Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Ljubljana Jože Pučnik un mercredi matin de juin, à 7 h 30. Le bus 28 nous a menés jusqu'à la gare routière centrale en 35 minutes, pour 4,50 euros. Dès les premiers kilomètres, on a senti l'air frais des forêts — cette odeur presque minérale que j'ai retrouvée partout, mélange de sapin et d'humidité. La Slovénie, c'est petit, c'est vrai, mais on ne s'y attend pas tellement à la première visite. Notre base a été Ljubljana pendant trois jours. Nous avons loué un petit appartement via Airbnb près de Metelkova, un quartier plus vivant que le vieux centre touristique. Le premier soir, on a mangé chez Trsica, un restaurant qui propose des plats régionaux — nous avons commandé du štruklji aux légumes (pâte roulée typique) et du gulasch de cerf à 14 euros le plat. C'était dense, lourd, un peu trop sucré à mon goût, mais ça reflète bien la cuisine slovène. Le vin blanc local, un Rebula, valait ses 6 euros le verre. Le moment marquant de Ljubljana : nous avons visité le musée de la Civilisation à 9 h du matin, presque seuls. Les murs verts, la lumière naturelle, et soudain une affiche d'époque communiste qui nous a glacé — une photo d'enfants en uniforme de pionniers. Ça m'a rappelé que la Slovénie sortait juste d'une autre époque. Les habitants n'en parlent pas facilement, mais les traces sont là. Après Ljubljana, nous avons pris un bus Flixbus (12 euros) jusqu'à Bled. Arrivée à 14 h 30, et là, grosse galère : l'hôtel que nous avions réservé (Hotel Park, 3 étoiles sur Booking) nous a dit que la chambre n'était disponible qu'à 16 h, alors qu'on avait payé pour une arrivée en début d'après-midi. On a dû attendre à la réception, notre valise en main, pendant deux heures. Le gérant, lui, s'en fichait royalement. Mais Bled... Bled, c'est différent. Le lac Bled, vu du point de vue classique en fin d'après-midi, c'est vraiment un mur de montagne verte qui se réfléchit dans de l'eau quasi immobile. Trop touristique ? Oui. Mais vrai quand même. Nous avons loué des vélos (8 euros pour 24 h) et fait le tour du lac sur la piste cyclable — 6 kilomètres, facile. Le ciel s'est couvert vers 18 h 30, et on a senti la température tomber d'un coup, on a dû enlever nos t-shirts des sacs pour les remettre. Le mercredi, direction la grotte de Postojna. Le train local Postojna-Bled prend 35 minutes. Nous avons quitté Bled à 10 h 35 via la gare routière. À Postojna, nous avons rejoint directement l'entrée de la grotte en bus touristique (12 euros, compris). La grotte, c'est 5,3 kilomètres de galeries souterraines. Ils vous mettent dans un petit train qui vous fait traverser des cavernes avec des stalactites épaisses comme des colonnes. L'air souterrain sent le renfermé, l'humidité, ça colle à la peau. À 8 degrés toute l'année. On a croisé des touristes allemands qui criaient à chaque galerie. Nous, on trouvait ça étrange, surréaliste, pas spirituel — juste géologique. Après Postojna, nous avons voulu voir le château de Predjama. En minibus local (20 euros) depuis Postojna, 30 minutes. Le château est creusé dans une falaise, ce qui est effectivement rare. Nous avons grimpé jusqu'à l'entrée vers 14 h — 250 marches, assez escarpé, sueurs dans le dos. L'intérieur était fermé pour restauration (mauvaise chance en juin). Ça nous a agacés, avoir payé le minibus pour juste voir la façade. Les trois derniers jours, retour à Ljubljana. Nous avons passé du temps à flâner, visité les marchés — le marché central (Osrednja Tržnica) le matin, vers 8 h, avec ses étalages de fraises, fromages blancs, fleurs. Les fraises slovènes, les goût vraiment puissant, sucré, acide — 2,50 euros la barquette. Nous avons aussi testé un café spécialisé, Cafeteria Prešeren, qui servait du bon espresso (2,50 euros) dans une petite tasse épaisse. Le garçon parlait anglais, allemand, slovène — comme beaucoup de jeunes ici. Un regret, malgré tout : nous aurions aimé passer plus de temps dans les petites villes côtières comme Portorož. Nous n'avions pas deux jours entiers, et le train côtier prend trois heures depuis Ljubljana. On s'est dit que ce serait pour une prochaine fois.
Les bons plans repérés sur place.
Lac de Bled au coucher du soleil depuis le point de vue du château (gratuit, accès à 5 h du matin sans foule)
Grotte de Postojna en petit train souterrain (12 euros, 5 km de galeries, air à 8 degrés)
Marché central de Ljubljana le matin pour les fraises et fromages locaux, avant 9 h (moins de monde)
Restaurant Trsica à Ljubljana pour goûter le štruklji slovène aux légumes (14 euros, portion copieuse)
Village de Radovljica avec son rucher muséal et ses maisons en bois (30 min en bus depuis Bled, très calme)
Photos — Bled, Postojna, Ljubljana
Et au final.
La Slovénie mérite le détour, surtout si on fuit les spots Instagram surchargés. Les gens y sont plutôt réservés, les prix restent accessibles (contrairement à la Croatie voisine), et les paysages changent vite — montagnes, lacs, grottes, forêts. Cela dit, dix jours, c'était juste assez ; on a senti qu'on aurait pu rester avec plus de profondeur, moins de boucle touristique.
