Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Ljubljana Jože Pučnik un dimanche matin à 7h30, avec cette sensation de froid sec dans les narines typique de l'Europe centrale en automne. Le bus numéro 28 nous a menés au centre-ville pour 4,50 euros, une vraie aubaine comparé aux tarifs français. Le chauffeur parlait slovène avec un accent très guttural, et j'ai compris que nous entrons vraiment dans un pays où le français ne suffit pas. À Ljubljana, nous avons logé trois nuits à l'hôtel Union Experience, situé Prešernov trg 4, juste face à la cathédrale Prešeren. La chambre donnait directement sur la vieille ville. Le premier soir, nous avons commandé au restaurant Strelec une soupe aux champignons de pays (jota) pour 8 euros et un foie de veau enrobé de bacon (jetrca) à 14 euros. Le goût très riche, presque lourd, m'a surpris — la cuisine slovène ne plaisante pas avec le beurre et la viande. Nous nous sommes perdus en cherchant la place du Congrès national (Prešernov trg), et un homme âgé nous a guidés en parlant très lentement l'anglais, le sourire amusé. Le mardi, nous avons pris le train numéro IC601 à 8h45 depuis la gare centrale (Ljubljana Postaja) vers Bled, trajournée de 50 minutes pour 7 euros par personne. Le paysage traversait des collines vertes très douces, couvertes de sapins. À Bled, nous avons marché autour du lac — l'eau était grise, froide, pas du tout la teinte turquoise des cartes postales. Réaliste. Nous avons loué des vélos auprès de Kompas Bled (5 euros/jour) et fait le tour complet du lac, environ 6 kilomètres, en 2h30. Le château de Bled dominait le tout, perché sur une falaise rocheuse. La vraie galère : nous avions réservé un pique-nique à la ferme Gradska klet pour midi, mais le prestataire n'avait pas enregistré notre réservation. Conflit mineur en anglais cassé, puis ils nous ont proposé, en guise de compensation, un panier de jambon fumé local (pršut), de fromage Tolminc (fromage montagnard délicieux, qui dégageait une odeur franchement forte, presque musquée) et du pain riche pour 12 euros. Finalement rentable. Jeudi, nous avons loué une voiture (Renault Clio, 35 euros/jour) et nous avons grimpé vers les Alpes juliennes jusqu'à Triglav National Park. Nous avons suivi la route sinueuse numéro 209 vers le lac de Bohinj, véritable choc comparé à Bled : plus grand, plus sauvage, quasiment vide. Un silence absolu, rompu seulement par le vent dans les sapins. Nous avons déjeuné au restaurant Gostilna Sovdat sur les bords du lac — truite locale grillée pour 16 euros, avec du citron. Le gout frais, la texture délicate, très différent des truites de pisciculture qu'on croise en France. Nous avons tenté une randonnée de 3 heures vers le refuge de Savica (Slap Savica), une cascade impressionnante. À 300 mètres de l'arrivée, sans raison, j'ai senti un pic de fatigue intense — probablement un mélange de froid et d'altitude. Ma femme a dû ralentir la cadence. Pas dramatique, mais ça m'a rappelé qu'on n'est pas invincible. Vendredi matin, nous avons pris un car Flixbus depuis Ljubljana (9h15 depuis la gare routière) vers Maribor, au nord-est. Cinq heures de route, très boisées. À Maribor, ville plus industrielle et moins touristique que Ljubljana, nous avons visité le pont de la Reine (Kraljičin most) et nous avons mangé dans une petite gostilna locale, Hiša Franko (non, pas la fameuse du chef Jernej Prešeren, mais une maison privée convertie en restaurant). Pâtes faites maison (fuži) avec du ragoût de cerf pour 10 euros. L'atmosphère était chaude, bruyante, remplie de locaux qui parlaient fort. On s'est sentis vraiment en dehors du circuit touristique. Dimanche, retour à Ljubljana. Nous avons visité le marché central (Centralna tržnica), ouvert chaque matin de 6h à 14h. Les odeurs mélangées de miel (en pots énormes), de fromage, de fruits rouges — une vraie débauche sensorielle. Nous avons acheté des ravioles farcies au fromage blanc et noix pour 2 euros au kilo, et un miel ambré épais à 8 euros le pot.
Les bons plans repérés sur place.
Le lac de Bohinj (route 209) — plus calme et authentique que Bled, avec un restaurant direct au bord de l'eau (Gostilna Sovdat)
Le marché central de Ljubljana (Centralna tržnica, 6h-14h) — fruits rouges, miel local et ravioles fraîches à prix vrais
La cascade de Savica (Slap Savica, Triglav Park) — randonnée courte (3h) mais exigeante, très peu de monde
Train IC601 Ljubljana-Bled (50 min, 7 euros) — paysage forestier très boisé, bien moins connu que les cars touristiques
Fromage Tolminc à la ferme Gradska klet (Bled) — fromage montagnard fumé, odeur forte et goût riche, à découvrir absolument
Et au final.
La Slovénie s'est révélée moins tape-à-l'œil qu'attendu, mais bien plus chalcureuse. Les lacs sont beaux, sans être transcendants. Le point négatif : les prix montent vite pour les touristes, et l'infrastructure touristique reste perfectible — peu de panneaux en français, des horaires de musée aléatoires. Mais le rapport qualité-prix de la nourriture et des hébergements est excellent, et la nature est réelle, pas stérilisée.