Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport d'Incheon à 14 h le 8 janvier, complètement épuisés après 12 heures de vol avec Korean Air. Le trajet en Airport Railroad Express jusqu'à Seoul Station a pris 43 minutes : 9 000 won par personne, des sièges chauffants que j'ai découverts à coup de sueur froide au démarrage. Bizarre de voyager seul à quatre dans un compartiment réservé aux groupes. Notre hôtel, le Myeongdong House Hotel, était à deux pas de la rue piétonne Myeongdong-ro. Rien de luxe, mais propre, avec une clim qui ronronnait comme un chat nerveux. Première nuit, on s'est effondrés à 19 h sans même manger. Jour 2 : le choc des odeurs et des foulesLevé à 6 h pour explorer avant que la cohue ne prenne. Le marché de Namdaemun nous a frappés d'emblée : l'odeur âcre du kimchi fermentant en cuves métalliques géantes se mêlait à celle, très sucrée, des poissoneries. Température : -3 °C, mais avec l'humidité du marché, on sentait les doigts qui commençaient à devenir raides. On s'est arrêtés chez un vendeur de tteokbokki (3 500 won la portion) : la pâte sucrée-épicée qui collait à la fourchette en plastique, fumante. Ça a dégelé les mains cinq secondes. Deuxième galère du voyage : le bus n° 171 sur lequel on comptait pour rejoindre Bukchon, on l'a raté de trois secondes. Trois secondes. Résultat, on a attendu 22 minutes dans le froid en se demandant si on se trompait d'arrêt (affichage coréen uniquement, application Naver Map qui bugguait). Bukchon Hanok Village valait quand même le coup, avec ses petites ruelles en pierre de maisons traditionnelles du XVIIIe siècle, des cafés branchés nichés dedans. Au café O'Sulloc (chaîne de thé coréen), un thé vert-flocon avec gâteau mochi : 11 000 won. Goût très végétal, presque marin. Jours 3-4 : Gangnam, énergie et déception contrôléeGangnam a tenu ses promesses : bruit de la rue Gangnam-daero qui ne s'arrêtait jamais, vitrines de marques de luxe, files d'attente devant les restaurants de K-pop idols. On s'est cassé une heure à chercher le restau « Jungsik » (trois étoiles Michelin) dont on avait lu les critiques. On l'a trouvé, mais 400 euros par personne pour un menu découverte sans boisson, c'était au-dessus de nos budgets. On a mangé plutôt chez une petit grill à viande (Gangnam Galbijim) : côtes de bœuf marinées 25 000 won, qu'on cuisait soi-même sur la plaque intégrée à la table. Saveur salée, goût de sauce de soja concentrée, un peu poivrée. On a dû demander au serveur comment faire avec les pinces (gêne culturelle 1-0 pour nous). La nuit à Gangnam Club District nous a mis mal à l'aise. Boîtes routières avec des VIP tables à tarif gonflé, senteur lourde de cigarette malgré l'interdiction. On a buté contre une arnaques : verre de cocktail facturé 35 000 won au lieu des 12 000 promis. Altercation maladroite au bar, résolution avec un responsable qui nous a remboursé la moitié en nous faisant du charme. Frustrant. On a préféré finir la soirée au convenience store 24 h GS25 du coin, avec bière locale (Cass, 3 500 won) sur les marches d'une ruelle. Jours 5-7 : Palais, temple, puis affaissement urbainLe Palais de Gyeongbokgung s'ouvrait à 9 h. On y est arrivés à 8 h 45, déjà 70 personnes. Visite guidée en anglais incluse dans le ticket d'entrée (3 000 won pour nous, résidents étrangers). Le froid sec du matin rendait les pavés glissants. Dans la cour principale, le silence soudain malgré les centaines de touristes, juste le son du vent dans les tuiles jaunes du toit. Moment marquant, presque palpable. On a acheté du ginseng rouge en bâton à un vendeur devant les douves : 15 000 won. Goût très amer, chaleur dans la gorge pendant trois heures après. Jour 5, fatigue décalage horaire + pollution de l'air (indice AQI à 167 ce jour-là, classification « mauvaise »). On a passé une journée à l'intérieur : N Seoul Tower (vue de Séoul à 360°, mais nuageux), arcade de jeux rétro à Jongno, puis spa nordique une heure vers 18 h (jimjilbang Vina à 20 000 won avec accès illimité). Thermes à 42 °C, corps enfin relâché. Espace avec lit de pierre chauffante où dormir les gens se ronflaient sans gêne. Jours 8-9 : Incheon, moment calme et retourDernier weekend, on a pris le métro (ligne 1, direction Incheon) pour voir la Baie d'Incheon et le port. Station Incheon International Airport, 55 minutes. Marché de Sinpo (poisson frais, légumes marinés en pots translucides), petits restaurants de fruits de mer. Soupe de morue séchée (11 000 won) à goût océan presque métallique, un peu rassurant. Moment sans touristes, juste des aînés qui déambulaient. Retour à Séoul, départ à 10 h de l'hôtel le 16 janvier. Train Arex en sens inverse, dernier sandwich au gare de Seoul Station (15 000 won).
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Namdaemun à 6 h du matin avant la foule, fumée des tteokbokki sur les visages gelés
Palais Gyeongbokgung à 8 h 45, silence inattendu, silence entre les centaines de touristes
Jimjilbang Vina (spa public) : lit de pierre chauffante à 42 °C, espace de sommeil collectif sans tabou
Galbijim chez Gangnam Galbijim : grill à la table, sauce de soja, apprentissage des pinces coréennes
Bus n°171 échoué : détour par pied jusqu'à Bukchon, rues en pierre du XVIIIe siècle, cafés O'Sulloc branchés
Et au final.
Séoul nous a bouscoulés : chaos urbain constant, mix palpable de tradition figée et frénésie moderne, moments de vraie beauté dissolvus dans le bruit. La ville exige qu'on la batte à son jeu. On repartait avec des contusions aux mollets et aucun regret, sauf d'avoir manqué plus de restaurants de quartier. Retour possible ? Oui. Mais plutôt au printemps.







