Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Lennart Meri Tallinn Airport un mercredi gris, à 14 h 30. Le vol Ryanair depuis Paris-Beauvais avait du retard (45 minutes), ce qui nous a fait râler avant même d'avoir posé les pieds en Estonie. Le bus 2 nous a menés directement au centre-ville pour 2 euros, un trajet de 20 minutes où j'ai observé des forêts de pins détrempées et des petits pavillons rouges typiques. Nous avons choisi l'hôtel Schlössle Hotel dans la Vieille Ville (rue Pühavaimu 13-15), un établissement dans une maison du XVIIe siècle. La chambre sentait le bois ciré et l'humidité froide — pas désagréable, plutôt rassurant. Le prix : 89 euros la nuit. Dès le lendemain matin, levé à 6 h 30 pour voir le soleil se lever (il l'a fait à peine à 7 h 45 en novembre), nous avons parcouru les ruelles pavées de la Vieille Ville. Les murs gris clair de la cathédrale Aleksander Nevski se détachaient à peine du ciel. Les sensations de TallinnAu café Katel (rue Raekoja plats 8), nous avons commandé un kohv (café) et un leivasupp, cette soupe d'un autre temps à base de pain noir fermenté et crème : 6,50 euros. Le goût était acidulé, presque aigre, difficile à avaler pour nous habitués au sucré. La dame derrière le comptoir nous a souri sans parler, typique de la réserve estonienne que nous avons ressentie partout. Pas de superflu, juste du pragmatique. La Vieille Ville elle-même est compacte, peut-être trop. Trois heures et on a fait le tour. Les touristes coréens et allemands encombrent les rues Lai et Pikk. Nous avons tenté d'entrer à la Kiek in de Kök (musée de la tour de défense), mais c'était fermé pour rénovation — une vraie galère, l'info en ligne était périmée. Un moment frustrant qui nous a coûté deux euros de ticket acheté sans le savoir. Au-delà de la Vieille VilleNous avons pris le tram 4 (1,10 euro le ticket) jusqu'au quartier de Kalamaja, réputé pour ses maisons en bois colorées. Certes, c'est moins touristique, mais aussi moins entretenu que prévu. Certains bâtiments s'écaillaient. Nous avons déjeuné au Kohvik Nooa (rue Karu 6) : un sandwich au hareng fumé (5 euros) et une part de kook (gâteau à la carotte, 3 euros). Le hareng avait ce goût salé-piquant typiquement nordique qui perdure longtemps en bouche. Un jour, nous avons pris un bus de banlieue (numéro 33) vers Pirita pour voir la baie de Tallinn et les ruines du couvent. C'était gris, le vent glacé soufflait du nord, et les ruines ressemblaient à n'importe quelles pierres abandonnées. L'attrait de ce site nous a échappé. Sur le chemin du retour, le bus a eu du retard (20 minutes), sans explication annoncée. Typiquement estonien : on stoïque et on attend. L'Estonie numérique (pas si excitante que ça)Tout le monde parle du numérique estonien, du Skype, du e-residency. Nous avons voulu tester le Wi-Fi partout — effectivement rapide et gratuit, dans les cafés comme à la gare routière. Mais cette réputation de startup nation nous a semblé gonflée. Tallinn reste une ville d'Europe du Nord moyenne, avec ses prix qui grimpent (15 euros pour une portion de saumon frais au restaurant Olde Hansa). C'est beau, c'est bien rangé, mais pas révolutionnaire. En fin de séjour, nous avons traversé Vanalinn la nuit (ancien port). L'odeur iodée de la mer Baltique était puissante, presque suffocante. Des cris de mouettes la nuit, des lampadaires jaunes sur les vieilles façades. Juste avant de quitter, à l'aéroport, nous avons acheté du pain noir estonien à l'épicerie Selveri (2,40 euros). Ce pain nous a rappelé cette austérité nordique, agréable mais clairement pas pour tout le monde.
Les bons plans repérés sur place.
Vieille Ville (rues Pikk et Lai) : remparts du XVe siècle, marché Raekoja plats le matin pour des pancakes (3,50 euros)
Musée du KGB au 20A rue Toompea : récits directs de l'occupation soviétique, entrée 8 euros, à 9 h avant l'affluence
Tram 2 vers le parc de Kadriorg : ancienne résidence des tsars, forêts d'automne, café Café in Kadriorg avec gâteau au pavot (4 euros)
Marché Kalamaja le week-end : légumes fermiers, poisson fumé frais, négociation sur les prix (rare mais possible)
Restaurant Leib Resto (rue Uus 26) : cuisine locale revisitée, réservation nécessaire, menu 45 euros, vaut vraiment le coup
Et au final.
Tallinn n'est pas un coup de cœur mais un bon moment. L'architecture médiévale tient ses promesses, la Vieille Ville mérite une visite courte. Cependant, la ville manque de chaleur, l'hiver n'aide pas, et le décalage entre sa réputation tech et la réalité urbaine est décevant. À faire une fois, mais pas plus.







