Comment ça s'est passé.
Arrivée le 3 novembre à 7 h du matin à l'aéroport de Galeão. Vol TAP Air Portugal depuis Lisbonne, trois heures de sommeil dans l'avion. Le contrôle d'immigration a traîné – quarante-cinq minutes debout, suant dans un couloir climatisé à outrance. Premier choc : l'air humide et chaud qui s'engouffre quand on sort des portes automatiques, mélange de diesel et de fleurs tropicales. Taxi jusqu'à l'hôtel Ibis Styles Copacabana (99 réais la nuit, environ 18 euros). Chambre minuscule mais propre, vue sur la rue Rua Figueiredo de Magalhaes. Murs jaune pâle, climatisation bruyante. J'ai dormi trois heures. À midi, première sortie sur la plage de Copacabana. L'eau était tiède, presque désagréablement chaude, et pleins de petits poissons. Des vendeurs ambulants passaient toutes les dix minutes : agua de coco frais (8 réais), acarajé (12 réais). J'en ai mangé un – pâte de pois chiches frite fourrée de sauce épicée – et j'ai eu mal à l'estomac deux heures après. Leçon apprise. Favelas et Christ RédempteurLe 4 novembre, j'ai pris le bus 474 depuis Copacabana vers le Complexo do Alemão. C'était une erreur. Un tour organisé aurait été plus intelligent, mais je voulais « l'expérience vrai ». Le bus était écrasé de monde, fenêtres ouvertes, odeur intense de transpiration et d'eau de toilette bon marché. Une femme m'a pris mon téléphone dans le bus – ou presque. Elle l'a glissé de mon sac partiellement ouvert. Je l'ai vue faire. Confrontation maladroite avec elle en mauvais portugais. Elle a menti, dit que c'était un malentendu. Elle l'a remis. Moment stressant. Après, j'ai loué une visite privée avec Paulo, un guide local via une app (120 réais, payés d'avance). Lui, au moins, il m'a expliqué que les favelas ne sont pas des zones de guerre comme les médias le décrivent – c'est plus nuancé, des quartiers avec vie sociale, commerce, mais oui, criminalité. Paulo habitait à Rocinha, la plus grande. Il m'a montré des murs avec des tags, des petits restaurants, des épiceries où il achetait son café le matin. Le Christ Rédempteur, j'y suis allée seule le 5 novembre. Train à crémaillère depuis la station Cosme Velho (40 réais, quelques euros). Vue exagérée par tous les guides touristiques, mais quand même, être sous cette statue géante, sentir le vent froid à 700 mètres d'altitude après deux jours d'humidité collante, c'était dépaysant. Sandwiches vendus 35 réais. Arnaque, mais j'avais faim. São Paulo : béton et gastronomieBus nuit depuis Rio le 7 novembre (Compagnie Util, départ 22 h 30). Six heures en couchette, assez confortable. Arrivée à São Paulo 6 h du matin à la gare Tietê – bâtiment géant, souterrain complexe, escaliers mécaniques défaillants. Hôtel Ibis Budget Consolação (65 réais/nuit). Quartier graffité, rue bruyante 24/24. São Paulo n'a pas de plages, j'étais au courant. C'est une ville de 12 millions d'habitants, plate, grise par endroits, moderne ailleurs. J'ai pris le métro ligne 3 (rouge) vers le musée MASP (Musée d'Art de São Paulo). Le trajet : trois stations, 4,40 réais. Musée debout sur des colonnes, architecture 1960 remarquable. À l'intérieur, tableaux européens et brésiliens, peu de monde en semaine matin. Café au bar du sous-sol : um café com leite (petit-lait tiède avec café, 6 réais). Déjeuner au restaurant Consulado Mineiro, Rua 25 de Março. Repas mineiro traditionnel : riz blanc, feijão (haricots noirs), escalope de poulet, maïs – 28 réais. Cuisinier qui venait du Minas Gerais. Patio plein de gens d'affaires. Saveur terreux des haricots, j'ai aimé. Le 9 novembre, visite de la Pinacothèque (entrée gratuite le mercredi matin – j'y suis allée le jeudi, donc 20 réais). Peintures brésiliennes XVIIIe-XXe. Peu de touristes. Cela m'a plu : pas de foule, pas de sensation commercial. Le 10 novembre, sortie nocturne à Vila Madalena – quartier bobo avec graffitis, petits bars. J'ai bu une caïpirinha de cachaça artisanale au bar Botânico (28 réais). Excellent – citron frais pressé, sucre, glaçons pleins. Minuit passé, retour en Uber (42 réais, chauffeur silencieux, route fluide). Les trois derniers jours, j'ai marché sans plan, pris le métro ligne 2 (verte) jusqu'à des stations inconnues, mangé des pastéis de queijo (fromage) vendus à la street pour 4 réais chacun. Une partie de Rio, une partie de São Paulo : c'est pas fini d'apprendre à lire ce pays.
Les bons plans repérés sur place.
Plage de Copacabana au lever du soleil (5h30) – eau calme, vendeurs pas encore nombreux
Restaurant Consulado Mineiro, São Paulo – feijoada complète le samedi (48 réais pour portion double)
Marin Baillon Bar, Rio, Lapa – caïpirinha de fruits maison, musique brésilienne en direct (25 réais)
Train à crémaillère jusqu'au Christ Rédempteur – dernier trajet en fin d'après-midi pour éviter la foule
Station de métro Tatuapé, São Paulo – zone résidentielle vraie, cafés d'habitants, zéro touriste
Photos — Rio de Janeiro et São Paulo
Et au final.
Deux semaines qui m'ont donné envie de revenir, mais pas avant trois mois. Le Brésil est généreux et compliqué – mélange d'hospitalité et d'instabilité, de beauté naturelle et d'urbanisme chaotique. Le point négatif majeur : le sentiment constant d'vigilance, le besoin de faire attention à ses affaires. On n'est jamais totalement en vacances.








