Comment ça s'est passé.
On arrive à Rio par le vol TAP Air Portugal à 16 h 30. L'aéroport Galeão est à 20 km de Copacabana, et le bus exprès coûte 14 reais (3 euros). Première impression en sortant : l'air est lourd, humide, saturé par les gaz d'échappement des voitures qui klaxonnent sans raison. La température affiche 32 °C à l'ombre. On descend à l'hôtel Belmond Copacabana Palace en face de la plage, clairement un luxe qu'on s'offre une nuit juste pour le moment (320 euros). Les autres jours, on reste à l'Airbnb de Marcos dans le quartier de Santa Teresa, bien moins touristique, 60 euros la nuit. Jour 2 : Favela et réalitéOn prend la visite organisée avec Favelatour à 8 h du matin pour la Rocinha. Le guide Carlos est un ancien habitant, il nous explique comment ça marche vraiment là-dedans. L'odeur mélange le béton mouillé, la cuisine (ils font cuire du riz et des haricots partout), et franchement ça pue la tuyauterie défaillante. C'est pas romantisé, c'est réel. Carlos nous montre une école dans une ruelle de 1,5 mètre de large. On discute pendant 2 h, et là on réalise qu'on sait rien sur le Brésil en arrivant. Retour en minibus taxi partagé : 5 reais par personne. Le conducteur conduit comme un malade, nous passe des bosses à 50 km/h. On demande à descendre plus tôt qu'à Copacabana, finalement on marche 15 minutes vers le Café com Calma à Santa Teresa. Cappuccino et bolo de chocolate : 12 reais. Le bolo est humide, sucré à mort, on en reprend. Jour 3-4 : Christ Rédempteur et réalité touristiqueLever à 5 h pour monter au Christ Rédempteur avant la foule. Le ticket coûte 80 reais (16 euros) depuis la base du Corcovado. On prend le train à crémaillère à 6 h 45, il monte en 20 minutes. Vue sur Rio qui sort de la brume. Moment où on voit 10 millions de gens se réveiller en même temps dans la baie de Guanabara, les favelas qui deviennent du jaune et du rose dans le lever du soleil. C'est dingue. Pas de formule magique : c'est juste grand et ça fait quelque chose. Vers 9 h, le Christ est blindé. Selfies partout. On mâche des churros vendus par des vendeurs informels (3 reais chacun), et on discute avec un mec de Salvador qui nous dit que Rio c'est trop touristique maintenant. Retour : on prend le bus 464 depuis la base du Corcovado vers Lapa. Galère monumentale. Le bus est à 35 °C à l'intérieur, serré contre des gens qui travaillent, on entend de la samba qui sort de haut-parleurs pourris sur le toit du minibus. 4 reais le trajet. Mais on croise un mec qui nous vend des breloques en bois, il nous parle du Carnaval qui arrive dans deux mois, de ses ambitions de samba-école. Son histoire nous reste. Jour 5 : Copacabana, Ipanema, et arnaqueMatin à Copacabana. On nage, l'eau est à 28 °C, salée et un peu verte à cause des algues. On prend un jus de cevada (orge) à la plage, le mec nous dit 15 reais. On paye. Deux minutes après, il revient en disant qu'il y a une taxe spéciale plage de 5 reais de plus. C'est de l'arnaque pure. On refuse, finalement on paye 12 et on s'en va. Déjeuner à Ipanema : restaurant Garota de Ipanema (oui, le mythique). Moqueca de peixe (ragoût de poisson à la noix de coco) : 58 reais (11 euros). C'est bon mais le service est lent, on attend 1 h 30. On comprend que les Brésiliens ne mangent pas vite ici. Jour 6-7 : Vallée de MaracanãOn prend le train depuis Galeão jusquà Cascadura. Le train est vieux, pas climatisé, et traverse des quartiers qu'aucun touriste ne voit. Arrêt à Maracanã : on visite le stade, les gens autour nous expliquent que c'est le cœur de Rio. Ticket 20 reais. À côté, marché Saara, on essaie des crevettes grillées à 25 reais la brochette. Goût de fumée et de citron. Jour 8-10 : Montagne de pain de sucre et retraitTélécabine pour le Pão de Açúcar à 8 h 30. 160 reais aller-retour. En haut, vue sur Copacabana, Botafogo, tout l'Est de Rio. Le câble grince, on a la chair de poule. On reste 3 h là-haut, on ne parle pas. Redescente à 14 h. Les trois derniers jours, on traîne à Santa Teresa, on va au Lapa le soir (danse samba au bar Boteco do Jogo, cerveja Brahma 7 reais), on perd deux jours à ne rien faire à cause de la chaleur écrasante, on mange mal parce qu'on fatigue. Le dernier soir, vol retour TAP 22 h 55 depuis Galeão.
Les bons plans repérés sur place.
Rocinha avec guide Carlos de Favelatour : visite sans bullshit, 3 h, 120 reais
Train à crémaillère Corcovado, premier départ à 6 h 45, 80 reais aller-retour
Marché Saara, crevettes grillées, quartier Maracanã non touristique, crevettes à 25 reais
Café com Calma Santa Teresa, bolo de chocolate, 12 reais, atmosphère locale authentique
Télécabine Pão de Açúcar au lever du jour, 160 reais, ne pas y aller après 10 h
Photos — Rio de Janeiro
Et au final.
Rio nous a moins laissé le choix qu'on pensait. C'est intense, ça t'enveloppe. Les touristes disent que c'est paradisiaque ; nous, on pense que c'est un enfer urbain avec des moments de grâce. La chaleur les trois derniers jours nous a détruits, et on a loupé des choses. Mais Carlos, les vendeurs de Lapa, le goût du jus de cevada, la favela, on n'oublie pas.








