Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 le premier matin à l'hôtel Skeppsholmen, situé sur une petite île au cœur de Stockholm. Je voulais voir une aurore boréale. Zéro chance. Ciel couvert tous les jours. La température affichait −8 °C sur le thermomètre du quai, et le vent qui remonte du Riddarfjärden vous traverse les couches de vêtements. Pas glamour, mais j'étais venu pour ça. Les trois premiers jours, on s'est perdus en cherchant le marché Östermalm Saluhall. Pas un problème vraiment, mais on aurait dû prendre le métro ligne rouge (Tunnelbana) direction Östermalm au lieu de rester à pied. Le bâtiment des halles date de 1888, les murs sont cramés, et ça sent le saumon fumé et le fromage de chèvre à trois mètres de distance. On a acheté des petits pains à la cannelle (kanelbullar) à la boulangerie Vasa Bageri pour 4,5 euros. C'était sucré, un peu sec. J'ai mangé le reste dehors, les miettes volaient au vent. Le vrai truc : les cafés à 11 hLa « fika » suédoise, c'est sacré. À 11 h tous les jours, les Suédois s'arrêtent pour prendre un café et un gâteau. Pas une légende. On a testé au Café Sprängkullsgatan dans Norrmalm. Espresso correct (5 euros), cannelle et sucre dans une tasse épaisse en porcelaine blanche. Les gens autour de nous ne parlaient pas fort, scrollaient pas leur téléphone. Juste le bruit des cuillères dans les tasses en céramique et des chaises en bois qu'on remue. C'était reposant, même si mon compagnon a trouvé le gâteau aux myrtilles sans goût particulier. On a pris le ferry Waxholmsbolaget vers l'île de Djurgården (30 minutes, 5 euros). Musée Vasa : on a eu un choc. Le navire de guerre du XVIIe siècle coule pour vrai sous nos yeux, complètement conservé. Dix minutes à regarder sans parler. Les photos ne rendent rien. Les cordes, les détails des charpentes, les cieux de lit des officiers. Un moment rare où on oublie qu'on tient un téléphone. La galère : l'arnaque à Gamla StanVieille Ville. Ruelle Västerlånggatan. Restaurant avec vue sur l'eau. Menu touristique. Ils nous ont proposé du « traditional Swedish meatballs » pour 28 euros. C'était de la nourriture surgelée réchauffée, servi dans une assiette froide. Le garçon avait un sourire de vendeur de tapis. Pas d'excuses, juste une addition salée. On n'a pas protesté, mauvaise décision. Ça m'a pourri une soirée. J'aurais dû aller chez Pelikan, un restaurant qui existe depuis 1733, rue Österlånggatan. La gare centrale (Stockholm Centralstation) était un chaos organisé. Trains Pendeltågen à chaque quai, horaires affichés en suédois et anglais. On a presque raté le train pour Uppsala (45 minutes) en cherchant le quai 12. La bonne nouvelle : les toilettes des trains coûtent 10 couronnes (0,90 euro) et c'est impeccable. La mauvaise : on a été enfermés dedans. Porte automatique coincée. Quatre minutes avant qu'un contrôleur vienne ouvrir. Silence gênant. Personne ne rigole autour. Uppsala et les derniers joursCathédrale d'Uppsala, plafond voûté en brique rouge, odeur de poussière et de pierre ancienne. Cimetière des rois Gustavus Adolphus. On est restés une heure. Pas de bruit. Les ombres du soleil d'hiver à 15 h faisaient des lignes longues sur les tombes. Dernier jour, café au karavan dans Södermalm, un quartier moins touristique. Leur cappuccino était vraiment bon (5,5 euros). Pain au chocolat (7 euros). On a regardé les maisons en bois peintes en rouge et jaune. Des gens qui passaient à vélo malgré le froid. C'est là qu'on a compris qu'on ne verrait jamais l'aurore boréale, mais on n'en avait plus besoin.
Les bons plans repérés sur place.
Musée Vasa à Djurgården : le seul navire de guerre du XVIIe siècle encore intact au monde, scène sensorielle rare
Marché Östermalm Saluhall : halles originelles depuis 1888, odeur de saumon fumé et fromage, kanelbullar à 4,5 euros
Fika à 11 h dans n'importe quel café (Café Sprängkullsgatan recommandé) : rituel immuable, café à 5 euros, calme absolu
Île de Djurgården en ferry Waxholmsbolaget : 30 minutes, 5 euros, forêts de pins et silence total
Gamla Stan (Vieille Ville) MAIS éviter Västerlånggatan : préférer Pelikan rue Österlånggatan, restaurant depuis 1733, cuisine correcte
Photos — Stockholm
Et au final.
Stockholm c'est sérieux, c'est beau, c'est cher (deux fois plus qu'en France). L'hiver tue l'idée romantique de la Suède. Ce qui m'a le moins plu : les restaurants pièges touristiques et le ciel gris constant. Mais les musées, la tranquillité des gens, la fika à 11 h, ça vaut le coup. Je reviendrais, pas en janvier.








