Comment ça s'est passé.
Arrivé à l'aéroport international de Galeão le 15 mars à 22h30, j'ai d'abord pris le bus numéro 2018 (Real Auto Ônibus) jusqu'à Copacabana pour 15 reais. Le chauffeur roulait comme un dingue, j'ai cru à plusieurs reprises qu'on allait percuter une moto. Première leçon : à Rio, les embouteillages n'existent que pour les timides. J'ai logé à l'hôtel Atlantis Leme, une petite pension familiale rue Rua Décio Villela, à 150 reais la nuit. La proprio, Dona Maria, m'a conseillé de ne pas traîner seul après 18h près de la praia do Leme. Conseil qu'j'ai suivi à la lettre. Les premières 48 heures : plages et ascension chaotiqueJ'ai commencé comme tous les touristes : levé à 6h pour voir le lever du soleil sur la plage de Copacabana. L'air était humide, chargé de l'odeur salée de l'océan mélangée aux gaz d'échappement des voitures. Les vendeurs de água de coco (eau de coco fraîche) criaient déjà leurs prix à 8 reais le verre. J'en ai acheté un. C'était délicieux, froid, sucré naturellement. Aucun regret. Le Christ Rédempteur m'a pris trois heures pour le voir. Pas à cause de la distance, mais de la bêtise : j'ai pris le mauvais chemin au Bairro da Urca. J'ai fini par emprunter le train à crémaillère (Corcovado Train, départ gare Cosme Velho) à 89 reais. La montée prenait 20 minutes, et en haut, le brouillard cachait Rio à 80 %. Moment frustrant. J'ai attendu une heure que ça se lève : raté. Favela et regard décaléLe 18 mars, j'ai visé une visite guidée à la favela da Rocinha avec l'agence Favela Experience. 180 reais pour 3 heures. Je m'attendais à du sensationnalisme, j'ai trouvé autre chose : un guide local, Carlos, qui habitait là-bas depuis 40 ans, m'a montré des rues que les tours « security » évitent. Les cieux étaient bas, les maisons serrées les unes contre les autres, couleurs vives jaunes et roses sur du béton gris. L'odeur des coxinhas (beignets farcis) en friture flottait partout. Carlos m'a acheté un café au bar O Último Trem pour 4 reais. Il m'a dit : « Les touristes ont peur. Moi, je rentre chez moi chaque soir. » Ça m'a frappé. La galère du restaurant fermé et les nuits de LapaLe 20 mars, catastrophe : le restaurant Confeitaria Colombo, une institution depuis 1913 dans le centre-ville, était en rénovation. J'avais prévu d'y manger leurs pastéis réputés. À la place, j'ai dû trouver un plan B (Botafogo, restaurant Sushi Leblon) et j'ai dépensé 78 reais pour des sushis corrects mais sans âme. Lapa, c'était autre chose. Je suis arrivé vers 22h à la rua da Lapa. Les façades coloniales étaient orange et vert pâle sous les lampadaires jaunes. Guitares électriques venaient de partout. J'ai entré au bar Carioca da Gema, un spot de samba en direct. Une bière Brahma à 12 reais. Les gens dansaient sans vergogne, même mal. C'était pas spectaculaire, juste… vivant. Chaleur humide, sueurs qui coulent, rires qui collent à la peau. Pain de sucre et déception commercialeLe Pão de Açúcar. Câble d'acier, deux étapes, vue à 360°. 165 reais aller-retour. J'y suis allé le 22 mars en fin d'après-midi. Le ciel était dégagé. Et là, en haut, j'ai compris : c'est la seule vraie vue panoramique de Rio. Plages en croissant blanc, villes qui s'étendent jusqu'à l'horizon bleu-gris, la baie turquoise. Photos qu'il faut garder privées tellement elles ressemblent à des cartes postales. Le marché et les saveurs brésiliennesMarché Saara, dans le centre. Rues étroites, vendeurs qui vous interpellent. J'y ai acheté des açaí bowls à 18 reais chez un petit vendeur (sirop de fruit violet, graines, miel, banane). C'était sucré, froid, c'était bon. J'ai aussi testé des brigadeiros (pâte de chocolat condensé) à 2 reais la pièce. Addictif. Dangereux. L'arnaqueuse : un taxi blanc (pas officiellement enregistré) m'a gonflé la course de l'aéroport Galeão à Ipanema. 85 reais au lieu des 50-60 normaux. Je ne l'ai su que bien après, par un local. Première arnaque de ma vie en Amérique du Sud. Pas grave, pas catastrophe, juste… un rappel. Les derniers jours : Ipanema et départIpanema les matins, c'est la même chose que Copacabana mais avec plus de touristes riches et moins de vendeurs. Moins honnête, presque. J'ai mangé au restaurant Garota de Ipanema, celui des Antônio Carlos Jobim et Vinícius de Moraes. Arroz com frango (riz-poulet) à 42 reais. Basique, bon, rien de spécial. Le charme du lieu venait plus du mythe que de l'assiette. Le 26 mars, Vol Gol G3 1245 à 14h45 (Galeão vers São Paulo). Retard de 50 minutes, pas d'explication. Bilan Rio : j'ai marché 35 km en 12 jours, j'ai parlé avec six personnes qui vivaient là, j'ai mangé trop de sucre, j'ai évité deux petits malaises à cause de l'humidité et de la chaleur (32-38°C en permanence). Rio n'est pas une ville vacances, c'est une ville qui vous secoue.
Les bons plans repérés sur place.
Favela da Rocinha avec un guide local : comprendre Rio bien au-delà des clichés
Lapa la nuit, rua da Lapa, bar Carioca da Gema : samba en direct sans mise en scène
Pão de Açúcar en fin d'après-midi (165 reais) : la seule vraie vue qui vaut le détour
Marché Saara, centre-ville : açaí bowls à 18 reais et brigadeiros addictifs
Praia de Leme au lever du soleil, 6h du matin : avant que la ville ne s'éveille
Photos — Rio de Janeiro
Et au final.
Rio est plus brut, plus inégal, plus vrai que je l'imaginais. Les plages et le Christ valent le détour, mais c'est la rencontre avec les gens, les galères mineures et les saveurs qui restent. Ce que j'ai moins aimé : l'insécurité qui rend certains quartiers inaccessibles la nuit, et cette sensation de touriste qui paie le prix fort sans vraiment profiter.








