Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Ljubljana le 14 septembre avec zéro plan précis, juste un vol Ryanair à 6h45 qui nous a pourris le matin. L'aéroport slovène est minuscule—15 minutes pour les douanes, un bus numéro 4 qui coûte 4 euros et vous balance au centre-ville en 45 minutes. On s'est arrêtés au Slaščičarna Čok, une pâtisserie rue Trubarjeva où une part de potica aux noix nous a coûté 2,50 euros. Le goût est dense, presque lourd, sucré à la limite du trop—on l'a compris plus tard : la cuisine slovène, c'est pas subtil. Première galère : on avait réservé un appartement via Airbnb près de la vieille ville, mais le propriétaire a oublié de nous laisser les clés. On a patienté deux heures dans un café miteux rue Mestni trg en buvant du café serré qui avait un goût de cendre. La femme du patron nous l'a offert quand elle a vu notre tête—petit geste sympa, mais frustrant d'arriver épuisés et de morfondre. Ljubljana elle-même : une capitale vraiment à taille humaine. On a flâné au marché central (Centralna tržnica) un mercredi matin, où des vendeurs proposent des légumes qu'on ne voit jamais chez nous, des fromages maison et du miel. L'odeur du marché ressemble à du terreau mélangé à de la cire d'abeille. Le château de Ljubljana qu'on voyait depuis partout nous a pris 2 euros l'entrée, mais franchement, les pièces sont vides, les guides vidéo en anglais rébarbatifs. On est restés 35 minutes. En revanche, le pont des Trois Têtes—Tromostovje—au coucher de soleil, avec les lampadaires qui claquent un par un, c'était pas mal. Pas beau au sens carte postale, juste... paisible. Bizarre d'être en Europe de l'Est et de trouver ça rassurant. Mercredi, direction Bled en train. On a pris un billet à la gare de Ljubljana (Železniška postaja), 8,90 euros par personne, trains toutes les heures. Une heure de trajet dans un wagon presque vide, des collines verdâtres qui défilent. On a entendu une grand-mère slovène parler pendant 45 minutes au téléphone sans s'arrêter—volume maxi, rire croasseur. C'est resté bloqué dans notre tête comme un son d'ambiance. Bled. Lac glaciaire, île au milieu avec une église, falaises abruptes derrière. On a loué une chambre à l'hôtel Pension Zarja, 65 euros la nuit avec petit-déj inclus (granola, charcuterie locale, café moyen). Le moment marquant : le premier matin, on s'est levés à 5h30 pour faire le tour du lac à pied (6 km, balisage nul, on s'est perdus 15 minutes). À 6h, le lac était vide, juste nous deux, et les premières lumières frappaient les arbres avec une température de peut-être 8 degrés. On a eu froid, on transpirait aussi. Pas grandiose, juste étrange et isolant. On a déjeuné au restaurant Vila Bled en bord de lac : bled cream cake (le gâteau local, crème, vanille, pâte feuilletée), 4,80 euros. C'était bon. On a aussi commandé une soupe de poisson locale, 9 euros. Tiède, beaucoup de saveur iodée. La serveuse a dû nous demander trois fois si on voulait encore du pain. Insistante, presque oppressante. On a pris un bus numéro 1 jusqu'aux Grottes de Postojna, à 20 km. Le bus était bondé, sentait la sueur et le parfum bon marché. Une heure et demi de route avec des virages serrés. Les grottes sont célèbres : stalactites, stalagmites, un petit train souterrain qui te balade dans un tunnel préhistorique. Entrée 25 euros. C'était impressionnant sur le plan géologique, mais aussi touristique, filmé à mort, des dizaines de groupes avec des lampes torches. On est sortis après 2h30, avec une température à peine 10 degrés sous terre et un mal de crâne. Dimanche, on a loué un kayak sur le lac de Bohinj (le vrai lac slovène, moins touristique que Bled). 20 euros pour deux heures. On a pagayé jusqu'à une petite plage de galets. L'eau était transparente, froide au toucher, et les rochers reflétaient les nuages. Personne alentour. On a reposé nos bras fatigués et on a juste regardé. Pas parlé. Ce moment-là, c'était correct. On a fini à Radovljica, un village médiéval avec des apiculteurs partout. Une petite bourgade avec des maisons jaunes et bleues, une place centrale où un musée du miel propose une visite-dégustation à 10 euros. Le miel slovène est, sans surprise, excellent. On en a acheté 300g pour ramener, 8 euros.
Les bons plans repérés sur place.
Marché central de Ljubljana (Centralna tržnica) : jeudi et samedi matin pour les fromages maison et miel à prix locaux (6-12 euros le pot)
Lac de Bohinj : moins saturé que Bled, kayak possible, 20 euros pour 2h, petit restaurant Sobra na Bohinju avec trout fumée
Grottes de Postojna : 25 euros l'entrée, mini-train inclus, prévoir 3h, descendre avec des vêtements chauds (11°C sous terre)
Restaurant Hiša Franko (réservation obligatoire) : gastronomie slovène moderne, comptez 80-120 euros par personne, situé à Kobarid
Gare de Ljubljana : trains régionaux abordables (10-15 euros) pour explorer Bled, Radovljica, Maribor
Et au final.
On a aimé la Slovénie pour son absence de foule, la qualité des produits locaux, et l'impression qu'on n'était pas sur un circuit touristique pré-mâché. Mais on a trouvé ça aussi un brin morne—pas d'énergie dans les villes, des paysages qui fatiguent à force d'être verts et brumeux, une cuisine sans grande surprise. On reviendrait, mais en randonnée l'été, pas pour passer du temps en terrasse.