Comment ça s'est passé.
Arrivée aéroport Santos Dumont le 2 février à 14h30, après 11 heures de vol avec TAP Air Portugal. Le thermomètre affichait 38°C. Dès la sortie, cette odeur caractéristique d'humidité tropicale mélangée aux gaz d'échappement des taxis jaunes jacinthe. J'avais réservé la Pousada Copacabana Beach sur la Avenida Atlântica, chambre 302, vue directe sur la plage. 280 réals par nuit. Premier choc : le bruit. Pas romantique. Sirènes, klaxons continus, musique des bars jusqu'à 3 du matin. Les trois premiers jours ont coïncidé avec le début des répétitions du Carnaval. J'ai traîné jusqu'à la Sapucaí, le sambodrôme, mercredi matin à 6h. Payé 150 réals pour une place debout. Ce qui m'a frappée : le bruit des tambours résonne physiquement dans la poitrine. Pas une métaphore. Les écoles de samba répètent leurs costumes géants de 15 mètres de haut. Pas de spectateurs « touristiques » à cette heure, juste des Cariocas qui dansent depuis 5h du matin en ayant déjà consommé trois bières. La galère du bus 474Samedi, j'ai voulu monter au Cristo Redentor en train depuis le quartier de Cosme Velho. Erreur. Le touriste derrière moi à la gare Corcovado (lignes 400 et 404, trajet de 20 minutes) ne parlait pas anglais. J'ai demandé en portugais approximate « Quem tem bilhete? » (qui a un billet?). Le chauffeur m'a regardée comme si j'avais demandé le sens de la vie. Finalement, j'ai pris le bus 474 direct depuis la Praia de Botafogo. 4 réals, trajet de 50 minutes dans un véhicule sans climatisation. Assis sur les genoux d'un homme qui mangeait un pastel de queijo chaud. L'odeur du fromage frit mélangée à la sueur. Je suis descendue trois arrêts trop tôt. Cristo Redentor : impressionnant, oui, mais bondé de groupes de touristes avec des selfie-sticks. 28 réals l'accès. La vue sur la baie de Guanabara était voilée par la pollution. Rester 15 minutes. Partir avant 11h si on veut éviter les cars de touristes. Où manger sans se ruinerLa vraie vie culinaire se joue dans les lanchonetes. Au Boteco Praia, petite gargote à Leme, j'ai mangé une moqueca de peixe (ragoût de poisson à la noix de coco) pour 32 réals. Goût rance du lait de coco fermenté... non. Goût riche, épais, écœurant après deux bouchées. Les Cariocas, eux, commandaient de l'eau glacée en complément. Le chopp (bière pression) coûtait 12 réals les 400 ml. Au marché São Cristovão, jeudi soir, j'ai acheté des açaí bowls (45 réals) auprès d'un vendeur qui pesait la portion sur une balance mécanique cassée. Il ajoutait du granola à vue de nez. Le contraste favela-plageDimanche, grosse erreur de planification. J'avais réservé une visite guidée du complexe de la Rocinha avec « TourCarioca.com ». Le guide était en retard de 45 minutes. Pendant ce temps, assis sur un banc à l'entrée, j'ai vu des enfants jouer au foot avec une balle dégonflée. Une femme vendait des jus d'orange frais pressés à même la rue (5 réals). La Rocinha : 70 000 habitants sur moins de 2 km². Les ruelles montent à 45°. Pas de beauté là-dedans, juste une densité urbaine écrasante, des fils électriques partout, des odeurs d'égout par endroits. Le guide, sympathique, m'expliquait qu'il avait grandi ici. Pas de complaisance touristique. Pas d'« authenticité » vendues en boucle. Juste la réalité. Mardi et mercredi, j'ai enfin profité de Copacabana correctement. 5h du matin pour voir le soleil se lever sur la plage. Température : 28°C déjà. Les vieux Cariocas faisaient leur gym à même le sable. Un couple embrassé à la bouche près des vagues. Café-au-lait avec un bolo de chuva (gâteau à la pluie) à la Confeitaria Colombo (avenue centrale) : 8 réals. Ce pain était humide, sucré, rien d'extraordinaire. Mais c'était brésilien. Le Carnaval enfinSamedi des parades officielles, j'ai craqué pour des billets à 380 réals en catégorie 3 (vue latérale du Sambodrôme). 5 heures d'attente, bousculade dans les escaliers de béton brut. Aucune organisation, les vendeurs ambulants traversaient les rangées de spectateurs avec des bières à 25 réals pièce. Les écoles passaient : 45 minutes par école de samba, 80-100 danseurs en costumes ridiculement beaux, orchestres de 150 musiciens. Un seul moment : l'école Mangueira passait et une femme à côté de moi s'est levée et a pleuré. Elle dansait avec ce groupe depuis 20 ans. C'était son histoire qui défilait. Les deux derniers jours, j'ai flâné. Lagoa Rodrigo de Freitas, une petite course autour du lac (trajet facile, 7 km). Visite au musée d'art moderne fermé le lundi (pas vérifié à l'avance). Paleta de picolé à la passion fruit à 3 réals. Retour à l'aéroport Santos Dumont le 16 février, vol 14h45 avec TAP.
Les bons plans repérés sur place.
Sapucaí sambodrôme - répétitions gratuites le matin (6h-9h), vrais danseurs sans touristes
Boteco Praia à Leme - moqueca de peixe 32 réals, goût trop riche mais authentique
Rocinha favela - visite contrastée, pas de folklore, réalité urbaine brute
Copacabana lever de soleil 5h - Confeitaria Colombo pour bolo de chuva 8 réals
Bus 474 depuis Botafogo - trajet chaotique mais vrai Rio, 4 réals
Photos — Rio de Janeiro
Et au final.
Rio, c'est intense. Le Carnaval vaut vraiment le détour mais c'est un chaos organisé : cher, fatigant, pas assez de toilettes. Les plages sont belles mais surpeuplées en février. Ce que j'ai moins aimé : la saleté, les arnaqueurs de taxis aux faux compteurs, et cette sensation de toujours devoir surveiller ses affaires. Je reviendrais, mais pas pour le Carnaval.








