Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à Prague un mardi matin à 7 h 30 à l'aéroport Václav-Havel, épuisés après un vol Ryanair de 2 h 15 depuis Lyon. Première galère : le bus 119 affichait complet, nous avons dû attendre le suivant, debout pendant 45 minutes, serrés comme des sardines. Mais dès qu'on a posé les yeux sur les toits rouges de la Vieille Ville depuis le pont Charles, l'irritation s'est évaporée. Notre hôtel, le Pension U Zlatého Stromu au cœur de Nerudova, était minuscule mais impeccable : 65 euros la nuit pour une double sous les toits. La proprio, Hana, parlait trois mots d'anglais et nous a fait rire en mimant les directions. Premiers repas à Prague : nous avons mangé du guláš (ragoût traditionnel avec quenelles de pain) à la Restaurace Černý Orel pour 8 euros par personne. C'était riche, copieux, et le bouillon sentait fort la marjolaine et l'oignon. Les Tchèques ne plaisantent pas avec leur cuisine. Le jour suivant, levés à 6 h pour marcher vers le château avant la vague touristique. C'était magn— non, attendez. Le château de Prague était bondé quand même, même à 7 h. Mais nous avons réussi à avoir la cathédrale Sainte-Guy à peu près pour nous. À l'intérieur, une fraîcheur humide qui donne des frissons, et cette odeur de pierre ancienne mélangée aux bougies. J'ai croisé une fille qui pleurait en priant devant l'autel. Pas commode à gérer émotionnellement quand on veut juste prendre des photos. La journée à Kutná Hora (trajet en train RegioJet depuis la gare Praha hlavní nádraží, 2 h 15 pour 12 euros aller-retour) a été notre moment fort. L'église Sainte-Barbe, les galeries souterraines de l'ancienne mine d'argent, et surtout l'Ossaire de Sedlec : une petite église entièrement tapissée de squelettes humains. Pas de panique, juste du respect. Quelque part en me promenant entre les os, je me suis demandé comment on en était arrivé là. La mère de la fille que nous avions en groupe, Jana, nous a expliqué que c'était au 15e siècle, une époque où la région avait faim. Elle racontait ça en tchèque à sa fille, on a compris grâce à Google Translate sur le téléphone. Biscuit (le gâteau local de Kutná Hora) pas terrible, trop sucré, et moelleux : 2 euros la part. Retour à Prague pour la vie nocturne. La Vltava sent le béton mouillé quand il pleut (il a plu deux jours sur dix). Nous avons trainé au Hemingway Bar près de la Place de la Vieille Ville, un cocktail à 10 euros, musique jazz véritable, pas du karaoké. Moment moins cool : une arnaque douce à un restaurant touristique (Restaurace v Kolkovně), une bière annoncée à 2,50 euros affichée 7,50 euros sur l'addition. Réclamation musclée, remboursement immédiat. Le serveur, blasé, n'a même pas levé les yeux. Nous avons exploré le quartier juif (Josefov). Le cimetière juif est petit, étroit, pesant. Les tombes empilées dessus des autres, comme des gens qui se pressent pour sortir. Le Musée de la Communauté juive ferme à 18 h précises, nous l'avons appris en arrivant à 17 h 55. Pas entrés. Frustration classique de voyageur. Les rues pavées pavées pavées : c'est mignon sur deux heures, après ça tue les mollets. Nous avons bu du Trdelník (pain sucré garni de chocolat et noix) au marché de Noël (ouais, il en restait au début novembre, des mecs qui ne rangent pas), 3 euros, chaleur réconfortante en main. Dernier jour : gare routière Florenc, bus FlixBus direction l'aéroport, 5,99 euros, départ 9 h 45. Nous avons dormi dedans, la tête contre la vitre. Les tchèques nous ont observés en silence.
Les bons plans repérés sur place.
Château de Prague au lever du soleil (6 h, visite gratuite de la cour extérieure, pagaille garantie à 9 h)
Train RegioJet vers Kutná Hora et l'Ossaire de Sedlec (squelettes arrangés en chandelier, déstabilisant et mémorable)
Hemingway Bar pour un cocktail sans décorum touristique (quartier Staré Město, cocktail Mojito à 11 euros)
Marché de Noël de la Place Venceslas pour le Trdelník sucré-chaud (3 euros la part, idéal en fin d'après-midi)
Et au final.
Prague grawe fait un effet cinéma les trois premiers jours. Moins fun après, les pieds crient grâce, les prix touristiques piquent et vous réalisez que vous avez pris le même cliché que 50 000 autres sur le pont Charles. Kutná Hora valait vraiment le coup. Je reviendrais, mais en basse saison et en marchant moins.