Comment ça s'est passé.
On s'est levés à 5h30 à l'hôtel Jing An Shangri-La pour attraper le train D301 Shanghai-Xi'an à 7h15 depuis la gare de Shanghai Hongqiao. Le quai sentait l'eau de Javel mélangée à la vapeur de thé. Pendant les 12 heures de trajet, j'ai commandé un bol de nouilles fraîches au wagon-restaurant (42 CNY, environ 5,50 €). Le contraste était saisissant : sortir de Shanghai avec ses tours qui percent les nuages et rouler progressivement vers des champs de maïs pousséreux. Avant le départ, on avait passé quatre jours à Shanghai. Le premier matin, on s'est perdus en cherchant le Starbucks de Nanjing Road East (celui au 8e étage du bâtiment Ming Galaxy). J'ai remarqué l'odeur âcre des pots d'échappement mélangée à celle des vendeurs de xiaolongbao (raviolis vapeur) aux coins de rue. Contre notre attente, on a découvert un petit restaurant sans enseigne anglaise, Lao Ban Shou Gong, dans une ruelle près du Bund : nouilles à base de bouillon d'os pendant 6 heures, brochettes de foie de canard. Le gérant nous a mené par la main parce qu'on ne parlait qu'un mot de mandarin. Ça a vraiment changé la façon dont on voyait la nourriture du quartier. La vue depuis le Shanghai Tower (deuxième plus haute du monde, on montait au 118e étage) restait franchement froide — trop de pollution cette semaine-là, on voyait à peine 10 km. Xi'an a été un choc. On a marché jusqu'à l'armée de terre cuite le jour 9 : bus 915 depuis la gare routière de Xi'an jusqu'au musée (10 CNY, 45 minutes dans les embouteillages). Voir les 8 000 guerriers en vrai, même cassés, même restaurés, même avec les murs gris du musée autour : on s'est arrêtés sans parler pendant 10 minutes devant la fosse 1. Les archéologues laissent les fouilles en cours visibles. Vous sentez la poussière fine de l'argile, ça colle aux narines. On a raté la fermeture des restaurants à 22h : impossible de trouver à manger après. Les petits restos de rue fermaient vers 21h30 et les chaînes plus tard, mais aucune ne nous plaisait vraiment.Un chauffeur Didi (équivalent chinois d'Uber) nous a facturé deux fois le tarif affiché — on s'en est rendus compte à la destination et on a dû négocier. Frustrant.On a loué des vélos pour circuler dans les murs de Xi'an (muraille Ming, 15 km de promenade). C'était un dimanche, des centaines de familles chinoises aussi, on se cognait les uns aux autres. Beauté du lieu gâchée par la masse.À Shanghai, le dimanche matin au marché Yu Garden, l'eau sentait les herbes potagères, les poissons frais et le fumier. Les maraîchers criaient les prix en dialecte, impossible de comprendre. On a mangé un bol de soupe aux wontons glacée au puits souterrain du marché (20 CNY) — cela semblait folie mais c'était délicieux en pleine chaleur humide (32°C, 75% d'humidité). Le gingembre frais dans le bouillon piquait fort. Dernière soirée à Xi'an : restaurant d'élite Jia Wei avec pigeon rôti aux herbes (260 CNY, 34 €). La peau croustillait sous la dent, c'était le moment où on s'est dit que deux semaines en Chine, ce n'était pas suffisant. Mais aussi le moment où on s'est rendus compte qu'on avait la fatigue touristique : plus envie de naviguer, plus envie d'essayer de parler.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Yu Garden à Shanghai : arriver à 7h avant la foule, soupe aux wontons au puits souterrain (20 CNY)
Armée de terre cuite (Xi'an, musée Qin Terracotta Army) : fosse 1 en priorité, parking à 8h30 pour éviter les bus de groupes
Restaurant sans enseigne Lao Ban Shou Gong (ruelle Huangpu, Shanghai) : nouilles maison, pas de menu, demander au gérant
Train D301 Shanghai-Xi'an Hongqiao (12h, wagon-restaurant) : observer les paysages ruraux, nouilles fraîches à 42 CNY
Muraille Ming de Xi'an à vélo (location 30 CNY/jour) : tôt le matin, avant 10h, 15 km de promenade avec peu de monde
Et au final.
Shanghai et Xi'an m'ont donné ce que je cherchais : un vrai contraste, de vraies rencontres et du goût. Les deux premières semaines, je m'attendais à une Chine figée dans les cartes postales ; j'ai trouvé une Chine en accélération permanente, stressante, généreuse par moments, aussi très commerciale et bruyante dans les lieux touristiques. Je reviendrais, mais plus longtemps et moins vite.