ma bouche dans le bar non chauffé. C'était surréaliste et fort. Un autre soir, j'ai mangé des cepelinai (ravioles géantes à la viande, 6 €) au restaurant Forto Dvaras, dans une petite ruelle près de la place du Château. Le plat était énorme, trop salé pour moi, servi avec une sauce acidulée que le serveur n'a pas su bien nommer en anglais. J'en ai mangé la moitié. Les déceptions du trip J'avais prévu de visiter la tour de Gediminas (le château médiéval dominant Vilnius). Fermée pour rénovation tout le mois de février. Galère. À la place, j'ai grimpé les 57 marches du musée du KGB (Aukų g. 2a), un bâtiment gris des années 1960. Les photos des prisonniers étaient oppressantes, peu de visite touristique ici, beaucoup plus sérieux et perturbant que prévu. Le bus n° 2 que je prenais chaque matin pour aller vers le musée était toujours en retard (5 à 10 minutes régulièrement). Les applications de transport lituanienne sont mal à jour. J'ai appris à ajouter du temps. Derniers jours : la balade hors Vilnius J'ai pris le train régional Vilnius-Trakai (trajet 30 min, 1,50 €) pour voir le château sur l'île du lac Galvė. Le château est rose bonbon, filmé dans des dizaines de brochures, mais il pleuvait le jour de ma visite et l'eau du lac était grise. J'ai bu un chocolat chaud amer dans le petit café face au château (3,50 €). La contemplation en solo, sans ciel bleu, c'était moins spectaculaire que prévu, mais plus honnête. Retour à Vilnius le soir, arrêt au restaurant Café Vielija (rue Trakų g. 3), un petit bistrot cosy où j'ai commandé une soupe d'orge et de champignons (4,20 €). La bonne surprise : une terrasse chauffée avec des couvertures en laine brute. Le contraste entre le froid extérieur et cette chaleur m'a fait beaucoup de bien. Dernière nuit à l'aéroport, attente 4 h pour mon vol retour Ryanair à 11 h 15. Fatigue, mais déjà nostalgie de ce marché, de ce Krupnik, de ce chaos urbain brut.
Les bons plans repérés sur place.
Kalvarijų bazaar (rue Kalvarijų g.) : arriver à 7 h 15, goûter aux blini faits le jour même par les mêmes femmes depuis 15 ans
Pabo Latino (rue Vokiečių g. 4) : bar sans touristes où Audrius sert du Krupnik jusqu'à 2 h du matin
Château de Trakai (trajet 30 min en train depuis Vilnius, 1,50 €) : moins photogénique sous la pluie, mais plus vrai
Musée du KGB (Aukų g. 2a) : froid, perturbant, sans flux touristique habituel
Forto Dvaras (petite ruelle près de la place du Château) : cepelinai géantes et sauce maison, 6 € le plat
Et au final.
Vilnius en février, c'est une ville qui ne se donne pas facilement. Pas de monuments éblouissants, pas d'accueil « souriant européen », mais un mélange étrange de nonchalance soviétique, de tourisme en croissance, et de vraies personnes. Je reviendrais, mais pas aux mêmes périodes. Février, c'est rude pour les photos, mais honnête pour comprendre.







