Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Ljubljana Jože Pučnik un jeudi matin, 6 h 45, avec cette sensation particulière de débarquer dans un pays où l'on ne comprend rien à la langue. L'air était frais, presque froid pour septembre, et ça sentait l'herbe mouillée et le diesel des bus. Le trajet en bus numéro 28 jusqu'au centre-ville a coûté 4 euros. Nous avons descendu à la Gare centrale de Ljubljana, un bâtiment gris années 1990, puis marché 800 mètres à pied jusqu'à notre Airbnb rue Slovenska cesta. Ljubljana m'a surprise. Je m'attendais à une capitale étouffante ; j'ai trouvé une ville où les gens font du vélo, où les cafés débordent sur les rues pavées, où il y a des poules qui traînent librement. Le marché couvert (Odprta tržnica) pue intensément le fromage fumé et les saucisses. Nous avons acheté du pain aux graines à 1,20 euro et du ajdovi štruklji (sorte de roulé à la farine de sarrasin) pour 2,50 euros. Goût de beurre rance et de sucre, pas désagréable, mais un peu lourd le matin. Les lacs et la malchanceMercredi, nous avons loué une voiture chez Hertz Ljubljana (55 euros pour 24 h) pour rejoindre Bled. C'est à 50 km au nord-ouest. La route serpente dans les forêts. Nous avons crevé à 15 km de Bled. Première galère du voyage. Pas de roue de secours, juste un kit de réparation temporaire. Nous avons appelé le roadside assistance, attendu 45 minutes sous la pluie froide, avec ce sentiment de mouche écrasée au milieu de nulle part. Le mec qui est venu sentait la transpiration et la cigarette bon marché. Nous avons roulé lentement jusqu'à Bled. Bled : le cliché existe pour une raison. Le lac est effectivement bleu turquoise, mais en octobre tardif et par temps couvert, ce n'était pas le truc Instagram qu'on voit partout. Nous avons dormi à l'hôtel Vila Bled (140 euros la nuit, chambre standard avec vue lac partielle). Le petit-déjeuner était morne : jambon, fromage, pain blanc, confiture. Pas bon, juste correct. Le moment marquant : nous avons loué deux kayaks pour traverser le lac jusqu'à l'église de l'Assomption (Cerkev Marijinega vnebovzetja). C'était le samedi, 7 h du matin. Personne. Juste nous deux, le bruit de l'eau qui s'écrase contre les rochers, et une brume qui remontait du lac. À mi-parcours, je me suis rendu compte que j'avais peur de l'eau profonde. Ça m'a rattrapée d'un coup. Mais on a continué, et une fois arrivés à l'église, en montant les 99 marches, j'ai eu cette sensation bizarre de fierté stupide. Pour 45 euros les deux kayaks. Le restaurant Gostilna pri Planinici (rue Grajska cesta 8, Bled) nous a servi une soupe à l'orge incontournable au sens où elle était vraiment bonne : riche, chaude, salée juste comme il faut. Soupe avec crème fraîche, 4,50 euros. Le schnitzel était sec, 11 euros. Nous avons bu du vin blanc slovène local, un Sauvignon blanc de la région du Vipava, 3,50 euros le verre. Bohinj : la version sans touristesDe Bled, nous avons pris un bus de la compagnie Alpetour (numéro 22, 15 minutes, 2,50 euros) pour Bohinj. Bled c'est le lac pour les postcartes ; Bohinj c'est le lac pour respirer. Plus long, plus étroit, entouré de forêts qui piquent les yeux avec leurs couleurs d'automne. Nous avons marché le long du rivage pendant trois heures. C'était silencieux, juste le bruit des feuilles pourries qui craquent sous les pieds et le lac qui fait ce bruit de papier qu'on froisse quand il y a un peu de vent. Nous avons dormi au camping Sobec (tente, 12 euros par nuit). Pas chaud la nuit. Nous aurions dû prendre un hôtel, mais on voulait faire les aventuriers. Mauvaise idée. Nous avons acheté un bivouac supplémentaire à la petite épicerie du camping, Pika Pika supermarket, 2 euros le sac de chips et un vin blanc pas bon 3,80 euros. Avant de repartir, nous avons monté les 15 km jusqu'à la cascade Savica le dimanche matin. Levés à 5 h 30. Nous avons croisé trois autres personnes. L'air sentait les champignons pourris et la terre. L'eau tombait de 78 mètres, gelée au fond, et nous avons touché la paroi mouillée. Froid à se demander si les doigts allaient revenir. Entrée : 5 euros. Ça valait le coup. Retour à Ljubljana en bus (4 euros). La ville nous a semblé plus chaleureuse au retour. Nous avons dîné au Hiša Franko, non, trop cher (réservé mais prix des plats : 140-180 euros). Nous avons mangé une pizza à la Mostova (rue Vodnikov trg 2, Ljubljana) : 9 euros, plutôt bonne, pâte fine. Nous avons voulu visiter le musée d'Art moderne, il était fermé ce mardi-là. Pas de chance. Nous l'avons su en arrivant devant.
Les bons plans repérés sur place.
Kayak seul sur le lac de Bled à l'aube, descendre à l'église de l'Assomption et monter les 99 marches
Cascade Savica près de Bohinj (15 km de rando, 5 euros, eau glacée, personne d'autre)
Marché couvert Ljubljana (Odprta tržnica) : fromage fumé, saucisses locales, pain aux graines à 1,20 euro
Route Bled-Bohinj en bus local numéro 22 : 2,50 euros pour voir la vraie Slovénie sans touristes
Soupe à l'orge du restaurant pri Planinici, Bled : 4,50 euros, réconfortante, vraie
Photos — Ljubljana / Région des lacs alpins
Et au final.
La Slovénie, c'est pas spectaculaire comme la Suisse, mais c'est pas cher, c'est vrai, et les gens ne te haranguent pas. Ce qui nous a moins plu : le manque de signalisation claire en anglais dans les petits villages, et cette sensation d'être juste un peu trop loin pour être une destination facile si tu voyages en train ou sans voiture. On reviendrait, mais plutôt en juin qu'en septembre.
