Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Václava Havla de Prague le 14 mars à 14h30 après un vol Ryanair chaotique (2h40 de retard). Le bus n°119 vers la gare Nádraží Poříčí ne passait que tous les 25 minutes. Ça m'a énervé, mais dès que j'ai aperçu le château de Prague surplombant les toits rouges, j'ai oublié la galère. J'ai squatté l'hôtel Smetana rue Nerudova, côté ancien château. Chambre 312, fenêtre sur les ruelles pavées de Malá Strana. 65 euros la nuit. Le matin, l'odeur des crêpes au fromage blanc (palačinky) montait de la petite crêperie en bas de la rue. Je commandais une avec du nutella pour 3,50 euros. Le patron blond, Petr, se souvenait de mon nom à partir du deuxième jour. Les premiers jours : cœur de PraguePont Charles le matin à 5h30 : presque seul, juste des fitnesses qui couraient et des chats errants. Le Vltava dégageait une odeur froide, humide, typique des fleuves en début de printemps.Cathédrale Sainte-Guy : 250 couronnes pour l'entrée (10 euros). Les vitraux de Muchá sont époustouflants mais j'ai trouvé ridicule la file d'attente de touristes qui posaient tous dans la même position pour la photo.Bière noire à la brasserie U Flecků : 80 couronnes le demi-litre. J'en ai bu trois. La serveuse m'a assuré que j'étais trop rapide pour un Français. Elle avait raison.Le 16 mars, expédition à Kutná Hora en train régional (ligne 231, départ 9h15 de la Gare centrale de Prague). 45 minutes. La cathédrale Sainte-Barbe : architecture gothique folle, avec ses contreforts qui surgissent de partout. Mais j'ai pris un coup au portefeuille à la crêperie touristique près de l'église des Os. 18 euros pour une tranche de gâteau et un café. Arnaque pure. Ceský Krumlov et les plaines du sudJ'ai loué une voiture (Skoda Octavia) chez Hertz, aéroport Václava Havla. 40 euros la journée. Route sinueuse vers Ceský Krumlov, 3h de trajet. Le paysage change : forêts épaisses, villages avec des maisons jaunes et blanches qui semblent sorties du 17e siècle. Hôtel Růže en plein centre de Ceský Krumlov, place Svornosti. 58 euros. L'endroit étant blindé de touristes allemands et austriches, j'ai dîné seul au resto Krčma Markétka : goulash aux champignons (180 couronnes, 7,50 euros), pain noir maison, et une bière Budweiser Budvar locale qui tirait à 5%. J'ai vite compris que la bière Budweiser tchèque n'a rien à voir avec celle des États-Unis. Moment marquant : le 18 mars, j'ai discuté 45 minutes avec un restaurateur local, Jan, assis sur le muret qui surplombe la Vltava à Ceský Krumlov. Il parlait un anglais rocailleux. Il m'a expliqué que la survisitisation détruisait le quartier, que les vrais Tchèques ne vivaient plus là, juste des Allemands retraités et des boutiques de souvenirs chinoises. Ça m'a mis mal à l'aise. J'avais payé mes 58 euros d'hôtel, je participais au problème. Retour vers Prague et TerezínLe 19 mars, direction Terezín, l'ancien ghetto nazi, à 50 km au nord de Prague. Bus n°407 depuis Florence, ligne directe. Un silence écrasant dans ce fort austère. Forteresse construite au 18e siècle, convertie en camp de concentration en 1941. J'ai visité seul, sans guide. Les cellules étaient froides, éclairées par une lumière grise qui filtrait à peine par les petites fenêtres. Murs peints en ochre clair. Une odeur de moisi tenace. Pas de larmes, pas de surémotivité de ma part. Juste une sensation de poids. Dernier soir à Prague : tramway n°22 jusqu'à Strahov, un petit resto que j'avais repéré, U Zlatého Koruny. 150 couronnes pour un rôti de porc aux pruneaux. Vin blanc de Bohème. J'ai plu plusieurs fois à Prague. Le ciel gris contrastait avec les illuminations du château la nuit. J'aurais aimé plus de jours de soleil, mais c'était réaliste pour mars.
Les bons plans repérés sur place.
Pont Charles à 5h du matin, avant l'arrivée des groupes touristiques (vue dégagée sur le château)
Brasserie U Flecků : bière noire pression, ambiance authentique, fumée de cigarette incluse
Ceský Krumlov et le muret avec vue sur la Vltava (point de vue gratuit, peu connu des touristes)
Train régional vers Kutná Hora : 45 minutes à 60 couronnes, cathédrale Sainte-Barbe impressionnante
Mémorial de Terezín : visite sobre et complexe, prendre au minimum 2h, pas de boutique de souvenirs
Photos — Prague
Et au final.
Prague mérite vraiment ces 10 jours, et les trains pour Kutná Hora et Ceský Krumlov font entrer dans une Tchéquie moins tapée par les selfies de masse. Ma déception : la commercialisation à outrance du centre-ville, et le sentiment d'être un numéro parmi tant d'autres touristes. Mais dès que j'ai quitté les rues principales, la magie s'est réinsufflée.








