Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Prague un mercredi soir par le vol Ryanair FR4521, après 2 h 15 de vol depuis Lyon. L'aéroport Václav-Havel est à 20 km du centre. On a pris le bus 119 jusqu'à la station Nádraží Veleslavín (45 CZK par personne, soit 1,80 €), puis le métro ligne A jusqu'à notre hôtel, le Casa Marconi près de la place Venceslas. Chambre double à 58 € la nuit, petit-déj inclus. Correct, sans plus : le wifi coupait tous les quarts d'heure. Les trois premiers jours, on s'est perdus exprès dans le Staré Město (la Vieille Ville). C'était jeudi matin, 7 h, avant l'arrivée des autocars. On a marché dans les ruelles pavées du côté de la rue Celetná, qui sent encore l'encens des églises et les vapeurs de trdelník (cette pâte frite fourrée à la cannelle, 80 CZK, soit 3,20 €). Le contraste était violent avec les groupes de 60 touristes qui arrivaient vers 10 h 30, appareils photo braqués sur le même trottoir. On a compris qu'il fallait se lever tôt ou trouver ailleurs. La cathédrale Sainte-Guy dans le château de Prague valait vraiment le coup. On y est entrés à 8 h 30 (accès au château gratuit le matin avant 9 h, vitraux gratuits). Les vitraux du XXe siècle, surtout celui de Mucha, donnent une lumière quasi irrelle à l'intérieur. C'est là qu'on a eu le moment qui m'a marquée : mon mari a reconnu une inscription en français gravée par un pèlerin en 1897. Petit détail bête, mais ça m'a ramené l'humanité du lieu. Le soir du deuxième jour, galère majeure : on a voulu réserver une table au restaurant U Provaznice (réputé pour ses goulash, entre 180 et 280 CZK). Pas d'accès internet à l'hôtel, on est allé demander en direct à 18 h 30. Le serveur nous a dit qu'il n'y avait plus de place avant 21 h. On a accepté, mais à 21 h 15, il nous a oublié. En colère, on a demandé le gérant. Résultat : il nous a servi un goulash chef de maison en compensation (très bon, légèrement amer, viande très tendre) et on a payé les verres de Pilsner (une bière locale, 65 CZK le demi-litre). Pas idéal, mais au moins résolu. Le pont Charles, on l'a traversé trois fois pendant le séjour. Impossible de faire autrement, mais une fois suffisait. Trop de vendeurs de portraits, trop de selfie-sticks. Mardi en fin d'après-midi (15 h), on y est retourné juste pour le son : le bruit des pas sur les pavés, les statues qui se dressent contre la lumière grise de novembre, quelques musiciens qui jouaient du violon (recette : un harmonica en bois qui grinçait). C'était plus supportable à cette heure-là. La synagogue Vieille-Nouvelle (Staronová synagoga) a été une surprise. Fermée au public ce jour-là (aléa de voyage), mais on a pu regarder par les vitrines. Les murs de brique rouge datent du XIIIe siècle, l'atmosphère glaciale dehors (5 °C, vent du nord) rendait le lieu encore plus solennel. On a lu qu'il fallait avoir une kippa ou un chapeau pour y entrer si elle ouvrait. On n'avait pas prévu. La nourriture en général : bon rapport qualité-prix. Trdelník partout (3-4 € pièce), svíčková (rôti de bœuf avec sauce aux fruits rouges, 150-200 CZK), fromage frit à la moutarde au marché Havelská, ouvert chaque jour, qui sent les oignons grillés à 50 mètres. On y a mangé trois fois : c'était notre spot « vrai » contre les restaurants pièges à touristes des ruelles principales. Les transports : le ticket de 3 jours pour le métro et tram coûte 330 CZK (13 €). On a pris la ligne 22 du tram jusqu'à la gare centrale de Hlavní nádraží pour vérifier les trains vers Kutná Hora (une ville minière ancienne). Pas allé au final, manque de temps. Mais le bâtiment de la gare (style Art nouveau, 1901) vaut le coup d'œil juste pour entrer, même si elle est encombrée, bruyante, sentant le café moisi. Verdict : Prague fatigue vite à cause des foules. Trois jours max pour le centre, puis faut partir vers les environs ou rentrer à l'hôtel. Le château vaut vraiment le détour. Le pont Charles, c'est du tourisme de masse. Les petits restaus cachés, faut les chercher mais ça change tout. Les Tchèques eux-mêmes sont directs (un barman nous a dit qu'on dérangeait en essayant de parler anglais, il n'aimait que le tchèque), mais jamais agressifs, juste froids.
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale Sainte-Guy au château de Prague : vitraux de Mucha et lumière matinale incomparable
Marché Havelská chaque jour : fromage frit et trdelník, moins cher que les piétons du pont Charles
Rue Celetná à 7 h du matin avant les groupes : pavés en silence, odeur d'encens réelle
Restaurant U Provaznice : goulash traditionnel (180-280 CZK), mais réserver en direct, pas en ligne
Métro ligne A : architecture Art déco des années 1970, rames rouges bien entretenues, 45 CZK le trajet
Photos — Prague
Et au final.
Prague m'a plu mais pas autant que prévu. Le centre historique est écrasé par le tourisme. Les hôtels loin du Staré Město étaient plus calmes et moins chers. Si on y retourne, on prend une base ailleurs et on visite que deux-trois demi-journées.








