Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Lennart Meri Tallinn à 14h30 un jeudi de novembre. L'air était glacial, on sentait déjà cette humidité nordique qui s'installe dans les vêtements. Le bus numéro 2 nous a menés directement à la gare routière centrale (Bussiterminal) en 20 minutes pour 2 euros. Premier choc : personne ne parle anglais à moins que ce soit un jeune ou quelqu'un dans le tourisme. Nous avons réservé l'hôtel Kaarli Boutique (rue Karli 3, Kesklinn), une petite maison du XIXe siècle transformée en trois étages. 85 euros la nuit, chambre minuscule mais chauffage efficace. La proprio, Kärt, expliquait les choses très lentement en français cassé. Le premier matin, levés à 5h30 pour voir le lever du soleil sur Toompea depuis la terrasse du café Maiasmokk, installé depuis 1949 rue Pikk. Le ciel était encore noir, juste quelques teintes bleu pâle au-dessus de l'église d'Alexandre-Nevski. On a commandé du leib ja või (pain et beurre estonien) avec du café. Le pain noir sentait la mélasse, c'était dense et légèrement sucré. 4,50 euros. La Vieille Ville nous a occupés trois jours. Les pavés de Raekoja plats (place de l'hôtel de ville) sont usés par sept siècles de pieds. On s'y est perdu volontairement dans les petites ruelles, les remparts du côté de Kiek in de Kök (ancien canon défensif du XVIe siècle). L'église Sainte-Marie (Niguliste) était en restauration partielle, ce qui a fait baisser le billet à 5 euros au lieu de 8. À l'intérieur, l'odeur d'encens s'entrelace avec celle de la poussière de pierre. Des architectes polonais travaillaient à l'échafaudage. Mercredi, on a voulu prendre le tram numéro 4 vers Kadriorg pour le palais cathéral. Catastrophe : mon téléphone s'était déchargé, impossible de montrer le ticket numérique (tout est dématérialisé en Estonie via l'appli Whim). Un contrôleur nous a coincés. Après dix minutes d'explications pénibles, il nous a laissés descendre. Nous avons acheté des tickets papier au kiosque de rue pour 2 euros, les mêmes qu'on aurait eu par l'appli. Le palais Kadriorg lui-même était fermé pour entretien ce jour-là (il faut vraiment vérifier avant de partir). Nous avons au moins marché dans le parc automnal, les feuilles jaunes flottaient sur le petit lac. Repas : difficile de bien manger sans payer cher. Le restaurant Olde Hansa (rue Vana 1, dans la vieille ville) propose de la cuisine « médiévale » (marketing discutable) : porc rôti au miel, 22 euros. Correct mais touristique. Bien meilleur, le petit restaurant Kaerajaan (rue Tatari) où on a eu un plat d'agneau aux baies, 16 euros, dans une ambiance locale. Le goût était riche, poivré, avec une pointe d'airelle rouge. Les serveurs parlaient estonien entre eux, nous on écoutait, ça sentait bon la viande et le feu de bois. Vendredi, nous avons pris le train (Elron) jusqu'à Tartu, 2h30 de trajet, 5 euros. Tartu est moins touristique, plus étudiant. On a dormi une nuit à l'hostel Dorpat (rue Ülikooli 10), 30 euros par personne en dortoir. L'université de Tartu date de 1632, les bâtiments sont passablement délabrés mais authentiquement vieillis. Pas de restauration photo. Le dernier jour à Tallinn, nous avons raté le musée du Kik (maison-musée de l'époque médiévale) qui ferme à 17h. On était trop tard (17h15). C'était la quatrième chose qu'on voulait faire mais qu'on n'a pas pu. Le stress des horaires en est ressorti. Retour à l'aéroport le lundi matin par le même bus 2. Coût total pour 8 jours : environ 950 euros à deux (hôtel, nourriture, transport local, musées, vols inclus). La Estonie fonctionne, c'est efficace, mais ce n'est pas warm. Les gens sont réservés. L'hiver nordique rend les rues vides après 18h.
Les bons plans repérés sur place.
Place Raekoja plats à la Vieille Ville de Tallinn — les escaliers qui montent sous l'église Alexandre-Nevski vers 17h quand la lumière devient gris-bleu
Restaurant Kaerajaan rue Tatari — plat d'agneau aux baies, 16 euros, vraiment local et sans touristes anglais
Parc de Kadriorg en novembre — feuilles jaunes flottantes, bancs vides, silencieux complet
Gare routière centrale (Bussiterminal) — point de départ pour explorer la Côte estonienne, bus directs vers Pärnu et Tartu
Café Maiasmokk rue Pikk — leib ja või depuis 1949, observatoire idéal pour le lever du soleil sur la vieille ville
Photos — Tallinn
Et au final.
Tallinn vaut le coup pour qui aime l'architecture médiévale glacée et les gens discrets. Ce qu'on a moins aimé : l'absence presque totale du contact humain chaud, et le fait que tout soit numérisé (personne ne comprend qu'on puisse vouloir un ticket papier). L'Estonie, c'est efficace mais pas accueillant.








